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20 février 2012

Plein le dos du mal de dos!

Qu’elles affectent les cervicales ou les lombaires, les douleurs dorsales concernent près de 80% de la population helvétique. Quelques conseils pour se sentir mieux.

Une femme se penche en avant et se tient le dos.
Pas moins de 4,1 millions de Suisses souffrent de maux de dos. (Photo: Plainpicture/Iris Friedrich)

Dix millions de jours d’absence... Les maux de dos n’ont pas uniquement des conséquences sur notre bien-être, mais également sur notre économie, et plus particulièrement sur le paysage professionnel de notre pays. Tel est le constat d’une étude menée en 2011 par la Ligue suisse contre le rhumatisme. Selon la même enquête, 80% de la population helvète souffre de ­douleurs dorsales au moins une fois dans l’année. Et 9 personnes affectées sur 10 s’en trouvent gênées dans leur vie quotidienne. Soit 4,1 millions d’entre nous!

Le danger réside dans la répétition des gestes et la monotonie des positions.

Une fatalité? Pas forcément. 85% des maux de dos n’étant pas provoqués par une maladie ou des altérations de la colonne vertébrale, un simple changement dans les habitudes, la gestuelle et les postures permettrait de prévenir et soulager de telles affections.

Ergothérapeute à la Ligue vaudoise contre le rhumatisme, Viviane Bussmann anime fréquemment des ateliers en entreprise pour aider les salariés à adopter de bons réflexes et ainsi ménager leur dos. Et que l’on ne s’y trompe pas: elle intervient tout aussi bien auprès de professionnels exerçant un métier physique que de «sédentaires» immobiles devant leur ordinateur toute la journée. «Le danger réside avant tout dans la répétition des gestes et la monotonie des positions», souligne-t-elle.

Premier mot d’ordre, donc: varier les postures. «Si vous travaillez assis, n’hésitez pas à boire votre café debout. Inversement, si vous passez votre temps ­debout derrière une caisse enregistreuse, installez-vous confortablement lorsque vous prenez votre pause.» Autre conseil: changer régulièrement de siège: «Organisez un tournus avec votre équipe: que l’un occupe une chaise traditionnelle, un autre un tabouret, un troisième un de ces sièges dits ergonomiques. Au bout de quelques heures, échangez.» L’important étant de solliciter le dos de manière différente tout au long de la journée.

«L’humain n’est pas conçu pour rester assis toute la journée. Dans ce cas, c’est le manque d’activité musculaire qui met le dos à mal. Ceux qui exercent un métier très physique souffrent quant à eux de la surcharge qu’ils imposent à leur corps.» Les parties du dos les plus touchées? «Les lombaires et les cervicales: il s’agit des zones les plus mobiles.»

Exercices bénéfiques d’étirement

Dans les deux situations, quelques exercices d’étirement suffiraient à soulager les articulations (lire encadré). «Il s’agit simplement d’un réflexe à prendre, assure Viviane Bussmann. D’ailleurs, lorsque nous avons mal au dos, nous avons tendance à nous étirer: nous mettons donc presque spontanément en pratique ces exercices.»

L’ergothérapeute recommande également aux personnes sujettes à ces douleurs d’être attentives aux périodes durant lesquelles elles se sentent bien. «Elles peuvent ainsi se demander, qu’ai-je fait de particulier qui explique cet état. Peut-être suis-je allé marcher une demi-heure la veille ou ai-je travaillé à la place de mon collègue dont le bureau est plus bas que le mien.» Autant de solutions qui permettront peut-être un soulagement.

Viviane Bussmann se refuse par ailleurs à identifier des gestes ou des activités à éviter à tout prix: «Bien entendu, nous devons être conscients de nos limites. Les plus petits d’entre nous réfléchiront à deux fois avant d’aller chercher, sur la pointe des pieds, le pot de confiture situé sur l’étagère la plus haute de leur cuisine.» En revanche, garder le lit n’est pas la solution idéale. «C’est un non-sens: plus on bouge, plus on mobilise ses articulations et on fortifie sa musculature. On évite ainsi d’entrer dans un cycle de douleurs chroniques.»

Auteur: Tania Araman