Archives
24 septembre 2012

Plonger dans le monde de l’eau

Durant les journées découverte du WWF dans la région du lac de Bienne, les écoliers ont exploré la faune et la flore du milieu aquatique indigène. Ils ont appris pourquoi l’élément liquide associe les êtres vivants les uns aux autres et comment se comporter intelligemment avec cette précieuse ressource.

En kayak sur 
le lac de Bienne.
 Se distraire
 et apprendre
 simultanément durant les 
journées
 découverte
 du WWF.
Qu’est-ce qui donne une eau de bonne qualité? Pour le savoir, les enfants
évaluent différents critères, par exemple le pH (indicateur d’acidité).
Qu’est-ce qui donne une eau de bonne qualité? Pour le savoir, les enfants
évaluent différents critères, par exemple le pH (indicateur d’acidité).

Un, deux et hop! Voici le kayak qui glisse sur les eaux du lac de Bienne. Malgré le ciel couvert et une petite averse, les écoliers pourvus de leur gilet de sauvetage sont enthousiastes. Pendant qu’une moitié de la classe s’entraîne à la navigation, les autres rament dans un bateau gonflable.

«C’est une expérience qui aura marqué l’esprit des enfants, explique Martina Henzi, responsable pédagogique du WWF. Ils se souviendront aussi de tout ce qu’ils ont appris à d’autres postes.» Durant cette journée découverte, mise sur pied grâce à Migros, les enfants auront abordé de manière ludique les différentes facettes de l’eau. Ils auront aussi prospecté le biotope et appris à être respectueux des ressources fondamentales. Avant de poursuivre son parcours jusqu’au poste suivant, la classe de Köniz (BE) peut profiter une fois encore de l’eau et patauger dans le lac de Bienne.

Pendant qu’une moitié de la classe s’entraîne à la navigation, les autres rament dans un bateau gonflable.
Pendant qu’une moitié de la classe s’entraîne à la navigation, les autres rament dans un bateau gonflable.

Fermer le robinet lorsqu’on se lave les dents

Au deuxième poste, il s’agit de la consommation d’eau, qu’un quiz permet aux écoliers d’évaluer. Tous les groupes sont du même avis: on utilise plus de 50 litres d’eau lorsqu’on prend un bain! De fait, comme l’explique l’animatrice un peu plus tard, on en soutire 150 litres. En revanche, lorsqu’on leur demande combien de litres d’eau sont libérés par la chasse d’eau des WC, les réponses divergent. La bonne réponse est de 6 à 9 litres!

Après le quiz intervient une démonstration impressionnante, durant laquelle on se brosse les dents. Une élève laisse couler l’eau tandis que ses camarades n’ouvrent que brièvement le robinet. D’autres enfants aident à récolter l’eau. Résultat: près de 10 litres sont gaspillés tandis que seuls 3 décilitres sont consommés en mode économique. Après avoir découvert comment on peut épargner de l’eau au quotidien, les élèves apprennent comment le précieux liquide peut aussi être utilisé de manière indirecte.

Ils suivent le parcours d’un t-shirt jusqu’à ce que celui-ci parvienne dans un de nos magasins. Ils réalisent qu’on emploie 2700 litres d’eau pour la fabrication de ce tissu, production et transport inclus, et cela dans des pays où règne de toute façon la sécheresse! «Ces informations, fournies par des professionnels, sont bien acceptées par les élèves», explique Caroline Kubacki, enseignante.

Durant les journées découverte du WWF, environ 1400 élèves (classes de cinquième ou sixième) de toute la Suisse peuvent se confronter à la nature et acquérir maintes notions à propos de l’eau et des rivages.
Durant les journées découverte du WWF, environ 1400 élèves (classes de cinquième ou sixième) de toute la Suisse peuvent se confronter à la nature et acquérir maintes notions à propos de l’eau et des rivages.

A propos des grenouilles, des poissons et des libellules

Le troisième poste concerne la qualité de l’eau. De manière très appliquée, les écoliers mesurent chacun pour soi différentes valeurs comme l’opacité, la dureté, la couleur et l’odeur de même que le pH et la teneur en nitrates. A l’aide d’une installation construite pour la circonstance, les élèves apprennent comment l’eau peut être filtrée puis purifiée. Ils découvrent aussi comment fonctionne une station d’épuration.

Le dernier poste s’articule autour de la faune et de la flore, explorée de manière ludique. A la question «qui suis-je?», les enfants, qui portent un écriteau sur le dos, devinent qui ils sont: grenouille, truite ou libellule. Ensuite, en s’aidant de jumelles, ils tentent de reproduire avec du papier et des crayons ce qui remue sous leurs yeux dans l’eau ou sur la rive. «J’ai vu et dessiné des roseaux, des cygnes, des poules d’eau et des canards avec de drôles de plumages», raconte Lara.

Après une petite balade, les élèves voient à quoi la rive pourrait aussi ressembler – c’est-à-dire un espace naturel et vierge de constructions. «Je sais maintenant que les animaux survivent d’autant mieux qu’ils peuvent se cacher dans les couches épaisses et couver leurs œufs dans le calme», commente Céline.

Les journées découverte du WWF se déroulent en août et en septembre, durent un mois et sont organisées autour des différents lacs. Elles en sont à leur troisième édition. Environ 1400 élèves (classes de cinquième ou sixième) de toute la Suisse peuvent se confronter à la nature et acquérir maintes notions à propos de l’eau et des rivages.

«Nous voulons que les enfants s’enthousiasment pour notre environnement, reprend Martina Henzi. Quand on le connaît et l’apprécie, on le protège aussi!»

Johann Züblin est spécialiste en durabilité
à la Fédération des coopératives Migros,
à Zurich.
Johann Züblin est spécialiste en durabilité
à la Fédération des coopératives Migros,
à Zurich.

«La consommation d’eau ne constituait pas un élément central»

Durant les journées découverte du WWF, les enfants apprennent différents moyens d’économiser l’eau. Que fait Migros à cet égard?

Depuis 1990, en Suisse, nous avons diminué de moitié la consommation d’eau du groupe Migros. Nous sommes aussi très actifs dans le domaine des denrées alimentaires et dans celui des textiles. Dans ce dernier, Migros joue la carte Eco-Standard. La protection de l’eau est vitale. L’utilisation de produits chimiques critiques est interdite et les eaux usées, notamment issues des opérations de teinture, sont purifiées et ne représentent ainsi aucun risque pour l’environnement. Environ 65% des textiles Migros correspondent déjà à ce standard.

En Suisse on importe des fruits et légumes de pays dont les réserves d’eau sont limitées. Comment Migros gère-t-elle ce problème?

Nous veillons toujours davantage à ce qu’aucun usage excessif de l’eau n’affecte ces régions sensibles. Au sud de l’Espagne, nous avons lancé un projet pilote avec le WWF et les producteurs locaux de fraises, afin de définir et mettre en place un cahier des charges adapté. A partir de décembre, des contrôleurs externes surveilleront que les exigences soient réellement respectées.

Quelles mesures y adoptez-vous?

Nous analysons les technologies utilisées, proposons des améliorations et nous assurons que l’eau provienne de sources légales. La micro-irrigation est la technique la plus évoluée. L’eau qui s’écoule du flexible correspond exactement à la quantité que la plante peut absorber. On prend aussi en compte les caractéristiques climatiques et du sol.

Quels sont les futurs projets de Migros pour ménager les ressources aquatiques?

Jusqu’à présent, la consommation de l’eau ne constituait pas un élément central parmi les standards de production. Nous aimerions changer cette situation. A l’avenir, grâce aux nouvelles technologies, l’eau doit être utilisée de manière plus rationnelle. A partir du moment où la question de l’eau figure dans le cahier des charges de nos fournisseurs, nous plaidons pour la transparence tout au long de la chaîne de création de valeur.

Auteur: Andreas Dürrenberger, Salomé Zimmermann

Photographe: Severin Novacki