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14 mai 2012

Plus haut, plus loin, plus vite

C’est elle la reine: rien ni personne ne semble pouvoir rivaliser avec Ellen Sprunger qui excelle dans toutes les disciplines de l’athlétisme, grâce à l’heptathlon.

Ellen Sprunger tient un javelot en direction du photographe
Ellen Sprunger: «L’entraînement pour l’heptathlon est tellement varié qu’on ne s’ennuie jamais.»

Elle revient d’une semaine en Espagne et d’un camp d’entraînement en Afrique du Sud. Toute bronzée, Ellen Sprunger est prête à affronter la dernière ligne droite avant les Jeux olympiques. Les sélections commenceront à la fin du mois, mais l’année a déjà bien débuté, avec un titre de championne suisse en salle. «Les JO ont toujours été un rêve, et tout à coup, là, ça devient concret. Je croise les doigts et suis encore plus motivée que d’habitude!»

Il y a bien longtemps qu’elle a atteint la limite de qualification. Mais cette année, Swiss Olympic a relevé les critères, afin d’augmenter les chances de médailles helvètes. Du coup, ce sera à la raclette, proche de son record personnel… et du record suisse. Avec la nouvelle équipe suisse de relais 4x100 mètres, qui a pulvérisé le record national l’an dernier, elle compte bien faire des étincelles aussi.

A Londres, elle se réjouit d’assister aux compétitions des autres sports, et ne manquera pour rien au monde la cérémonie d’ouverture, même si l’heptathlon se déroulera durant la deuxième semaine. «Et si je croise Roger Federer, je lui demanderais certainement une photo», rit Ellen Sprunger.

Elle aime l’ambiance de sa ville d’adoption

Prête à tout pour réaliser son rêve, elle a changé d’entraîneur et s’est installée à Berne en juillet dernier, une ville qu’elle affectionne. «Je parlais déjà le suisse allemand avant, ça aide. J’aime l’ambiance ici.»

Le lancer du javelot est une des sept disciplines de ce sport.
Le lancer du javelot est une des sept disciplines de ce sport.

L’heptathlon, ce sont sept disciplines, aussi variées que le javelot, le lancer du poids (4 kilos), le 100 mètres haies, le 200 mètres, le 800 mètres ou le saut en longueur et celui en hauteur. «C’est un sport hyper-cool, tout le monde se connaît. On se bat avant tout contre soi-même, ce n’est pas une concurrence directe.» Lors des compétitions, qui se déroulent sur deux jours, la jeune femme dit être dans un état second, focalisée et en même temps relâchée, car il faut gérer toute une journée. «J’essaie de rigoler, de me reposer entre deux disciplines.» Car pour elle, le facteur de plaisir est l’une des clés de son succès.

Tant que je n’aurai pas atteint mon maximum, je continue.

A 25 ans, elle ne voit encore aucune lassitude pointer à l’horizon. «D’une part, l’entraînement pour l’heptathlon est tellement varié qu’on ne s’ennuie jamais. De l’autre, je me connais mieux, je sais mes besoins, j’écoute mon corps, ses limites. Tant que je n’aurais pas atteint mon maximum, je continue», affirme Ellen Sprunger qui estime avoir encore une belle marge de progression.

Une grande complicité avec sa sœur

Sa sœur Léa a longtemps été sa principale concurrente. «Les médias essaient souvent de nous opposer l’une à l’autre. On en rit, car on est très proches», sourit l’aînée. Il n’empêche, le départ de la cadette vers les courses de vitesse enlèvera un peu de piment à l’émulation qu’elles ont créée pour leur discipline.

Et après? Dans un premier temps terminer son master en sciences du sport (elle travaille actuellement pour sa fédération, à 50%, dans le cadre de sa formation). Puis participer à domicile aux Championnats d’Europe, à Zurich, en 2014.

Ensuite, elle verra: «J’aurai 30 ans lors des jeux de Rio, je ne suis pas certaine d’y participer. J’aimerais aussi voyager en Amérique du Sud et en Asie. J’ai vu beaucoup de villes, mais je n’en connais que les stades. Et j’aimerais avoir des enfants.» S’ils feront de l’heptathlon? Elle rit. Plutôt non. Mais ils pratiqueront un sport, ça c’est certain!

Auteur: Mélanie Haab

Photographe: Nicolas Righetti / Rezo