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31 mars 2014

Migros prend en charge les coûts supplémentaires

Le poisson contenu dans la majeure partie des boîtes de conserve de l’enseigne est issu de sources durables. Lorence Weiss, directeur des achats dans ce domaine, répond à nos questions.

poisson durble en boite de conserve Lorence Weiss
Lorence Weiss: «Notre travail a principalement consisté
à convaincre les producteurs étrangers.»

Lorence Weiss, de plus en plus de boîtes de thon proposées à Migros arborent la mention «pêché à la canne individuellement». Est-ce vraiment possible?

Tout à fait! Ces poissons, qui proviennent par exemple des Maldives, sont réellement pêchés de manière traditionnelle. Nous avons peu à peu revu tout notre assortiment de boîtes de thon afin de le rendre conforme aux standards de durabilité de la méthode «Pole-and-Line». Quant au thon d’autres fournisseurs, il est certifié MSC, un label qui garantit une pêche sauvage respectueuse de l’environnement. D’autres produits, tels que les crevettes surgelées, portent le label ASC, qui prouve qu’ils sont issus d’un élevage durable. En 2013, pas moins de 30 références ont obtenu l’une de ces trois distinctions.

Cela ne concerne cependant que les marques Migros.

Non, c’est aussi le cas de la gamme Rio Mare ou de certains articles comme la sauce au thon d’Agnesi. Notre but est ambitieux: d’ici 2020, tant le poisson frais que celui en boîte proposés dans nos rayons devront être issus de sources durables. Et en ce qui concerne les conserves, l’enseigne accomplit un véritable travail de pionnier.

Quels sont les plus grands défis à relever pour que des labels de durabilité puissent être apposés sur les boîtes?

Notre travail a principalement consisté à convaincre les producteurs étrangers, car, dans les pays du sud, ces labels n’ont pas autant de succès que chez nous. De nombreux fournisseurs ont été conquis par notre philosophie, qui fait passer l’engagement de Migros contre la surpêche avant tout. Nous avons également dû renoncer à collaborer avec certains producteurs, car nous n’avions pas la même conception de ce que doit être une politique de prix attractive pour le client.

Que voulez-vous dire par là?

Le poisson issu de sources durables est plus cher et les frais d’approvisionnement sont également plus élevés – plusieurs millions chaque année. Cependant, nous estimons que c’est à nous d’assumer ce surcoût, pas aux consommateurs.

Comment y parvenez-vous?

Nous essayons autant que possible de nous approvisionner directement auprès des pêcheurs. C’est par exemple le cas avec nos fournisseurs de thon aux Maldives. La suppression des intermédiaires permet de réduire les coûts considérablement. Ces derniers sont souvent responsables de la spéculation sur les matières premières telles que le poisson, qui peut renchérir leur prix de 30%.

Auteur: Christoph Petermann

Photographe: Paolo Dutto