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8 avril 2013

Portraits en clair-obscur façon Harcourt

Ils sont très peu de par le monde à maîtriser les célèbres jeux d’ombres et de lumières qui ont placé Harcourt au sommet de l’art photographique. La Genevoise Nathalie Rendu en fait partie.

Portrait de Nathalie Rendu, photographe.
Nathalie Rendu, photographe. (photo Nicolas Righetti-Rezo)

Quand j’ai réalisé que je passais mon temps accrochée à mon smartphone même pendant mes vacances, j’ai compris qu’il fallait que je change de métier», se souvient Nathalie Rendu. Prenant son destin en main, la Genevoise quitte en 2005 le monde de la banque privée pour réaliser un rêve de toujours: devenir photographe.

Attirée par l’esthétisme des photos noir et blanc des années 1920-1930, Nathalie Rendu se forme notamment auprès du studio Harcourt de Paris. Elle y apprend à maîtriser la technique des lentilles de Fresnel et à régler au millimètre près la douzaine de projecteurs nécessaires à la réalisation de ces clichés reconnaissables entre mille.

C’est un travail de sculpture de la lumière. Celle-ci habille chaque visage pour le magnifier.

Aujourd’hui, avec les studios de la Warner de Los Angeles (depuis 1923) et le studio Harcourt de Paris (depuis 1934), Nathalie Rendu est l'une des rares artistes au monde à proposer ce genre de photos à sa clientèle, aussi bien composée d’anonymes que de célébrités.

«Harcourt c’est l’école de la précision et de la rigueur. Tout est très codifié. Ainsi, il n’existe que quinze poses et jeux de lumières possibles, poursuit la Genevoise. En créant mon propre studio, j’ai pu laisser parler ma créativité.»

Aujourd’hui, Nathalie Rendu se permet de composer de vrais tableaux en ajoutant ici ou là un accessoire. Et parce qu’elle conçoit son métier comme une profession diversifiée, la Genevoise travaille aussi la couleur et photographie les femmes enceintes ou les nus et conçoit les books de comédiens ou de mannequins. Non sans prendre le temps de former les adultes en organisant des cours en Suisse, en invitant des artistes de renom à Genève ou en mettant sur pied des voyages photographiques à l’étranger.

Nathalie Rendu en quelques mots

(photo Nicolas Righetti-Rezo)

Un objet

«Depuis 2008, je ne quitte plus mon appareil photo Nikon D3. Il a fait plusieurs fois le tour du monde et reçu beaucoup de chocs. J’aime aussi travailler avec un Hasselblad pour les grands formats.»

Photo DR

Une destination

«Au moins une fois par an, je vais à Sharm el-Sheikh pour faire de la plongée, mon autre passion. J’ai passé tous les brevets. Avec Alberto Balbi, nous organisons désormais là-bas des cours de photos sous-marines. Cet univers très coloré et mouvant est à l’inverse des clichés noir-blanc très posés.»

Photo Nathalie Rendu

Une star

«Je ne fais pas de différence entre immortaliser une star et un inconnu. Dans les deux cas, je photographie une personne. Il faut généralement compter deux heures pour une séance photo avec les lumières Harcourt. Avec Michel Drucker, la production nous a donné 4 minutes seulement. Heureusement, le présentateur s’est montré très aimable et s’est laissé faire.»

Un compositeur

Illustration DR

«Je ne me lasse pas d’écouter le «Concerto pour clarinette» de Mozart. Il est tout simplement magique. Tout comme la «Sérénade Gran Partita», du même compositeur. Cela étant, j’adapte la musique du studio en fonction des personnes que je photographie. Quand il s’agit d’ados, c’est plutôt Katy Perry qui passe en boucle.»

Photo Istockphoto

Une ville

«Si j’adore voyager, j’adore aussi revenir chez moi. Dès que je revois le jet d’eau depuis l’avion, je sais que j’arrive à la maison. Genève, c’est vraiment mon port d’attache.»

Un métier

«Comme tous les photographes, je préfère être derrière que devant l’objectif. Ma première assistante – Alexandra Lauze – qui règle les lumières et ma cheffe maquilleuse – Jacinte Bétrisey – qui s’occupe en permanence des retouches maquillage sur le plateau savent ce que je veux sans que nous ayons besoin de nous parler. C’est très précieux.»

Auteur: Pierre Wuthrich