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9 février 2015

Pour l’amour des machines à écrire

Conservateur du musée lausannois consacré à ces ancêtres des ordinateurs, Jacques Perrier est fasciné de longue date par l’univers du bureau. Rencontre avec un passionné.

Jacques Perrier: «Ce qui me fascine avec les vieilles machines, c’est l’ingéniosité dont faisaient preuve nos ancêtres. Avec un peu d’imagination, un papier, un crayon, ils inventaient des systèmes incroyables.»

«J’ai démonté ma première machine à écrire à l’âge de 5 ans...» Avec un père mécanicien spécialisé dans la réparation des appareils de bureau, autant dire que Jacques Perrier était prédestiné à devenir conservateur d’un musée dédié à ces ancêtres des ordinateurs!

Enfant, quand je n’étais pas à l’école, j’étais à l’atelier.»

C’est donc assez naturellement, ni contraint, ni forcé, mais franchement encouragé, qu’il a suivi les traces de son paternel lorsqu’il a fallu choisir un métier. Et même si sa profession a depuis bien évolué – son domaine d’expertise s’étendant aujourd’hui aux imprimantes, photocopieuses, appareils de dictées, qu’il vend, livre et entretient – il continue à réparer les machines à écrire tant électroniques, que mécaniques.

Quant au musée, c’est avec son père qu’il s’est lancé dans l’aventure. «Quand j’ai commencé à travailler avec lui, il a sorti quelques vieilles machines de la cave, on les a exposées et au fur et à mesure, les gens nous en ont apportées. Ainsi, la collection s’est étoffée.»

A l’heure actuelle, il serait bien en peine de déterminer avec exactitude combien d’exemplaires il possède. «Environ 1000 dans le dépôt je pense. Le musée en compte 250, ainsi qu’une centaine de calculatrices, de tampons, des taille-crayons, des pèse-lettres, des bouliers.»

Bien en peine également de pointer du doigt sa pièce préférée. Il parle avec la même passion de cette machine japonaise, «la première exotique que l’on ait importée avec mon père», que de ce petit modèle que l’on actionne d’une seule main. Et indique également celles qui ont été utilisées dans le film français «Populaire» (avec Romain Duris), mettant en scène les concours de vitesse dactylographique des années 50.

«Bien sûr, il y a encore quelques machines qui me font rêver, mais je n’ai pas forcément les moyens de me les offrir. J’en trouve quelques-unes à prix abordables sur internet, et j’en reçois beaucoup. Elles ne sont pas toutes intéressantes, mais je suis comme la SPA: je m’arrange pour leur trouver de nouveaux propriétaires ou les recycler d’une manière ou d’une autre.»

8h30: Gestion des commandes

8h30: Gestion des commandes

«La première chose que je fais le lundi matin, c’est réceptionner les colis, préparer les commandes que je livrerai dans la semaine. J’essaie de m’y prendre à l’avance, de travailler le moins possible dans l’urgence.»

10h: Conscience écolo

10h: Conscience écolo

«Les livraisons et le service de dépannage me prennent l’essentiel de mon temps. Je parcours environ 1000 km en ville chaque mois. Du coup, j’ai opté pour une voiture à gaz, pour diminuer un tant soit peu mon impact sur l’environnement. Je me sers également d’un vélo cargo pour les livraisons au centre-ville.

14h: Aux petits soins

14h: Aux petits soins

«Des imprimantes aux vieilles machines à écrire, je répare de tout. J’ai vu apparaître une nouvelle clientèle: les moins de 25 ans. Des hipsters amoureux des objets vintage ou des jeunes qui se lancent dans l’écriture et apprécient la contrainte que leur impose les anciennes machines: réfléchir avant d’écrire.»

18h: Bon pour le cœur

18h: Bon pour le cœur

«J’ai fait un infarctus il y a trois ans. Depuis, j’essaie de pratiquer la marche cardio régulièrement, même si c’est plus difficile de se motiver en hiver. Soit je pars le week-end pour de longues promenades, soit je fais un détour en rentrant le soir. En gardant toujours un rythme soutenu: j’aime bien me défoncer, transpirer.»

20h: Un peu de sport

20h: Un peu de sport

«Je fais de l’aquagym. C’est ma compagne qui m’a incité à m’inscrire. On se rend ensemble à la piscine: elle nage et moi je suis le cours. Je suis le seul homme, entouré de femmes!»

21h30: En scène!

21h30: En scène!

«Avant, je faisais partie d’un chœur d’hommes. C’était sympa, mais le répertoire un peu trop sérieux à mon goût. La vie est déjà tellement austère... J’ai donc commencé le théâtre amateur en 2011, j’y vais tous les lundis. L’ambiance est plus à la déconne, même si on travaille sérieusement aussi.»

Texte © Migros Magazine – Tania Araman

Auteur: Tania Araman

Photographe: Jeremy Bierer