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24 mars 2014

Pour votre cœur, marchez!

Recette de longévité après une casse au niveau du cœur: la marche, la gym et la bonne humeur des groupes de maintenance cardiovasculaire, comme Atout-Cœur, qui sillonne la Broye tous les samedis!

Depuis vingt ans, le groupe Atout-Cœur de la Broye réunit chaque semaine des marcheurs ayant souffert d’un problème cardiovasculaire.
Depuis vingt ans, le groupe Atout-Cœur de la Broye réunit chaque semaine des marcheurs ayant souffert d’un problème cardiovasculaire.

Il est 14 heures, un samedi. Chaussures de sport, bâtons de marche pour certains, ils sont une quarantaine à prendre le départ d’une randonnée au pied des falaises de Surpierre, dans la Broye fribourgeoise.

Le seul problème de ces randonnées hebdomadaires? «On y prend goût!»
Le seul problème de ces randonnées hebdomadaires? «On y prend goût!»

Une quarantaine d’hommes et de femmes accompagnés d’un samaritain. Parce qu’il ne s’agit pas d’un groupe de marcheurs comme les autres. Ceux-là marchent non seulement pour le plaisir, mais aussi et surtout pour leur cœur. Ils font partie du groupe de maintenance cardiovasculaire Atout-Cœur de la Broye.

Une association fondée pour aider les personnes touchées par une maladie cardiovasculaire à retrouver la vie la plus saine et confortable possible. Alors, chaque samedi, par n’importe quel temps, c’est une heure de marche.

Parce que l’activité physique figure en tête des facteurs de guérison: un organisme entraîné doit produire un moindre effort cardiaque pour la même performance physique, précise-t-on à la Fondation suisse de cardiologie.

Le groupe contribue au bien-être des marcheurs

La preuve par la longévité de ces marcheurs broyards, dont le groupe fête ses 20 ans cette année. «Le médecin nous avait dit que 50% de notre bien-être passerait par ce groupe», raconte Josiane Francey, l’une des fondatrices d’Atout-Cœur qui compte aujourd’hui quelque soixante membres actifs.

«Au départ, certains étaient sceptiques, pensant qu’en groupe avec des personnes qui ont vécu le même genre de problèmes, on allait se pleurer dans le gilet. Mais on ne s’apitoie pas du tout sur notre sort. Au contraire! C’est ce qui fait qu’on va mieux et qu’on vit mieux notre souci de santé.» «J’ai une condition physique extra, nettement meilleure qu’avant. Finalement, mon accident cérébral dû à un problème au cœur a changé ma vie, en mieux», sourit André Weber, fidèle du groupe depuis dix-huit ans!

Joël Catillaz, membre d'Atout-Cœur.
Joël Catillaz, membre d'Atout-Cœur.

«Il faut aller de l’avant et le groupe nous aide beaucoup. On réalise aussi qu’on n’est pas le seul à qui c’est arrivé», ajoute Joël Catillaz, organisateur de cette marche et dernier arrivé dans l’équipe.

Au départ samedi, le groupe se scinde rapidement en trois catégories: ceux qui ne marchent qu’un peu, ceux qui parcourront environ quatre kilomètres et ceux qui boucleront six kilomètres en passant par les bords de la Broye, la forêt et retour à travers champs. Même pas peur pour ces marcheurs du samedi! Toujours en tête, Hubert Conus imprime une bonne allure… «J’aime bien marcher. Avec ma femme, nous y allons une heure par jour. Dans le groupe, j’aime être devant et pas trop m’arrêter.» Ce sportif ne manque pas non plus la soirée hebdomadaire de gymnastique d’Atout-Cœur.

A chaque sortie, son ange gardien

De toute façon, un ange gardien spécialiste des massages cardiaques veille sur le petit groupe. Samedi, le samaritain Federico Rapin profite lui aussi de la balade, sans avoir, heureusement, à intervenir. A chaque sortie son accompagnateur médical, c’est la règle: pour fournir les soins adéquats en cas de malaise, de crise cardiaque, de blessure et de chute aussi. La plupart du temps, le groupe se promène aussi avec un défibrillateur. Même si certains participants en ont un greffé au corps, à côté d’un pacemaker.

L’effet de groupe, l’accompagnant médical et l’équipement rassurent les participants. Les encouragent aussi.

Parce que, après une opération ou un infarctus, quand on se retrouve à la maison et qu’on sait qu’on doit aller marcher chaque jour, c’est l’angoisse. «Au début, j’allais marcher 100 mètres, c’est tout. J’avais peur», raconte Bernard Huguet, l’un des fondateurs et actuel président d’Atout-Cœur. «Le groupe joue aussi un rôle important pour la motivation, sinon plein de choses nous retiendraient d’aller marcher…»

Des rescapés, des conjoints et des amis

«Le seul problème, avec ce groupe, c’est qu’on prend goût à la marche et ensuite, ça demande!» rigole Dora Bettex. Les accompagnants – conjoints ou amis – accroissent encore la motivation et le moral du groupe. Ils en profitent pour se faire du bien à eux aussi, comme Francine, «rescapée du cancer» comme elle se qualifie d’emblée; à l’origine, elle était venue rejoindre les randonneurs pour soutenir son mari. Elle ne les a plus quittés.

Et chaque parcours se termine rituellement par un goûter. Sur les tables, de l’eau, du vin rouge, un peu de fromage, de petits sandwichs ou des tartes: de quoi se récompenser de l’effort… et faire quelques écarts!

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Carine Roth