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3 octobre 2016

Pourquoi a-t-on une famille?

Jean Kellerhals, professeur honoraire de sociologie à l’Université de Genève, répond à la question de Lou, 8 ans.

Question manuscrite: pourquoi a-t-on une famille?
La question de Lou, 8 ans.
Portrait de Jean Kellerhals
Jean Kellerhals

Jean Kellerhals est professeur honoraire de sociologie à l’Université de Genève

«S’il existe des «familles» un peu partout sur la terre et à presque toutes les époques, c’est qu’elles tentent de répondre simultanément, sous une forme assez simple, à quatre besoins humains entremêlés:

  • élever les enfants, qui mettent de longues années avant de se débrouiller seuls.
  • s’entraider pour survivre.
  • partager de l’affection, des caresses, des jeux.
  • se renforcer par des alliances, des échanges, avec d’autres groupes semblables (c’est cela, la parenté). La poursuite, dans une même famille/parenté, de ces quatre buts vitaux explique à la fois la force des familles et les importants conflits qu’on y trouve souvent.

Mais, selon les sociétés et les époques, ces «familles» peuvent être très différentes: tantôt un homme n’a qu’une femme, et d’autres fois plusieurs; tantôt le mariage est librement décidé par les époux, tantôt il est «arrangé» ou imposé par d’autres; tantôt les parents et leurs enfants vivent seuls, tantôt ils forment un ménage commun avec d’autres parents; tantôt le divorce est interdit, tantôt il est permis; tantôt les époux ont des droits égaux, tantôt non.

Dans les sociétés comme les nôtres, où les gens gagnent très souvent leur vie dans des usines ou des bureaux, où l’Etat a un rôle fort (santé, police, écoles) et où de bonnes assurances existent, les buts jugés les plus importants de la «famille» sont le partage de l’affection et l’éducation des enfants, avec un fort accent sur l’égalité des époux.

Ailleurs, c’est souvent autrement. Mais partout, la confiance et le respect sont des éléments essentiels pour que ça joue.»