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27 juillet 2015

Une question de Charline, 9 ans

Une question de Charline, 9 ans.
Olivier Maulini, professeur associé dans le domaine Analyse du métier d’enseignant à l'Université de Genève photo
Olivier Maulini, professeur associé dans le domaine Analyse du métier d’enseignant à l'Université de Genève.

Olivier Maulini, professeur associé dans le domaine Analyse du métier d’enseignant à l'Université de Genève.

Peut-être parce qu’on ne vient pas à l’école pour s’amuser! En classe, les enfants peuvent apprendre l’orthographe ou les maths par plaisir, mais certains préfèrent rêver, bavarder, chahuter, et pourquoi pas tricher. Dans l’idéal, le rôle de l’enseignante (ou de l’enseignant) serait d’inciter tout le monde à étudier. Mais lorsque cela ne marche pas, elle/il doit parfois sévir: c’est-à-dire appliquer des règles plus ou moins sévères, qui obligent les désobéissants à s’asseoir sur leur chaise, à se taire, à travailler.

Comment doser la gentillesse et la fermeté? C’est tout le problème de l’éducation. Comme le disent les philosophes, faire preuve d’autorité, c’est exercer un pouvoir sur les autres, mais un pouvoir juste: un pouvoir protecteur, équitable et sans abus. Ta question peut venir du fait que certaines maîtresses sont plus sévères que d’autres, ou plutôt que tu les trouves plus ou moins strictes dans leur manière d’agir.

Car, finalement, ce sont toujours des élèves (ou leurs parents) qui jugent qu’une enseignante sévit trop ou pas assez. Tout dépend de ce que tu estimes juste ou injuste dans sa manière de sanctionner. Si ta maîtresse te gronde parce que tu tombes de ta chaise, tu peux par exemple penser qu’elle exagère parce que tu n’as pas fait exprès de glisser. Quand on les interroge, la plupart des élèves le disent: entre trop ou trop peu de sévérité, ils n’aiment pas que la balance penche d’un seul côté.