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14 décembre 2015

Pourquoi on doit aller à l'école et qu'on ne peut pas faire avec les parents à la maison?

Olivier Maulini, professeur associé dans le domaine Analyse du métier d’enseignant à l’Université de Genève, répond à la question d'Abigaele, 8 ans.

La question d'Abigaele au sujet de l'enseignement.
Olivier Maulini, professeur associé dans le domaine Analyse du métier d’enseignant à l’Université de Genève.
Olivier Maulini, professeur associé dans le domaine Analyse du métier d’enseignant à l’Université de Genève.

Olivier Maulini, professeur associé dans le domaine Analyse du métier d’enseignant à l’Université de Genève.

Il y a souvent un malentendu à ce propos: les enfants sont moins contraints d’aller à l’école que de recevoir une instruction commune, que certaines familles peuvent choisir d’assumer. En Suisse, par exemple, la loi dit que «l’enseignement est obligatoire et placé sous la surveillance des autorités publiques». Cela signifie que les parents qui le souhaitent (et qui s’en sentent capables) peuvent donner eux-mêmes les leçons à la maison, à condition de se conformer au programme et aux examens officiels.

On estime que 350 enfants sont éduqués comme cela dans notre pays. C’est peu, puisqu’ils sont 700 000 (2000 fois plus...) à fréquenter une école publique, ou une école privée elle aussi surveillée. Tous les garçons et filles sont ainsi tenus d’acquérir les mêmes savoirs, et tous leurs parents sont forcés de l’accepter.

Pourquoi cela, finalement? Pour deux raisons associées. D’abord pour leur bien: parce que pouvoir lire, écrire, penser, discuter en se confrontant aux autres sont des ressources nécessaires pour vivre librement en société. Ensuite pour le bien commun: parce que agir et débattre en s’unissant aux autres évitent l’indifférence ou la violence vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas nos idées.

C’est pour cela que l’instruction de base est à la fois un droit (pour soi) et une obligation (à l’égard des autres): laisser chaque parent la définir à sa guise empêcherait qu’elle soit complète, c’est-à-dire partagée par la collectivité qui a besoin d’elle pour se parler.