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22 septembre 2014

Préservatifs: les premiers hommes sortaient couverts

La chronique d'Isabelle Kottelat.

Les préservatifs en latex existent depuis 1855.
Les préservatifs en latex existent depuis 1855.

Les dessins dans les grottes de Lascaux le prouvent: l’homme a toujours trouvé le moyen de protéger son délicat engin. Avec une nette préférence pour le cæcum d’agneau: cette première partie du gros intestin animal leur allait comme un gant... On n’est pas loin d’y retourner aujourd’hui avec des recherches américaines sur un préservatif à base de collagène de tendrons (morceau de la paroi abdominale) de vaches. C’est Bill Gates qui finance, soucieux qu’on retrouve le plaisir escamoté par l’usage du latex qui habille les pénis depuis 1855. Depuis un certain Charles Goodyear et ses expérimentations sur le caoutchouc.

Mais il y a eu pire que le latex pour couvrir la virilité: vessie de chèvre, papier de soie huilé en Chine au Xe siècle, écailles de tortues (aïe), corne (aïe aïe), cuir au Japon. Ou tissu, avec le fourreau fait sur mesure de l’anatomiste italien Gabriel Fallope, en 1564.

Puis les boyaux d’animaux se feront capotes – comme les appellera le grand consommateur Casanova – réparables, et mignonnes avec leurs attaches en soie... Mais pas plus agréables. «Une cuirasse contre le plaisir, une toile d’araignée contre le danger», s’exclameront de célèbres dames. Le danger d’alors, c’est la syphilis ou carie française. Qu’on n’attrape pas aux dents…

Parce que la question est toujours de se prémunir. Contre les bébés? On est longtemps resté dans les choux sans faire de lien entre sperme et grossesse. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle qu’un abbé (!), Lazzaro Spallanzani, tout à ses travaux sur la reproduction, s’amuse à revêtir grenouilles et crapauds de caleçons intimes et observe qu’ainsi capotés, ils ne se reproduisent pas…

Non, contre les maladies. Si les Egyptiens d’avant notre ère sortaient déjà couverts de lin, c’est par peur des infections, blessures et morsures d’insectes. Bon, ils vivaient tout nus aussi…

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat, Konrad Beck