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26 mars 2012

Prêt à sauver des vies

Le Shop.ch s'allie à la Chaîne suisse de sauvetage et livrera en urgence des vivres en cas de catastrophes. Reportage lors d'un exercice à Genève.

Sauveteur cherchant dans les décombres avec son chien

Il fait nuit noire et on devine à peine quelques ruines et décombres, éclairés par les premiers projecteurs amenés par l’équipe de sauvetage. Une douzaine de personnes déchargent du matériel technique et des médicaments. Les conducteurs de chien se dispersent avec leurs bêtes, qui tentent de trouver la trace des personnes ensevelies, tandis que les cris des blessés retentissent un peu partout.

Cette scène impressionnante n’est par chance qu’un exercice grandeur nature que la Chaîne suisse de sauvetage a organisé sur la place d’armes de Genève. Le scénario est le suivant: un tremblement de terre a fait plusieurs centaines de morts, et plus de trois mille blessés nécessitent des secours. L’équipe de sauvetage compte une centaine de personnes et douze chiens d’intervention.

De nouvelles formes de collaboration ont aussi été testées à cette occasion, notamment avec LeShop.ch qui livrera désormais les secouristes en vivres.

Une voiture sur un toit et un silence de mort

«Non, c’est un marteau hydraulique qu’il me faut», déclare Urs Bächtold d’un ton ferme. Cet ingénieur en technologie alimentaire de 33 ans dirige une équipe de dix-huit spécialistes, composée de sauveteurs, de médecins et de conducteurs de chiens.

A Genève, la Chaîne suisse de sauvetage s'exerce à retrouver les victimes d'une catastrophe.Le Shop.ch est, lui, chargé de faire parvenir les aliments.
A Genève, la Chaîne suisse de sauvetage s'exerce à retrouver les victimes d'une catastrophe.Le Shop.ch est, lui, chargé de faire parvenir les aliments.

Urs Bächtold a reçu son baptême du feu en été 1999. Il avait tout juste 20 ans lorsqu’il est intervenu au sein de la Chaîne suisse de sauvetage en Turquie, suite à un terrible tremblement de terre. «Je faisais partie d’une équipe qui a dégagé nonante personnes, dont douze vivantes.» Il n’oubliera jamais ce jeune couple, enfoui sous les décombres de sa maison, que ses collègues et lui n’ont pas réussi à sauver. Le séisme les a surpris dans leur lit et la femme était enceinte. «Une image terrible…»

Le jour commence à se lever à Genève. Le golden retriever de Conny Zumbühl, une conductrice de chien, flaire rapidement un blessé au milieu des décombres. «Lorsque nous sommes en situation réelle, une deuxième bête doit venir confirmer la piste et seulement ensuite les sauveteurs dégagent l’endroit», explique Conny Zumbühl.

Elle non plus ne manque pas d’expériences à raconter. Cette conductrice de chien est intervenue en 2011 au nord-est du Japon. Aucun exercice, aussi réaliste soit-il, n’aurait pu la préparer à ce qu’elle allait voir dans ce village de pêcheurs frappé par le tsunami. «J’ai vu un bateau au milieu d’une maison, une voiture sur un toit» raconte la jeune femme. Mais le plus frappant était le silence. «Même les animaux avaient déserté les lieux, pas le moindre miaulement ni cri d’oiseau. Un vrai silence de mort.»

Les images du Japon ont longtemps occupé son esprit. Est-elle alors prête à affronter à nouveau une intervention? «Tout de suite, la question ne se pose même pas.»

«Ce travail est de notre ressort»

En cas de catastrophes, Le Shop devra livrer de nombreuses denrées, de la soupe au lait en poudre en passant par des boissons énergétiques.
En cas de catastrophes, Le Shop devra livrer de nombreuses denrées, de la soupe au lait en poudre en passant par des boissons énergétiques.

Dominique Locher, chef marketing de Le Shop.ch, répond à quelques questions.

Comment a débuté la collaboration entre LeShop.ch et la Chaîne suisse de sauvetage?

La direction Logistique et Transports de Migros a pris contact avec nous et la Direction du développement et de la coopération (DDC). La question était de savoir s’il était possible de faire livrer la marchandise nécessaire par un seul fournisseur qui serait disponible en tout temps et se chargerait lui-même du stockage.

Quelles denrées devrez-vous livrer?

Cela va de la soupe au lait en poudre en passant par des boissons énergétiques. Environ 90% des produits en question se trouvent dans les magasins Migros. Il est important que la préparation soit rapide. C’est pourquoi cet assortiment compte beaucoup de repas déjà prêts, dont des lasagnes.

Quels sont les défis au niveau logistique?

La marchandise doit être disponible en permanence. Les produits sont remplacés au fur et à mesure, dès leur date de péremption. Ils sont soigneusement étiquetés et rangés dans des containers spéciaux. Nous avons de plus mis en place un service de piquet, car un tremblement de terre peut survenir n’importe quand. Notre réactivité a été testée à la mi-mars lors d’un exercice. Tout s’est très bien déroulé.

Les conséquences seraient fatales en cas de retard de livraison. Cette idée ne vous rend-elle pas nerveux?

Pas du tout! Nous sommes bien entendu conscients de nos responsabilités. Mais ces tâches relèvent finalement de nos compétences de base. Actuellement, nous répondons déjà chaque jours à trois mille commandes et livrons deux cents tonnes de produits divers à nos clients. Nous disposons d’un grand savoir-faire en la matière.

Quels frais en résultent pour LeShop?

LeShop.ch ne pense pas au profit et prend à sa charge les coûts de stockage. Nous sommes convaincus de l’engagement humanitaire de la Chaîne suisse de sauvetage. Celui-ci correspond à l’action de Migros dans le domaine social.

Auteur: Christoph Petermann

Photographe: Julien Gregorio, Reto Albertalli