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4 août 2013

Priorité à la viande d’origine suisse

A l’avenir, les restaurants et take aways Migros ne proposeront presque plus que des produits carnés provenant de notre pays. Pour le distributeur, la réalisation de cette promesse représente un grand défi.

Hans-Peter Oettli en train de croquer des chicken nuggets devant un restaurant Migros
Hans-Peter Oettli, responsable de la gastronomie Migros, mise sur la qualité suisse.

Chaque jour en Suisse, les restaurants et take aways Migros accueillent plus de 330 000 personnes. Désormais, ces dernières ne trouveront dans leurs assiettes pratiquement plus que de la viande suisse. En effet, le distributeur s’est engagé, d’ici à 2015, à ne proposer que du bœuf, du veau, du porc ou du poulet de provenance indigène. «Nos clients affectionnent le goût et la qualité des produits suisses, explique Hans-Peter Oettli, responsable de la gastronomie Migros. Ils veulent de plus être certains que les animaux proviennent d’élevages respectueux. Comme une telle exigence importe beaucoup à Migros, nous avons décidé de formuler une promesse dans ce sens.»

La concrétisation de cet objectif représente un défi de taille pour la gastronomie Migros. «Nous ne parlons ici pas seulement des morceaux de viande mais aussi de tous les ingrédients pour les salades, les sauces ou les farces. Sans parler des produits travaillés comme les chicken nuggets, précise Hans-Peter Oettli. Chacun de nos fournisseurs doit s’engager à ne transformer que de la viande en provenance du pays.»

Phase test réussie dans vingt restaurants Migros

A cette fin, Micarna, une société du groupe M-Industrie, a fait l’acquisition d’une machine spéciale qui désosse les cuisses de poulet afin d’élaborer la chair des chicken nuggets. Jusqu’à présent, ces derniers étaient souvent préparés à partir de poitrines de poulet importées.

La disponibilité suffisante de poulets constitue aussi un défi. «L’approvisionnement sera plus complexe», sait Hans-Peter Oettli. Seules exceptions aux nouvelles règles: l’agneau, le lapin et la dinde, qui ne sont pas suffisamment disponibles en Suisse. Migros s’approvisionnera donc à l’étranger mais s’engage à ne le faire qu’auprès de fournisseurs qui respectent les standards relatifs au bien-être des animaux.

Ces nouveautés seront-elles accompagnées de hausses de prix? «Comme nous tenons énormément à une provenance helvétique, nous prendrons à notre charge une partie des coûts supplémentaires d’approvisionnement, assure Hans-Peter Oettli. Cependant, il n’est pas exclu que pour certains produits, en particulier le poulet, nous devions procéder à des ajustements.»

Des projets pilotes conduits dans vingt restaurants Migros ont toutefois montré que le passage à la viande indigène était apprécié. «Les clients sont même disposés à payer un peu plus cher pour pouvoir bénéficier de cette marque de qualité. Nous avons pu le constater durant la phase de test», se réjouit Hans-Peter Oettli.

Normes suisses pour l’international

Pour Migros, la protection des animaux ne s’arrête pas aux frontières. Qu’il s’agisse de la viande, des œufs ou des produits laitiers, elle veut donner à ses clients l’assurance que les animaux ont été bien traités. Raison pour laquelle, le distributeur formule la promesse que, d’ici à 2020, tous ses produits – y compris ceux qui proviennent de l’étranger – respecteront les standards du bien-être animal en vigueur en Suisse. Seules exceptions: les marques tierces également proposées par d’autres distributeurs en Suisse.

Il faut savoir qu’une partie importante de la viande de bœuf, de veau et de porc provient déjà de Suisse. On ne peut cependant échapper aux importations pour les autres animaux. Pour la viande de dinde, de lapin ou de cheval, Migros s’efforce de faire valoir auprès de ses fournisseurs étrangers les normes suisses. Dans ce contexte, elle œuvre avec la Protection suisse des animaux et définit des exigences dans plusieurs domaines: détention, santé, nourriture, transport, abattage.

Des contrôles indépendants veillent au respect de ces dispositions. «Nous sommes prêts à investir beaucoup de moyens et de temps ainsi que tout notre savoir-faire – je pense ici entre autres aux spécialistes de Micarna – pour que l’on prenne en compte le bien-être des animaux, assure Oskar Sager, chef du marketing Migros. Pour cela, nous œuvrons au niveau de la production, de la transformation et de l’élaboration avec tous les partenaires qui partagent nos valeurs.»

Auteur: Andreas Dürrenberger

Photographe: Jorma Müller