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13 mars 2017

Proche du but

Migros a promis d’appliquer les normes suisses strictes en matière de bien-être animal à ses produits importés d’ici à 2020. Si l’enseigne a atteint de nombreux objectifs, elle se heurte aussi à des obstacles.

porc
La viande porc vendue par Migros est majoritairement suisse.

Migros vend majoritairement de la viande suisse. Le pourcentage oscille entre 85 et 100% pour le porc, le veau, le bœuf et le poulet frais. Pour d’autres produits comme la dinde et le poulet surgelé, la coopérative doit se fournir à l’étranger, car la production indigène ne suffit pas à couvrir la demande.

Or, les médias se sont régulièrement fait l’écho d’irrégularités commises dans des élevages étrangers, une situation qui mécontentait aussi Migros. C’est ce qui a motivé l’enseigne à faire il y a quatre ans une promesse ambitieuse dans le cadre de Génération M: appliquer les normes suisses en matière de protection des animaux à tout son assortiment de viande, de produits laitiers et d’œufs provenant de l’étranger d’ici à 2020.

«Nous avons procédé à une analyse des risques en collaboration avec la Protection suisse des animaux et défini cinq domaines dans lesquels nos fournisseurs sont tenus de satisfaire aux normes suisses en matière de bien-être animal. Il s’agit de l’élevage, de la santé des animaux, de l’alimentation, du transport et de l’abattage», explique Bernhard Kammer, expert des questions relatives au développement durable à la Fédération des coopératives Migros. Des contrôles réguliers effectués par des instituts indépendants s’assurent du respect des dispositions.

Un travail de pionnier

Depuis sa promesse, Migros a réussi à améliorer le bien-être animal dans de nombreuses exploitations étrangères: «Nous atteindrons probablement notre objectif d’ici à 2020 pour les volailles, les chevaux, les lapins, les œufs et la mozzarella de bufflonne, confie Bernhard Kammer, mais dans d’autres assortiments, notre promesse ne pourra malheureusement pas être intégralement tenue.» Il s’agit de différents produits laitiers tels que le fromage ainsi que de certaines viandes de bœuf et de porc.

Est-ce à dire que Migros a péché par excès d’optimisme? «Nous savions que le défi était colossal. Mais même si nous ne parvenons pas à réaliser tous les objectifs fixés, nous avons effectué un travail de pionnier en imposant à l’étranger les normes suisses en matière de protection des animaux, une tâche que nous sommes bien décidés à poursuivre.»

Pour Bernhard Kammer, ces progrès ont des incidences bien au-delà du marché helvétique: «Nos fournisseurs approvisionnent d’autres détaillants européens. Grâce à nous, leurs produits répondent eux aussi à des normes plus strictes en matière de protection des animaux.»


Porc: outre des produits suisses, Migros vend aussi des spécialités de charcuterie étrangères, notamment du salami et du jambon de Parme provenant du fournisseur italien Beretta. Cette société vient de transformer certaines de ses fermes italiennes pour les mettre en conformité avec la Loi fédérale sur la protection des animaux. Les porcheries sont désormais éclairées par la lumière du jour et les sols grillagés en usage dans la Péninsule ont été en partie remplacés par des sols en dur. Il est désormais aussi impossible de castrer les animaux sans les étourdir. Les cochons disposent également de bottes de foin pressées pour jouer. D’autres fournisseurs de Migros s’apprêtent à suivre l’exemple de Beretta.

Poule pondeuse: à l’avenir, tous les œufs importés de l’assortiment Migros seront également issus d’exploitations respectant les dispositions suisses en matière de protection des animaux. L’enseigne négocie encore avec ses fournisseurs mais au stade actuel des tractations, on peut d’ores et déjà affirmer que les adaptations souhaitées sont possibles.

Poulet: comme pour l’élevage de dindes, celui des poulets à l’engrais à l’étranger a souvent été épinglé par les médias. Et là aussi, Migros n’a pas fermé les yeux! L’enseigne a pris des mesures en collaboration avec ses fournisseurs allemands, français et hongrois. Toute la viande fraîche provient d’ores et déjà d’exploitations respectant les normes suisses sévères en matière de bien-être animal. Pour la viande surgelée, les changements sont encore en cours.

Bufflonne: Migros se préoccupe du bien-être animal dans la production non seulement de viande mais également de produits laitiers. Cela vaut notamment pour l’élevage de buffles d’eau en Italie, des animaux qui permettent d’obtenir la fameuse mozzarella di bufala. Cette année encore, les fournisseurs de Migros se mettront en conformité avec les dispositions suisses. La Protection suisse des animaux a déjà homologué ces exploitations.

Dinde: en collaboration avec ses fournisseurs hongrois, Migros a commencé dès 2012 à mettre les exploitations de ces derniers en conformité avec les normes suisses. Alors qu’un poulailler pouvait accueillir autrefois jusqu’à 5000 bêtes, ce nombre a été réduit à 3700, ce qui signifie que les dindes disposent de beaucoup plus d’espace. Chaque installation est désormais équipée d’un jardin d’hiver couvert où les volailles peuvent s’ébattre au grand air. Avec ces mesures, Migros va même au-delà des exigences de la législation suisse. Depuis 2016, les fournisseurs français se sont également mis en conformité avec les normes helvétiques.

Auteur: Andreas Dürrenberger

Illustrations: Mira Gisler