Archives
10 décembre 2012

Qatar pour barre

Martina Chyba envoie paître le Qatar, ce pays submergeant qui a décidé de racheter tout le reste de la planète.

Martina Chyba
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

Oserais-je avouer que je ne partage pas complètement la fascination hystérique pour les pays dits «émergents»? La Chine fait travailler des enfants dans des usines qui ressemblent à des camps de concentration, l’Inde pratique les avortements sélectifs pour éradiquer les bébés filles, le Brésil nettoie les favelas à la sulfateuse pour accueillir proprement la Coupe du monde de foot et les républiques ex-soviétiques donnent beaucoup de travail aux brigades anti-blanchiment du monde entier. Oui, ça fait rêver.

Mais le top du pays émergent, le truc hype du moment, c’est le Qatar. Aaaah, ce charmant endroit autocratique et féodal où l’homme décide de tout et qui autorise la polygamie parce que c’est «un espace de liberté pour la femme»… Ouais, ils n’ont pas le gaz à tous les étages, mais ils en ont beaucoup en sous-sol. L’émir a trois femmes et beaucoup de pétrole. Ce n’est plus un pays émergent mais un pays submergeant parce que manifestement, il a décidé de racheter tout le reste de la planète.

Et nous, comme des cons, on la vend. Les athlètes, les clubs de foot, les grandes compétitions, les banlieues françaises, l’immobilier, les médias, et même les conférences internationales, celle sur les télécoms se passe à Dubaï, celle sur le climat à Doha. Hahahahaha, une conférence sur le climat au Qatar, c’est comme si une conférence sur la bonne gestion financière était organisée par l’UBS…

De toute façon, ils s’en foutent (foot) du réchauffement climatique, il fait déjà 800 degrés chez eux, ils ne vivent que sous air conditionné et sont les plus gros producteurs de CO2 du monde.

Mais personne ne dit rien; on n’a même pas droit à trois anciens misérables altermondialistes flanqués de Manu Chao et d’un écolo recyclé prêchant dans le désert.

Moi maintenant je sais ce que je veux pour Noël. C’est moche, c’est cher, et c’est gros: une éolienne. Ou un panneau solaire. Ou un machin qui fabrique de l’énergie. N’importe comment. Le seul moyen d’envoyer paître ce genre de pays (je sais, ils n’ont pas d’herbe mais c’est une image) qui nous prennent pour leurs larbins, c’est de renoncer au pétrole. Juste avant la fin du monde, il n’est pas interdit de croire au Père Noël.

Auteur: Martina Chyba