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25 avril 2016

Qu’est-ce qui est tout vert et qui passe de main en main?

La chronique de Sandrine Viglino, humoriste.

La chronique de Sandrine Viglino, humoriste.

Pourquoi donc la BNS nous a-t-elle fait un nouveau billet de 50 francs? Il allait plus l’ancien? A la BNS, un jour, y’a un gars (avec une formation supérieure et un énorme salaire sûrement) qui a dit: «Je les trouve moches les billets de 50 francs.» Alors là, on lui a dit: «Oui, mais Sophie Teuper-Machin, elle a pas un physique facile, on a fait ce qu’on a pu!» Mais non, lui n’aime pas et il a dit: «On fait des nouveaux billets!» Alors comme c’est le chef, les autres disent OK, et c’est parti pour six mois, un an… dix ans de développement pour faire un nouveau billet. Dont personne n’a vraiment besoin! Parce que même moches, ben, ils vont bien les anciens. Je veux dire pour payer. C’est le cousin imprimeur du gars de la BNS qui va être content!

Les gens ne se sont pas précipités à la banque pour en acheter. Rien à voir avec les paninis. Pour 50 francs, y en a qu’un seul de nouveau dans le paquet et c’est toujours le même. Impossible d’échanger les doubles. Les anciens nous vont très très bien. La preuve que personne n’en veut, c’est que la BNS a dû investir des centaines de milliers de francs (en anciens ou nouveaux billets, ça, on ne sait pas) dans une campagne de pub, pour promouvoir les nouveaux billets. Les nouveaux sont jolis d’accord... Mais représenter du vent, c’est un peu fumeux, non, comme concept? En plus ils ont un défaut: l’encre que le cousin imprimeur a refilée, elle sèche pas bien, donc quand on frotte le billet sur du papier, il reste une trace verte! Bon ils sont malins à la BNS, ils font passer ça pour un truc de sécurité: seuls les vrais font une trace verte! Ben oui, les faux-monnayeurs mettent de l’encre qui sèche eux!

Moi en tout cas je reste à l’ancien. Je l’adore. Je ramasse tout ce que je peux trouver et je les garde chez moi. Je regarde d’ailleurs sur Anibis s’il y en a pas en vente. Je refuse d’utiliser le nouveau. Et je ferai pareil pour les prochaines coupures. Y en a encore cinq d’annoncées. A chaque nouveau billet de la BNS, un nouveau billet d’humeur de bibi! Si vous voulez soutenir mon action, vous pouvez m’envoyer vos anciens billets de 50 francs. Même un peu sales ou usagés, et je les garderai, pour toujours. C’est ma façon à moi de résister, de rester debout!

Texte © Migros Magazine – Sandrine Viglino

Auteur: Sandrine Viglino