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27 février 2017

Quand la nature inspire la recherche

Ancienne variété de pomme, algue des neiges: depuis vingt-cinq ans, Mibelle Biochemistry innove et lance des principes actifs à base de végétaux qui révolutionnent l’industrie cosmétique. Elle s’est ainsi imposée comme un acteur majeur de la recherche.

Des cultures de cellules souches végétales.
La culture de cellules souches végétales est au cœur des recherches de Mibelle Biochemistry.

Au commencement était la pomme! Rassurez-­vous, nous n’allons pas remonter à l’époque d’Adam et Eve, mais simplement à l’origine d’une success story, celle de Mibelle Biochemistry. Son histoire est étroitement liée à celle d’une variété ancienne de pomme appelée Uttwiler Spätlauber, dont la principale caractéristique est de se conserver longtemps. «Même après des mois, sa peau ne se ratatine pas. C’est ce qui a éveillé notre intérêt», raconte Fred Zülli, directeur de Mibelle Biochemistry, à Buchs (AG).

Il y a vingt-cinq ans, Fred Zülli a fondé Mibelle Biochemistry, une entité du groupe Mibelle (site en anglais ou allemand), membre de la M-Industrie. A l’époque déjà, il était conscient que pour travailler dans la recherche et le développement en biochimie, il ne suffisait pas d’avoir Migros comme unique client. Les investissements sont en effet trop importants: «Nous commercialisons aujourd’hui nos principes actifs dans plus de cinquante pays du monde entier», confie-t-il. Les affaires réalisées avec des clients tiers représentent l’essentiel de l’activité.

Une nouveauté mondiale

Ces clients sont très intéressés par ce que Fred Zülli et son équipe ont découvert au sujet de l’Uttwiler Spätlauber. Cherchant à percer le secret de sa peau lisse, les scientifiques ont isolé des cellules souches de cette pomme: «Ce type de cellules possèdent toutes les informations d’un organisme, mais elles ne sont pas encore spécialisées», explique le directeur de Mibelle Biochemistry. En découvrant ces cellules et en réussissant à les cultiver, l’entreprise a ouvert la voie pour un nouveau domaine d’activité de l’industrie cosmétique: «En 2008, nous avons été les premiers au monde à présenter ces cellules souches végétales comme principe actif cosmétique. Aujourd’hui, presque toutes les grandes marques possèdent un département spécialisé qui s’en occupe», affirme Fred Zülli.

Fred Zülli, directeur de Mibelle Biochemistry, teste les différentes réactions des algues des neiges.
Fred Zülli, directeur de Mibelle Biochemistry, teste les différentes réactions des algues des neiges.

Depuis lors, Mibelle Biochemistry compte parmi les entreprises les plus innovantes du monde dans le domaine de la recherche. Ses chercheurs puisent leur inspiration dans la nature. Ils s’intéressent tout particulièrement aux plantes et aux micro-organismes présentant par exemple une résistance extraordinaire au rayonnement solaire. C’est le cas des rares algues des neiges qui, comme leur nom l’indique, poussent sur les étendues enneigées. Durant leur phase de croissance, ces algues sont vertes, mais lorsque le soleil darde ses rayons, elles virent au rouge et tombent dans une sorte de dormance.

Bien que les propriétés des algues des neiges soient connues depuis environ un demi-siècle, c’est Fred Zülli et son équipe qui ont découvert leurs vertus en cosmétique. Il leur suffit d’une algue pour en cultiver et les multiplier. Dans les laboratoires de Mibelle Biochemistry, on étudie actuellement la manière dont les molécules d’algues réagissent aux différentes influences de la lumière: «Si l’on réussit à transposer les qualités des algues des neiges dans les crèmes solaires, cela permettra d’augmenter considérablement leur indice de protection, avec un effet anti-âge», se réjouit le directeur.

Sortir de la masse

Auteur: Marc Bodmer

Photographe: Paolo Dutto