Archives
5 novembre 2012

Quand les mangas se mettent au rap

Tuân HollaBack est passionné de dessins nippons. Les illustrations du Genevois ont déjà conquis quelques grands noms du rap, des Etats-Unis jusqu’au Japon.

Tuân HollaBack
Tuân HollaBack: "J’aime faire mes courses chez Uchitomi à Genève pour faire le plein en produits japonais. Je m’y sens comme à la maison! C’est une portion du Japon en Suisse."

Les mangas et le rap. Deux arts ancrés dans des cultures bien différentes, séparés par les eaux du Pacifique. Pourtant, depuis quelques années, les frontières s’estompent. Un rapprochement qui n’est pas pour déplaire à Tuân HollaBack, jeune illustrateur genevois au style manga, avec une touche de culture urbaine. «Après des études en sciences politiques et journalisme, j’ai décidé de me consacrer entièrement au dessin. Et de le relier si possible à mon autre passion: le rap.»

C’est grâce à ses profils sur les réseaux sociaux et ses contacts locaux que Tuân entre en relation avec les grands noms du rap américain. Sa plus grande fierté? «Les illustrations de l’album de Soopafly. J’étais hyper-impressionné quand j’ai su que c’était le grand Snoop Dogg qui le conseillait sur mes dessins.»

Mais c’est la culture nippone qui a les faveurs du Genevois. «Ma famille est d’origine vietnamienne mais j’ai toujours eu beaucoup de mal à m’identifier à la culture asiatique. Quand en 2009 j’ai effectué mon premier voyage au Japon, j’avoue, ça a été la révélation! L’immense respect dont font toujours preuve les Japonais m’a surpris.»

Lorsque Tuân se rend au Pays du Soleil levant, il évite tout contact avec des Occidentaux pour mieux s’immerger dans la culture locale. C’est au culot et grâce à son «japonais d’aéroport» qu’il approche des groupes de rap pour leur proposer ses services. «Je viens de terminer les illustrations d’un album et autres produits dérivés pour Jack Rabbitz, un groupe de rap nippon. Là-bas aussi le style de musique est très apprécié.»

Ce sont pourtant d’autres projets qui animent Tuân aujourd’hui. «Je préfère à présent dessiner pour moi. Je planche déjà sur le scénario d’une BD. Cela doit encore rester secret... Disons seulement qu’il s’agira d’un thriller et que l’intrigue se déroulera à Genève.»

Un lieu

J’aime faire mes courses chez Uchitomi à Genève pour faire le plein en produits japonais. Je m’y sens comme à la maison! C’est une portion du Japon en Suisse.

Rei Ayanami
Rei Ayanami

Un dieu

C’est une figure de Rei Ayanami, un personnage de mon dessin animé favori «Evangelion». Son créateur, Yoshiyuki Sadamoto, est pour moi un dieu! Et une grande source d’inspiration.


Son illustration manga de «Star Wars».
Son illustration manga de «Star Wars».

Un dessin

Je suis un grand fan de «Star Wars». Etonnamment, peu d’illustrations de style manga ont été réalisées à ce sujet. La mienne est une sorte d’hommage à cette série qui a bercé mon enfance!


Mallette patchwork.
Mallette patchwork.

Un outil de travail

J’y transporte tous mes dessins, crayons et feuilles de papier. J’y ai collé des autocollants pêchés un peu partout. C’est un patchwork de n’importe quoi. Je crois que cela me correspond assez bien.


Il apprécie les boys bands. Et l'assume, lui.
Il apprécie les boys bands. Et l'assume, lui.

Des goûts... variés

J’aime les boys bands! Beaucoup de personnes de ma génération adorent, mais ne l’avoueront jamais. Mon album préféré c’est quand même du rap: «Illmatic» de Nas. Pas un jour sans que je l’écoute. Et mon jeu vidéo fétiche: «Sakura Taïsen, épisode 2».


L'agenda taquin.
L'agenda taquin.

Un air de déjà-vu

Sur mon agenda on trouve Gachapin, un personnage très populaire au Japon. C’est un dinosaure vert avec deux dents. On me l’a offert parce qu’il paraît que j’ai le même air endormi...

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Jeremy Bierer