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2 avril 2013

Quelle heure avez-vous?

Il est grand temps de se poser la question...

Dessin d'une horloge murale ayant des rayons de soleil autour du cadran
Jusqu’au XIIIe siècle, 
on calculait l’heure en se référant
 au soleil.

L’heure vient encore de changer ce week-end et on n’est pas plus avancé – si ce n’est d’une heure, qu’on va se prendre dans les dents le matin pendant quelques semaines encore. Les anciens avaient du bon. Seule la position du soleil leur racontait s’il était temps de se lever, de manger ou de se coucher.

Au début, donc, ils lèvent le nez. Ensuite, ils le baissent et regardent au sol l’ombre d’un bâton planté à la verticale: sa direction et sa taille leur donnent approximativement le prochain bip... C’est le gnomon. La plus simple et plus ancienne des horloges! Les Chaldéens – ce très vieux peuple nomade qui habite près de Babylone entre le IXe et le VIe siècle avant notre ère – l’utilisent déjà.

Le gnomon se transforme ensuite en cadran solaire, plus précis avec ses graduations: le bâton n’est plus vertical mais penché en direction de l’étoile polaire. C’est en Egypte qu’on a retrouvé le plus vieux, qui date de 3500 ans. Pour mesurer le temps, il y a aussi les clepsydres, ces horloges à eau qui nous viennent de la civilisation égyptienne il y a plus de 4000 ans. Puis les sabliers – même système mais avec du sable – qui font le top au Moyen-Age.

Mais il faut attendre le XIIIe siècle pour voir arriver le temps artificiel: les premières horloges mécaniques ne donnent plus une heure naturelle, c’est-à-dire calquée sur le soleil, mais dépendante de savants systèmes inventés par l’homme. Horloges à eau, au mercure et enfin à échappement – installé sur la plus vieille horloge mécanique d’Occident à Dunstable, près de Londres, en 1283. Ce mécanisme sert à entretenir et à compter les oscillations d’un pendule. Dont on doit le système à Huygens, qui lui-même l’a emprunté à Galilée: le fameux savant du XVIIe siècle avait réalisé qu’un poids balancé au bout d’un fil faisait un aller-retour en un temps toujours constant.

Et bien que ce soit l’avènement du travail à l’usine qui ait obligé les pauvres hommes et femmes que nous sommes à compter l’heure précisément, si on veut chaque matin s’en prendre à quelqu’un, maudissons Carouage. Cet horloger parisien a mis au point le premier réveille-matin au XVe siècle: son système allumait une bougie à une heure programmée.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck