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22 décembre 2016

Quels sont vos rêves pour 2017?

Quinze personnalités romandes de tout horizon confient leurs projets pour l’année à venir et leurs vœux pour la Suisse et pour le monde.

Stéphane Lambiel en train de patiner
Stéphane Lambiel, 31 ans, patineur artistique (photo: Michael Sieber)

«Une équipe de Suisse qui puisse briller aux JO»

Stéphane Lambiel, 31 ans, patineur artistique

«Comme je m’investis énormément dans mon sport, que cela fait vingt-cinq ans que je vis dans le monde du patinage, un rêve à moyen terme serait qu’on retrouve rapidement une équipe de Suisse de patinage qui puisse briller aux Jeux olympiques.

J’aimerais qu’avec l’école de patinage que j’ai créée en 2014 et avec le temps que je passe sur la glace, je puisse contribuer à développer en Suisse ce sport qui est magnifique.

En travaillant par exemple avec Sarah Meier avec qui nous avons eu quand même de superbes années de 2000 à 2011. Retrouver un peu cette énergie-là en motivant et en encourageant la relève suisse. Histoire d’éviter que, comme à Sotchi, il n’y ait aucun patineur suisse qui représente le pays aux Jeux.

Pour la Suisse et pour le monde, ce qui est très important aujour­d’hui à mes yeux, c’est que tous les enfants de toute la planète puissent s’épanouir et se développer dans les meilleures conditions possible. Avoir accès à une bonne éducation et à une scolarité qui leur permet­tent de trouver leur chemin. De faire du sport aussi, parce que c’est aussi un mode de vie qui t’apprend tellement, qui te donne tellement de possibilités pour la suite.

«Moins de réflexes, plus de réflexion»

Stéphane Garelli assis dans un fauteuil.
Stéphane Garelli (photo: Guillaume Megévand)

Stéphane Garelli, 65 ans, professeur d’économie à l’IMD business school

«Ainsi que l’économiste John Keynes le disait, la difficulté n’est pas de développer de nouvelles idées, mais d’échapper aux anciennes. Voilà donc ce que je me souhaite pour 2017. J’espère également réussir à fuir la tyrannie de l’agenda et faire passer l’important avant l’urgent. J’aimerais pouvoir mettre davantage d’intensité et de profondeur dans ce que je fais, et échapper ainsi à «l’écume des jours».

Pour la Suisse, il faudrait que nous tournions le dos aux «il n’y a qu’à…», à ceux qui pensent «tout savoir sans avoir jamais rien appris» et qui nous polluent la vie.

Je souhaite une société avec plus de liberté de pensée et d’action, mais une société qui a aussi plus de générosité et sensibilité pour les plus démunis.

Enfin, pour le monde, mes souhaits peuvent se résumer à ces deux petites phrases: moins de réflexes, plus de réflexion; moins de murs, plus de ponts. Je verrais bien un monde de diversité où la culture et la vie de chacun seraient garanties, mais où les règles du vivre ensemble seraient respectées.»

«La réalité a déjà pris le pas sur le rêve»

Laurent Nicolet à moitié caché dans un rideau rouge de théâtre.
Laurent Nicolet (photo: Nicolas Righetti/Lundi 13)

Laurent Nicolet, 46 ans, humoriste

«Gamin, j’aurais rêvé d’être Maradona ou Zidane, mais mon corps, lui, n’avait pas les mêmes ambitions… Plus sérieusement, d’un point de vue professionnel, je n’aurais jamais imaginé pouvoir un jour gagner correctement ma vie grâce à l’humour, donc la réalité a pris le pas sur le rêve! Pour 2017, je souhaiterais que mon nouveau spectacle «Même pas peur!» cartonne et que je sois obligé de jouer les prolongations à guichets fermés au stade de la Praille…

En ce qui concerne la Suisse,si notre GPS pouvait éviter de nous faire tourner trop à droite pour éviter de finir à l’extrême droite, ça m’arrangerait grandement. Sinon, j’ai des envies d’un pays heureux, prospère et accueillant, où tout le monde mangerait du tofu et nagerait avec des dauphins: bref, j’ai des rêves dignes d’une Miss! Je souhaiterais aussi que Johann Schneider-Ammann fasse une année supplémentaire en tant que président, juste pour avoir le plaisir de le voir à nouveau dans son fameux sketch, «La journée des malades».

Quant au monde, je rêve que tous les va-t-en-guerre aillent dans leur paradis voir si j’y suis!

J’espère que Donald Trump et son vice-président fassent un AVC avant mi-janvier et j’aimerais bien que le Servette monte en Super League en juin prochain… C’est beau parfois de rêver!»

«Que l’on arrête de grimper l’Everest»

Jean Troillet, 68 ans, alpiniste et guide de montagne

Jean Troillet dans un paysage enneigé
Jean Troillet (photos: Michael Sieber)

«Gosse, je rêvais de rigoler et de m’amuser, ce que j’ai fait et que je continue à faire! Comme je suis né au milieu des montagnes, les grandes faces nord m’ont vite attiré. Et j’ai voyagé de l’Alaska à l’Himalaya...

Mais en trente ans d’expéditions, je suis toujours rentré avec mes amis. C’est plus important pour moi que la victoire du sommet.

Depuis mon AVC en 2011, après avoir gravi une dizaine de 8000 m, je me consacre désormais aux neiges horizontales. Et je n’ai pas fini! L’année prochaine, je pars en Antarctique sur la base Princesse Elisabeth: on fera l’aller-retour jusqu’au pôle, 4000 km avec une luge et tout le matériel. Je rêve d’emmener un jour ma famille dans les lieux que j’ai traversés, comme l’ouest du Canada où j’ai vécu pendant dix ans.

Un souhait pour la Suisse? Il faut lui botter le cul! A force de voyager, je constate que ce pays s’affaiblit. On est trop mous… Et pour le monde, je ne peux que souhaiter que les gens arrêtent de grimper l’Everest. Il y a 2000 personnes au camp de base, avec tout le pire dont l’humain est capable, drogue, alcool, prostitution… Si je découvrais un endroit extraordinaire, je n’en parlerais à personne.»

«Un meilleur soutien du sport suisse»

Fanny Smith
Fanny Smith (photos: Christophe Chammartin/Rezo)

Fanny Smith, 24 ans, championne du monde de skicross

«J’ai la chance d’avoir trouvé ma voie: je mène donc aujourd’hui la vie dont je rêvais, ou presque. Même si mon quotidien diffère un peu de celui des gens de mon âge, je suis heureuse, épanouie, en bonne santé. Je souhaite donc continuer sur cette lancée en 2017. Comme j’ai été blessée l’hiver dernier, j’espère retrouver durant cette saison l’adrénaline, le plaisir, la joie liés à la compétition. En tout cas, je vais continuer à donner le meilleur de moi-même et à essayer de repousser sans cesse mes limites.

En ce qui concerne la Suisse, j’aimerais que notre société accorde plus d’importance au sport. De nombreux pays sont plus avancés que le nôtre dans ce domaine, considérant que le sport est un véritable métier. On nous demande d’être les meilleurs mais avec un soutien insuffisant de l’Etat.

Je ne parle pas que d’argent, mais de recherche, d’innovation, d’infrastructure et de formation.

Il est difficile pour un athlète en Suisse de se consacrer pleinement à sa discipline, particulièrement pour les jeunes espoirs. J’espère qu’à l’avenir nous pourrons bénéficier d’un cadre optimal pour évoluer sereinement, devenir des champions tout en préservant notre santé. Enfin, je rêve d’un monde où l’accès à une éducation de bonne qualité serait garanti à une majorité d’enfants tout autour de la planète.»

«Le moins pire possible pour ceux qui souffrent le plus»

Patrick Dujany en train de tendre son micro de manière très expressive.
Patrick Dujany (photo: François Wavre/Lundi13)

Patrick Dujany, Duja pour les auditeurs, 44 ans, animateur radio et musicien, «microtrotteur» fou, animateur de l’émission «Bille en Tête» sur La Première et de «Rhinoféroce» sur Couleur 3.

«Chaque année, c’est la même rengaine. On souhaite paix, amour, santé, bonheur à tout le monde. On dit non à la famine, à la maladie, aux guerres, à l’absurdité humaine. Et chaque fois, on a l’impression que c’est un vœu pieux. Donc, je vais souhaiter le moins pire possible pour ceux qui souffrent le plus. Vu l’état actuel du monde et les résultats des dernières élections en cours, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, je rêverais que l’Occident arrête de se droitiser. Parce que cette situation ne va pas contribuer à améliorer nos relations internationales. Enfin à moi, je me souhaite une année 2017 aussi bonne que 2015 et 2016. Avec plein de concerts de rock, un nouveau livre à écrire, plein d’émissions à faire, voilà! Et à mes amis et ma famille, je souhaite le meilleur.

Mais comme on le sait, l’âge venant, les choses ont tendance à partir en sucette. Alors, profitons d’être vivants!

Je vais même citer François Valéry, dont je déteste les chansons, mais qui disait: «Aimons-nous vivants!» Cette phrase, que je ne comprenais pas quand j’étais adolescent, résonne quand on prend un peu de bouteille…»

«Cessons de dresser des barrières»

Lauriane Sallin en train de grimper sur une échelle dans un appartement.
Lauriane Sallin (photo: Matthieu Spohn)

Lauriane Sallin, Miss Suisse

Mon rêve pour la vie entière c’est d’être libre autant que possible. Pouvoir faire ce que je veux et ce que je pense être bien, selon mes valeurs. J’ai des rêves aussi plus concrets: retourner à l’université, terminer mon bachelor en français et histoire de l’art, pour répondre aux questions que je me pose sur la société, pourquoi nous vivons dans un monde qui fonctionne de cette manière. Les réactions des gens sont un thème qui m’intéressent, comme la méfiance qu’ils peuvent avoir par rapport à ce qu’ils ne connaissent pas. Moi qui suis très confiante comme personne, j’aimerais comprendre ces mécanismes. Enfin, dans mes rêves les plus fous, je termine mes études et deviens archéologue.

Mon rêve pour la Suisse, c’est qu’on inverse cette tendance consistant à dresser des barrières entre les gens. Il me semble qu’on se comprend de moins en moins. Je rêve d’une Suisse où l’on apprendrait une autre langue non parce qu’on en a envie, mais d’abord pour l’autre.

Sans se demander par exemple si l’allemand c’est beau ou pas, en disant plutôt que c’est une clef pour rencontrer de nouvelles personnes.

Mon rêve pour le monde, c’est qu’on aille vers davantage de stabilité, de mesure, de paix. La paix est possible: il faut commencer à petites doses, en accordant d’abord les gens autour de soi.

«J’aimerais faire de nouveaux films»

Claude Barras dans un hamac
Claude Barras (photo: Guillaume Megévand)

Claude Barras, 43 ans, réalisateur de films d'animation, dont "Ma vie de Courgette".

«Quand j’étais enfant, mon père peignait le dimanche et moi, je dessinais avec lui. Je rêvais d’être artiste, mais aussi vétérinaire, ou alors biologiste… je suis resté très sensible aux causes environnementales, et très proche de la nature, qui me fait beaucoup de bien. Je fais souvent de la peau de phoque, du ski, du parapente. Ce sont d’ailleurs ces moments de sport qui me manquent le plus, depuis deux ans. J’ai vraiment travaillé à corps perdu et j’aimerais avoir à nouveau un peu de temps pour moi. Je rêve de reprendre du métier et faire de nouveaux films – je suis d’ailleurs en train de préparer un court métrage avec Albertine –, mais peut-être avec un peu moins de pression.

Quant à la Suisse et au monde, c’est difficile de les séparer! On vit dans un monde qui est tellement globalisé et interactif que je vais faire un souhait global pour les deux.

La Suisse est un bon exemple de démocratie et possède un système économique stable, mais je trouve qu’on vit aussi dans notre bulle. Je partage le type de préoccupations présentées dans le film de Ken Loach «Moi, Daniel Blake»: les riches sont toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres, on se lamente sur cette situation mais on n’agit pas concrètement pour faire changer les choses. J’espère donc que le monde va trouver un équilibre, que le peuple va avoir un peu plus de pouvoir et les multinationales un peu moins.»

«Que la paix arrive en Syrie»

Frédéric Maire dans une salle de cinéma
Frédéric Maire (photo: Christophe Chammartin/Rezo)

Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque suisse

«Personnellement, je nous souhaite, à ma famille et à moi, de rester en vie et en bonne santé. Chaque nouvelle journée, chaque nouvelle année que l’on expérimente est un bonheur. Sur le plan professionnel, je me réjouis que le chantier de notre Centre de recherche et d’archivage de Penthaz (VD) redémarre comme prévu courant 2017 et que l’on achève le bâtiment définitivement en 2019.

J’ai quelques éléments concrets qui me font dire que c’est un vœu qui, normalement, devrait se réaliser. Enfin, et même si ça peut paraître prétentieux, mon grand rêve serait que la paix arrive en Syrie. Je trouve complètement fou que l’on continue à bombarder, à massacrer, à détruire, à se battre depuis maintenant bientôt six ans que dure ce conflit et que l’on n’arrive pas à le régler, à le faire cesser. Il y a trop d’intérêts en jeu, tout le monde a l’air de se renvoyer la balle et c’est justement l’absence d’une possible résolution de cette guerre qui me terrifie.

Parce que des gens souffrent et meurent quotidiennement là-bas et que c’est inacceptable!»

«Accueillir Johnny dans mon émission»

Alain Morisod sur une Harley Davidson au bord du Lac Léman
Alain Morisod (photo: Nicolas Righetti/Lundi13)

Alain Morisod, 67 ans, musicien et animateur des «Coups de cœur»

«J’ai reçu beaucoup d’artistes que j’aime bien sur le plateau des «Coups de cœur» mais malheureusement jamais Johnny Hallyday. C’est un vieux rêve de l’accueillir et j’espère y parvenir en 2017. Car qu’on l’aime ou pas, c’est un symbole, quelqu’un qui compte.

Quand j’avais 11 ans, c’était une star, aujourd’hui j’en ai 67 et c’est toujours une star! Il tient vraiment une forme incroyable.

C’est le chanteur de ma vie, je connais toutes ses chansons. Ce serait vraiment très sympa de l’avoir. Et je ne désespère pas!

Une autre chose me tient vraiment à cœur:je rêve de voir les femmes enfin traitées à égalité avec les hommes au niveau salarial. Je trouve totalement indécent que ce ne soit pas encore le cas au XXIe siècle. Chez moi, je peux vous assurer que nous ne faisons pas de différence. Alors oui, mon rêve est que cela s’arrête. Car ce n’est peut-être pas du racisme à proprement parler mais cela y ressemble.»

«Que mes enfants trouvent leur chemin»

Brigitte Rosset de profil
Brigitte Rosset (photo: Nicolas Righetti/Lundi13)

Brigitte Rosset, 46 ans, humoriste et comédienne

«Quand j’étais petite, je rêvais d’avoir plein d’enfants et de travailler dans un jardin pour cultiver des fraises et des tomates. Aujourd’hui, j’ai bien un jardin. Je n’ai pas la main verte et j’utilise des techniques assez étranges, mais j’ai quand même réussi à faire pousser trois courges, cette année!

Je suis très heureuse dans ce que je fais, même si j’ai parfois des moments de doute. Je souhaite pouvoir continuer le plus longtemps possible à faire des spectacles qui me plaisent et qui donnent du bonheur. Mais mon plus grand rêve, c’est que mes trois enfants se réalisent, qu’ils trouvent leur chemin et qu’ils soient heureux. Cela paraît un peu bébête, mais j’espère vraiment arriver à leur faire comprendre qu’ils ont une valeur, et leur donner confiance en eux.

Quant à la Suisse, il ne faut pas oublier que c’est le berceau de la Croix-Rouge! Comme nous n’avons pas beaucoup d’influence sur les décisions qui sont prises au niveau politique, j’estime qu’il est plus important d’appliquer ses valeurs à son entourage, qui est son pays proche, et d’être un peu solidaire.

La seule manière de sauver le monde, c’est par l’amour. Et le fait d’améliorer le monde commence déjà par aider autour de soi sans faire de grands discours, non?

Pour ma part, je me suis engagée dans le comité de marrainage du mouvement «femmes suisses pour les filles du monde», de l’ONG Plan international. Je suis aussi marraine de l’AGIS (association genevoise pour l’intégration sociale). Je pense que le bénévolat est une belle manière de faire un acte politique. Enfin, que souhaiter pour le monde, si ce n’est qu’il se calme un peu? J’ai envie de dire à tous: montez en haut de la montagne, regardez un peu ce qui se passe, réfléchissez et prenez du recul avant de tout reprendre à zéro. Mais en faisant les choses juste et bien, cette fois-ci.»

«Faire tourner un spectacle au-delà des frontières»

Anne Bisang en train de s'élancer devant un rideau rouge sur scène.
Anne Bisang (photo: Guillaume Mégévand)

Anne Bisang, 55 ans, directrice artistique du TPR

«Assez tôt, j’ai ressenti le plaisir d’être sur scène. Déjà dans les moments de chanson devant le sapin, il y avait de la magie, de l’ailleurs, je me sentais à l’aise. Quand j’ai su qu’on pouvait en faire son métier, c’est devenu une évidence. J’ai des projets de création bien sûr. J’espère surtout être de plus en plus libre dans mon travail, retrouver ce mélange de gravité et d’insouciance de l’adolescence. En grandissant, on cherche à plaire, à se conformer et on perd ce qui nous appartient profondément. Mon rêve, c’est ça: pouvoir toucher un maximum de gens, faire tourner un spectacle au-delà des frontières, réussir à être le plus authentique possible.

A la Suisse, je souhaite de résister aux extrêmes et que le mouvement des femmes, qui a fait de belles choses pour l’égalité et la justice dans les années 70 notamment, renaisse et prenne de la vigueur.

Espérons pour le monde que les politiques mettent davantage la culture au cœur de leurs préoccupations. Pour l’heure, ils passent un peu à côté des valeurs immatérielles véhiculées par l’art et les artistes,

c’est pour cette raison que le monde est dur et âpre en ce moment…»

«J’ai toujours voulu être pilote»

Géraldine Fasnacht
Géraldine Fasnacht (photo: François Wavre/Lundi13)

Géraldine Fasnacht, 36 ans, snowboardeuse

«J’ai eu la chance de pouvoir déjà réaliser énormément de mes rêves, mais le jour où j’arrête de rêver, j’arrêterai de vivre! J’ai d’ailleurs tagué cette phrase dans mon garage: «Ne rêve pas ta vie, mais vis tes rêves.» Je pense qu’on est ici pour un court moment et qu’il est important de réaliser les choses qui nous tiennent à cœur. Ainsi, j’ai toujours rêvé d’être pilote. Je n’ai jamais eu les sous, puis n’ai pas été acceptée dans l’armée. Mais je suis en train actuellement de terminer ma licence… C’est important de garder ses rêves dans un coin de sa tête.

Moi, je n’ai jamais pensé faire de ma passion mon métier, et pourtant, c’est ce qui est arrivé! Il faut dire que j’ai la chance d’avoir des partenaires motivés, avec qui je partage beaucoup de belles idées depuis l’âge de 16 ans.

Quand je pense au reste du monde, j’aimerais qu’il y ait moins de guerres, et que les enfants arrêtent de souffrir. Même en Suisse, il y a des enfants qui souffrent, et c’est pour cela que j’essaie de m’investir personnellement pour eux. Mes parents et moi avons créé la Fondation Grégory et Didier peu de temps après la mort de mon frère et son ami. Elle permet d’offrir chaque été des camps destinés aux enfants défavorisés ou victimes de graves problèmes familiaux. Nous avons aussi fondé une maison en Roumanie qui permet aux orphelins d’appren­dre à lire, écrire, puis les aide à trouver du travail. Mon quotidien me prouve que l’effet boule de neige existe réellement!»

«Que l’on agisse face aux changements climatiques»

Raphaël Domjan sur le tarmac.
Raphaël Domjan (photo: Matthieu Spohn)

Raphaël Domjan , écoexplorateur et conférencier

«J’ai beaucoup de rêves. Mais celui auquel je pense le plus actuellement, c’est évidemment Solarstratos, notre projet de vol stratosphérique en avion solaire. J’espère que la machine se comportera correctement et que l’on puisse commencer à établir les premiers records. C’est un rêve qui est en train de se réaliser et l’année 2017 sera déterminante.

Soit ça marche et tout va bien, soit on se plante et l’aventure se transforme en cauchemar.

On devrait réaliser les premiers essais au début du mois de février, c’est tout proche…

Autrement, plus globalement, je poursuis un rêve depuis un certain temps déjà: que le monde prenne toujours plus conscience des changements climatiques et surtout agisse, investisse dans un vrai programme de production d’énergie renouvelable pour que notre société devienne durable. Œuvrer pour le bien de la planète, c’est vraiment ça qui m’habite et me fait avancer.»

«Terminer mon prochain livre»

Quentin Mouron  avec des traces de rouge à lèvres sur la joue, enlacé avec une femme de dos.
Quentin Mouron (photo: François Wavre/Lundi13)

Quentin Mouron , 27 ans, écrivain suisso-canadien

«Rêve ou idée fixe? Depuis tout petit, l’écriture revient comme un leitmotiv. Je voulais devenir écrivain, disons que c’est en cours de réalisation… Pour 2017, j’ai un vœu moral qui se renouvelle d’année en année. Victor Hugo disait: «Les bons mûrissent, les mauvais pourrissent.» J’aimerais rester dans la première catégorie. Continuer à pouvoir être fier de moi, même s’il y a des doutes, garder une ligne ascendante, me bonifier. Plus concrètement, j’espère terminer mon prochain livre, sur lequel je travaille depuis deux ans et demi. C’est un roman picaresque assez amusant, qui aborde des problèmes politico-économiques. Un défi que je me suis lancé, mais qui me prend beaucoup d’énergie.

Que souhaiter à la Suisse? Il paraît que les Helvètes ont sept partenaires sexuels au cours de leur vie. Alors souhaitons qu’ils soient excellents et que ce soient tous des bons coups… Pour le monde, si on pouvait limiter la souffrance çà et là, ce serait déjà pas mal.

Espérons une année plus pacifiée, un peu moins de dévastation, que les gens vivent le moins mal possible… Vous savez, je ne suis pas un grand optimiste.»

Texte: © Migros Magazine – Propos recueillis par Tania Araman, Patricia Brambilla, Véronique Kipfer, Viviane Menétrey, Laurent Nicolet et Alain Portner.

Auteur: Tania Araman, Patricia Brambilla, Laurent Nicolet, Véronique Kipfer, Alain Portner,
Viviane Menétrey

Illustrations: Amélie Buri