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23 septembre 2013

Respirer pour mieux méditer

Une pleine attention à sa respiration, voilà un premier pas vers la pratique de la méditation. Et une bonne manière de marquer un temps d’arrêt dans le rythme effréné du quotidien.

Une jeune femme médite en pleine rue en position de lotus
Respirer 
profondément permet 
de se calmer.
Portrait de Marc de Smedt
Marc de Smedt

Compliquée, la méditation? Pas si l’on en croit le journaliste et écrivain français Marc de Smedt, auteur, aux éditions Jouvence, d’un guide pour s’engager dans cette pratique issue du bouddhisme. Le problème, explique-t-il, c’est que nous autres Occidentaux, avons bien trop souvent tendance à confondre méditation et nirvana. Et à assimiler ce dernier, comme le décrivait si bien le maître zen Taïsen Deshimaru (dont Marc de Smedt a été le disciple pendant plus de dix ans), à un «feu d’artifice: on attend l’extase absolue, pleine de flashes cosmiques, et de surcroît, définitive!»

La méditation serait plutôt à envisager comme «un moment de calme pour respirer, un temps d’arrêt dans la course effrénée de nos journées, loin de l’agitation quotidienne et de nos préoccupations usuelles», définit le spécialiste français. Ou encore, pour reprendre les termes de Kelsang Jikgyob, enseignante au Centre de méditation Kadampa Atisha à Genève, comme «une manière de se familiariser avec ce qui nous apaise».

Tout cela est bien alléchant, mais encore faut-il y arriver! Qu’on se rassure, outre la possibilité de s’inscrire à l’un des nombreux cours, stages et séminaires de méditation qui fleurissent un peu partout en Suisse romande, il est aussi tout à fait envisageable de s’y mettre, ou tout au moins s’y initier, dans le confort de son salon.

Première étape: s’installer dans un endroit où l’on se sente à l’aise, le dos bien droit.

Nous le courbons trop souvent sous le poids de nos soucis et de nos pensées,

précise Marc de Smedt. Nous tenir droit nous permet de nous redresser non seulement physiquement, mais aussi psychiquement.» Si la position du lotus (ou demi-lotus, les jambes simplement croisées), préconisée par le Bouddha, s’avère la plus adéquate, elle n’est toutefois pas obligatoire: l’on peut également pratiquer la méditation assis sur ses genoux. Quant aux yeux, ils peuvent être clos ou mi-clos, cette dernière version «permettant d’être à cheval sur deux mondes, l’intérieur et l’extérieur».

La respiration comme moyen de prendre du recul

Inutile d’éviter les pensées, parfois négatives, qui ne manqueront pas d’affluer. «On ne discipline pas l’esprit avec l’esprit. C’est en se concentrant sur sa respiration que l’on parviendra à prendre du recul, jusqu’à devenir spectateur, et non plus acteur, de ses pensées.» Et Kelsang Jikgyob de renchérir: «Au bout d’un moment, le flot devrait diminuer.»

La respiration... Voilà bien le maître-mot – le gourou, comme se plaît à l’appeler Marc de Smedt – de la méditation, quel que soit le courant que l’on choisisse (lire encadré). «Nous parlons de respiration consciente, souligne-t-il. Pour reprendre les paroles du Bouddha:

quand j’inspire, je sais que j’inspire, quand j’expire, je sais que j’expire.»

Une attitude à adopter également à tout moment de la journée, lorsque nous nous sentons stressés, angoissés, submergés par les sentiments. «En respirant profondément, on parvient à se calmer.»

Le but à terme étant de pouvoir atteindre le même degré de recul et de relaxation en prenant le bus ou le métro, ou en nous baladant dans la nature. «Bien souvent, nous n’admirons même pas le paysage qui s’offre à nous, tant nous sommes pris dans nos pensées. En se recentrant sur notre respiration, nous sommes en mesure de mieux apprécier ce qui nous entoure et d’être pleinement conscient de ce que nous sommes en train de faire.»

Quant aux séances de méditation à proprement parler, il est bien entendu recommandé de les intégrer de manière assez régulière dans notre quotidien. «Sans pour autant que cela ne devienne une corvée, met en garde Kelsang Jikgyob. Il faut y prendre du plaisir, conserver une certaine légèreté.» A Marc de Smedt, le mot de la fin:

Cinq minutes quotidiennes suffisent: cela permet de donner le «la» de la journée.

Auteur: Tania Araman