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25 juillet 2016

Evologia ou les rêveries sous les feuillages

Situé à Cernier (NE), Evologia s’est donné pour mission de sensibiliser le public à la flore et à la faune en proposant des activités ludiques. Mais surtout, l’ambiance unique de ce site de 200 000 mètres carrés transporte les visiteurs dans un monde magique.

Jean-Luc Seiler, administrateur d’Evologia.

Au cœur du Val-de-Ruz, un paradis vert accueille les amateurs de fraîcheur et de calme. Son nom? Evologia. 200 000 mètres carrés – soit 25 terrains de football! – d’une nature aussi belle que didactique, destinés à la fois à ravir les visiteurs et à proposer un programme spécifique d’emplois temporaires. L’espace, situé à Cernier (NE), a d’abord été créé pour accueillir l’Ecole cantonale d’agriculture. Il est maintenant rattaché au Service de l’agriculture et soutenu par l’association à but non lucratif Pro Evologia.

Le site accueille neuf ateliers pour la réinsertion professionnelle, répartis en trois secteurs: l’hôtellerie-restauration, qui comprend la cuisine, le service et la buanderie, les infra­structures, soit l’intendance, le secrétariat, la conciergerie, la construction métallique, la mécanique et la menuiserie, et enfin tout le secteur horticulture,

explique Jean-Luc Seiler, administrateur et responsable du programme spécifique d’emplois temporaires. Cela représente actuellement une équipe de quarante-trois personnes.»

Mais en sus de sa mission d’intérêt public, Evologia, «c’est aussi un espace immense dont le but est d’attirer les familles», souligne le responsable. Pour ce faire, l’association organise chaque année de nombreuses manifestations et activités ludiques. Quelques points forts à découvrir dans le parc:

La colline aux lapins

Niché au centre d’un labyrinthe en saules, cet espace flambant neuf et sécurisé au sol accueille une partie des protégés de l’association romande «La Colline aux lapins». Il se compose d’espaces où ces derniers peuvent se cacher et gambader, et de collines qui favorisent leur comportement naturel: creuser des terriers, ronger des végétaux...

En sus d’accueillir des lapins abandonnés – l’association en reçoit environ 300 par année! –, le parc et le refuge annexé ont pour mission de mieux informer le public sur leurs résidents à longues oreilles. Car non, ceux-ci ne sont pas de jolies peluches à triturer à volonté. Ce sont des animaux à fort caractère, dont le comportement change à l’adolescence – vers l’âge de 6 mois. Durant un certain temps, ils n’aiment alors plus être touchés et commen­cent à marquer leur territoire. Saviez-vous par ailleurs que ce ne sont pas des rongeurs? «Ce sont des lagomorphes, explique Chantal, l’une des deux bénévoles qui accueille les visiteurs ce jour-là. Mais comme les rongeurs, ils ont des dents qui poussent sans arrêt et ont besoin d’être usées, sous peine de graves problèmes engendrant de gros frais vétérinaires.»

On apprend également que les lapins ne doivent manger que du foin et de l’herbe, avec quelques légumes et très peu de fruits. Et qu’il faut absolument les stériliser ou les castrer, leur garantir un compagnon de jeu et un espace de vie d’au moins 6 m2.

Mais on fait aussi découvrir aux gens que le lapin est un animal très intelligent, à qui on peut enseigner de nombreux tours,

souligne Valentine, l’autre bénévole. Et qu’il est tout à fait possible de développer une interaction avec lui sans le prendre dans les bras.»

Les Jardins Extraordinaires

Du bois des thérophytes – dans lequel s’enroulent et se dérou­lent de gracieuses spirales – à un dédale de verdure, en passant par des sculptures de verre et la flore boréale qui fait la magie d’Evologia depuis quatre ans, Roger Hofstetter, paysagiste et responsable des Espaces verts, convie à nouveau le public à une plongée enchantée dans la végétation. Depuis 2012, ses Jardins Extraordinaires s’inscrivent dans un cycle de créations artistiques. Ainsi, un partenariat avec la Saline royale d’Arc-et-Senans (F) permet cette année de s’initier aux mystères du chèvrefeuille.

L’idée est d’intégrer l’environnement au monde végétal, de manière à créer un univers homogène et évolutif,

explique le concepteur. Les Jardins se développent ainsi dans l’éphémère sur 2, 3, 4 ans et présentent une face toujours nouvelle et surprenante.»

Le public passe ainsi, au gré de ses déambulations, du labyrinthe en saules à un parcours dans le Jardin des sculptures, et des Potagers extraordinaires cultivés par des classes primaires au Gulliver de bois, peu à peu recouvert de plantes grimpantes.

Le Jardidactic

Sur 7200 m2, l’Ecole des métiers de la terre et de la nature présente le jardin dans ses différents contextes, qu’ils soient habités, forestiers ou agricoles. Vingt-quatre panneaux didactiques dévoilent au visiteur toutes les collections végétales et constructions paysagères imaginables.

Ainsi, par exemple, con-naissez-vous la différence entre un jardin naturel et un jardin antistress? Le premier fait la part belle à la colonisation naturelle par les plantes sau­vages et dispose de milieux naturels variés qui favorisent l’installation de la faune locale. Le second offre à la fois protection et vue dégagée, se situe loin des bruits gênants et présente une harmonie de couleurs et de végétation. Par ailleurs, savez-vous ce que sont les topiaires? Tous les arbres et arbustes taillés dans un but décoratif.

Mais ce passionnant parcours didactique permet aussi de découvrir bien d’autres éléments, comme la manière de construire un muret en pierres sèches: on prévoit une base stable et on choisit des pierres résistantes au gel, qu’on place légèrement en pente vers le centre du mur. Chaque pierre est posée de manière stable, en croisant les joints. Tous les interstices sont comblés avec des pierres aussi grandes que possible, avant de passer à la couche suivante. On apprend également quelles sont les différentes formes de haies – taillée, basse, arborée ou arbustive – et leur entretien, ou encore la technique du tressage, qui permet de créer des bordures faites de branches entrelacées.

Bien d’autres découvertes encore

Un Espace Abeilles où l’on découvre un rucher didactique, mais aussi plein d’informations sur les différentes sortes de ruches existantes. Une expo­sition Le sol par-dessus et par-dessous, qui propose un potager suspendu et une caverne aux vers de terre. Un parc qui regroupe les animaux des plus petits – les poules naines – aux plus grands – les moutons –, avec les humains au centre des enclos et les animaux autour…

A Evologia, il y a de quoi occuper facilement une journée entière, «et tout est gratuit!»

ainsi que le souligne Jean-Luc Seiler. Le site étant en constante évolution, il permet également des surprises renouvelées au fil des saisons. 

Texte: © Migros Magazine | Véronique Kipfer

Auteur: Véronique Kipfer

Photographe: Mathieu Spohn