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30 mars 2017

San Francisco, l’anticonformiste

De la ruée vers l’or aux millionnaires de la Silicon Valley en passant par la Beat Generation, la cité californienne se distingue toujours par son esprit d’ouverture. Balade dans la ville de tous les possibles au gré de ses quartiers.

Le Golden Gate, l'un des monuments les plus emblématiques de San Francisco.
Le Golden Gate, l'un des monuments les plus emblématiques de San Francisco. (Photo: iStock)

Il y a des maisons bleues, des lions de mer, des rues pentues à en avoir le vertige, des Cable Cars, des hipsters barbus appliqués à devenir millionnaires dans la Silicon Valley, des sans-abri, du vent, des palmiers, l’océan Pacifique et le pont du Golden Gate, bien sûr. San Francisco, ville hippie devenue le repaire des «startupers», cité des libertés et du rêve américain, mais aussi refuge des laissés-pour-compte, concentre un peu de tout cela dans un petit carré de 11 kilomètres sur 11.

Ses quartiers sont les témoins de mille vies, transfigurés au gré des vagues d’immigration. Du Castro et de ses icônes gay à l’italien North Beach et au chinois Chinatown, du replat d’Union Square et de son quartier d’affaires aux berges de Fisherman’s Wharf où les touristes se pressent pour saluer les lions de mer vautrés au Pier 39, tout traduit l’esprit unique qui règne dans la cité de la côte ouest.

On se balade, en baskets de rigueur, au gré des avenues qui quadrillent la ville. On se laisse envoûter par le charme de Sausalito, petit port de plaisance autrefois repaire la contre-culture à la vue imprenable sur Alcatraz et la ville. On se prend à rêver aux héros des Chroniques de San Francisco nés sous la plume d’Armistead Maupin, à la ruée vers l’or et à Levi Strauss, natif des lieux qui inventa le fameux blue jean dans cette ville de tous les possibles baignée des vents du Pacifique. A découvrir et redécouvrir le temps d’une virée sur la côte ouest des Etats-Unis.

Sausalito: Maisons flottantes et «chowder»

Sausalito, le lieu bobo par excellence.
Sausalito, le lieu bobo par excellence. (Photo: iStock)

Autrefois lieu de la contre-culture et ville flottante unique grâce à ses maisons bateaux («houseboats») habitées par les hippies, le petit port de Sausalito a pris de la bouteille. Les maisons flottantes et leurs jolies façades colorées sont certes toujours là, mais certaines se sont transformées en de véritables résidences de luxe. Aujourd’hui colonisée par les millionnaires de la Silicon Valley qui apprécient la vue depuis ses maisons accrochées à la colline, Sausalito est le lieu bobo par excellence. On se prélasse sur l’une des nombreuses terrasses ouvrant sur la baie avec vue plongeante sur Alcatraz, le Bay Bridge et les gratte-ciels de San Francisco en savourant un «clam chowder», l’incontournable soupe de palourdes originaire de la Nouvelle-Angleterre. Allez-y en bus (le 92 depuis la station à l’angle de Market Street et de la 7e Rue) et traversez ainsi le mythique pont du Golden Gate. Pour le retour, préférez le ferry à la route qui vous donnera l’occasion d’admirer le Golden Gate Bridge et de passer à côté d’Alcatraz. www.ci.sausalito.ca.us

Castro et Mission District: Fresques et quartier gay

Le Castro Theater, cinéma emblématique de Mission District.
Le Castro Theater, cinéma emblématique de Mission District. (Photo: iStock)

Au Castro, les passages cloutés ont la couleur de l’arc-en-ciel et la place Harvey Milk, du nom du conseiller municipal ouvertement homosexuel assassiné en 1978 avec le maire de la ville, donne le ton. Cœur de la communauté gay, le quartier se distingue aussi par son emblématique cinéma, le Castro Theater à l’architecture de style baroque colonial espagnol qui rappelle celui de la basilique de la mission Dolores à l’angle de la 16e Rue et de Dolores Street.

Nous voilà d’ailleurs à l’entrée de Mission District, le plus vieux quartier de la ville, repaire de la communauté hispanique et des «murals», fresques bigarrées qui barrent les façades et évoquent des points de vue sociaux et politiques, des événements historiques. Ne manquez pas le Torantsin Renace qui évoque la mère des dieux aztèques aux numéros 3501-3509 de la 16e Rue. www.sfmuralarts.com

Chinatown et North Beach: Raviolis et Beat Generation

Les ruelles ornées de lampions du quartier chinois (Grant Avenue).
Les ruelles ornées de lampions du quartier chinois (Grant Avenue).(Photo: iStock)

Jack Kerouac et sa Beat Generation y ont élu domicile dans les années 1950, plus précisément au 255 Columbus Avenue qui abrite le mythique café Vesuvio où sa bande aimait se retrouver, au croisement de Chinatown et de North Beach. Il faut dire que ce café où l’on croise encore quelques excentriques fait face à la librairie City Lights Bookstore, repaire des écrivains Beat.

«North Beach, c’est aussi Little Italy, là où les immigrants débarqués de la Botte ont ouvert pizzerias et restaurants de pâtes avant de filer faire du vin dans la Napa Valley», raconte Wes, notre guide. On se perd en sa compagnie entre l’emblématique Transamerica Pyramid, le plus haut gratte-ciel de la ville («Notre tour Eiffel») et les ruelles ornées de lampions du quartier chinois (Grant Avenue) en dégustant des raviolis au son d’un concert de rue improvisé avec un vieux coiffeur chinois avant de tourner dans Columbus Avenue.

A quelques blocs, Francis Ford Coppola a écrit Le Parrain au Caffè Trieste. On remonte l’artère pentue sous l’œil de la longiligne Coit Tower, chef-d’œuvre Art déco qui toise les visiteurs depuis Telegraph Hill, le regard attiré par les cafés et trattorias. Arrêtez-vous à l’angle de Broadway pour admirer le Jazz Mural, trompe-l’œil de Bill Weber qui marque la frontière entre North Beach et Little Italy. Flânez dans Grant Avenue au gré de ses façades colorées où se succèdent restaurants chinois et italiens, vieux disquaires et bouti­ques vintage jusqu’au croisement avec Lombard Street pour contempler au loin sur Russian Hill le zigzag de voitures descendant les huit virages fleuris de cette pente vertigineuse. www.wildsftours.com

Hayes Valley: Gastronomie et vieux containers

Nouveau lieu qui monte, Hayes Valley autrefois populaire héberge désormais les hipsters travaillant à la Silicon Valley.
Nouveau lieu qui monte, Hayes Valley autrefois populaire héberge désormais les hipsters travaillant à la Silicon Valley. (Photo: iStock)

Le dernier chic à Hayes Valley? Ouvrir sa sandwicherie, son «beer garden» ou sa gelateria dans un vieux container autour de Patricia’s Green. C’est dans ce petit square, à l’angle de Fleet Street et d’Octavia Boulevard, qui accueille au gré des saisons des œuvres d’art design que rendez-vous à été donné pour entamer notre «gourmet walk». Une façon ludique et gourmande de découvrir à pied un quartier à travers sa gastronomie dont les San-Franciscains raffolent.

Nouveau lieu qui monte, le quartier autrefois populaire héberge désormais les hipsters travaillant à la Silicon Valley. Les prix des loyers et des menus des restaurants s’en ressentent: ici, on ne veut que le meilleur. Le long de Gough Street, les enseignes aux noms français, italiens ou mexicain se succèdent. Enfin, impossible de faire l’impasse sur Alamo Square et ses célèbres Painted Ladies, ces maisons victoriennes dont les façades colorées se sont retrouvées dans maintes séries et films. www.gourmetwalks.com

Textes: © Migros Magazine | Viviane Menétrey

Auteur: Viviane Menétrey