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11 janvier 2016

«Je pensais qu’il n’avait qu’un rhume»

La chronique de Sandrine Viglino, humoriste.

Sandrine Viglino photo
La chronique de Sandrine Viglino, humoriste.

Le soir du 31 décembre, je sors avec mon mari* pour souhaiter la bonne année à mes voisins. Bon, il faisait froid, on aurait dû se couvrir. Moi, j’ai attrapé un petit refroidissement, rien de grave. Je peux continuer à assurer les invitations de janvier, mon travail, le ménage et la cuisine… et mon rôle d’infirmière à domicile. Parce que mon mari, c’est terrible. Je pensais qu’il avait juste un refroidissement, comme moi… mais je me trompais! Quand je lui ai demandé de m’aider pour l’aspi, il m’a dit… «qu’il n’a pas du tout un petit refroidissement. Qu’il est en train de décéder sur le canapé au bilieu des bouchoirs froissés (dans son état, c’est impossible de les jeter dans la corbeille), qu’il a probablement une infection rare des bronches, que ça n’a rien à voir avec le fait qu’il n’a pas bis la veste pour sortir à binuit et que je ferais bien de me rendre compte qu’il ne sera sûrement plus là pour me souhaiter bonne année l’an prochain!»

Qu’est-ce qui fait que les virus s’acharnent autant sur les hommes et si peu sur nous, les femmes? Que là où nous voyons un mal de tête, que nous pensons dû à la grappa de la veille mélangée à la gentiane, c’est en fait

certainement une tumeur au cerveau qui s’est développée sur l’AVC et qui va probablement provoquer une rupture d’anévrisme».

Que non, ce n’est pas une petite écharde dans le doigt, «c’est une blessure qui pourrait bien infecter toute la main, puisqu’on voit l’os… et non, tu ne peux pas regarder, ça va faire entrer des microbes qui vont encore accélérer la gangrène qui commence. Qu’il vaudrait mieux aller montrer ça à un spécialiste avant de perdre l’usage de sa main droite. Voire du bras. Du reste, à force de me mettre en doute, tu me stresses et je sens des douleurs dans l’épaule. Il se pourrait bien que la gangrène soit rattrapée par un infarctus à cause de toi!»

Cette différence de point de vue est-elle le fait que femmes et hommes ne sont pas égaux devant la maladie, ou simplement que peut-être, éventuellement, j’dis-ça-j’dis-rien, l’homme serait un peu hypo­condriaque? Nan… ça se saurait!

Je vous souhaite donc une Bonne Année et surtout une Bonne Santé! D’ailleurs, si vous voulez garder la santé pour 2016, un seul conseil: soyez une femme!

* nom connu de la rédaction

Texte © Migros Magazine – Sandrine Viglino

Auteur: Sandrine Viglino