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19 août 2013

«Difficile de passer des vacances plus sauvages»

Sharon Ratnam, 35 ans, pédiatre à Lausanne, est partie huit jours au Spitzberg en 2011. Au programme: treks, kayak... et grands espaces.

Sharon Ratnam à bord d'un kayak
Sharon Ratnam: «Pendant une semaine, nous étions coupés du monde.»

La nuit, nous organisions des tours de garde, au cas où un ours blanc se serait approché... Nous portions chacun un stylo alarme autour du cou, nous n’avions pas le droit de l’enlever. Et notre guide transportait une arme.» En voyage organisé au Spitzberg, île norvégienne située au-delà du cercle polaire, Sharon Ratnam ne s’est bien heureusement jamais retrouvée nez à nez avec l’un de ces impressionnants plantigrades. «D’ailleurs, sur le moment, toutes ces précautions nous faisaient presque un peu rire, se souvient-elle. Mais à mon retour, j’ai appris qu’un Anglais s’était fait attaqué par un ours dans des circonstances un peu similaires. Je ne sais pas si je serais partie si j’avais su cela avant...»

Aucun regret toutefois pour cette pédiatre de 35 ans.

J’ai adoré ce voyage. Un bateau nous a déposé au début du séjour, et pendant une semaine, nous étions vraiment coupés du monde.»

Si elle n’a pas vu l’ours, son chemin a en revanche croisé celui de petits phoques et il est arrivé que des rennes traversent le campement du groupe, «comme si de rien n’était. En fait, là-bas, on est chez eux. Le contact avec la nature est plus fort que lors d’un safari par exemple. Difficile de passer des vacances plus sauvages...»

Ce qui l’a poussée à se rendre dans des contrées si reculées? «J’ai toujours voulu voir des icebergs. Mon rêve, c’était d’aller en Patagonie. Puis quand j’ai vu l’image du Spitzberg dans le catalogue de l’agence avec laquelle je suis partie, ça m’a tout de suite fait envie.» La voilà donc en route en juillet 2011 pour ce séjour placé sous le signe des grands espaces... et du sport.

«Nous randonnions ou nous faisions du kayak entre six et huit heures par jour. C’était un challenge au niveau physique, mais je m’en suis assez bien sortie.»

Si elle a apprécié ce voyage en groupe – elle a renouvelé l’expérience en Jordanie et en Egypte – elle a redécouvert le plaisir des voyages en solitaire: «J’ai passé cinq semaines entre l’Inde et le Bouthan. Partir seule, c’est la meilleure manière de s’imprégner d’un pays.»

Et pour en revenir au Spitzberg, quel est son meilleur souvenir? «Les paysages sont extraordinaires: tout est nouveau et il fait jour 24 heures sur 24. J’ai également adoré les sorties en kayak, surtout la sensation de glisser au milieu des icebergs...»

Auteur: Tania Araman

Photographe: Corina Vögele (illustration)