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1 juillet 2013

«Là-bas, il faut accepter qu’on n’est pas maître de tout»

Jérémie Thirion, 28 ans, infirmier à Genève, a choisi de prendre sur ses congés pour prêter main-forte à un dispensaire malgache.

Illustration avec Jerome thirion sous un baobab et avec un lémure à ses pieds
Jérémie Thirion: «Là-bas, il faut accepter qu’on n’est pas maître de tout».

Une vallée verte, sans béton ni lignes à haute tension. Les seules marques visibles d’une présence humaine sont les rizières, les troupeaux de zébus et de petites maisons de terre. Nous sommes dans la vallée de Tsaranoro, sur l’île de Madagascar. Là où se situe le petit dispensaire d’Andonaka, à quelque 60 km de la ville la plus proche.

C’est ici que Jérémie Thirion a décidé de poser ses valises pour sept semaines au début de l’année 2011. Infirmier aux Hôpitaux universitaires de Genève, le jeune homme a pris congé pour réaliser ce voyage à but humanitaire. «Je préfère le terme solidaire, rectifie le soignant. Ce n’est pas une région en situation de crise sanitaire, les habitants y ont tous un toit, de l’eau en abondance et du bétail pour se nourrir.

Je ne me suis pas rendu là-bas pour y amener mon savoir mais pour apprendre moi-même une autre médecine.

Et les tâches son variées: «Beaucoup de «bobologie», des dépistages du paludisme, et quelques naissances chaque mois. Mais aussi des accidents plus graves, par exemple des éleveurs blessés par leurs zébus.»

Si Jérémie aime partager son expérience pour motiver d’autres à s’engager sur le même chemin, il émet quand même quelques mises en garde. «Là-bas, il faut accepter qu’on n’est pas maître de tout. Une fille de mon âge est décédée d’une probable méningite lors de mon séjour. Chez nous elle aurait eu plus de chances de s’en sortir, mais en brousse il est complexe d’orienter des cas graves vers l’hôpital, car cela coûte très cher aux familles.»

Une seconde visite pour poursuivre l’expérience

En avril dernier, l’infirmier est retourné dans le même dispensaire pour une durée de trois semaines. Dans ses bagages, il a emporté des médicaments et des carnets de santé tout neufs pour distribuer sur place. «Lors de mon premier voyage, j’ai remarqué que les documents qui accompagnent les patients étaient conçus dans un papier de mauvaise qualité. Avec l’humidité ambiante, ils étaient très vite illisibles. J’ai donc récolté des fonds en Suisse par l’intermédiaire de l’association «konsept of Charity» pour fabriquer de nouveaux carnets de santé dans un matériel de meilleure qualité.»

A quand la prochaine visite sur l’île? «Le plus tôt possible!» répond celui que les habitants de la vallée du Tsaranoro ont déjà pris l’habitude d’appeler «Monsieur Dzélémi».

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Auteur: Alexandre Willemin