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15 juillet 2013

«Pour moi, les vacances, c'est être loin de tout»

Jean-François Robert, 62 ans, photographe-aventurier, La Chaux-de-Fonds, raconte l'un de ses voyages au Zanskar.

Découpage montrant Jean-François Robert.

Les plages qui sentent l’huile solaire et la bière, ce n’est pas mon truc! Pour moi, les vacances, c’est être loin de tout, un peu paumé comme au Zanskar où je me suis déjà rendu sept fois pour faire des treks alpins.

Le mot aventure a encore une signification là-bas. Ce n’est pas comme dans les Alpes où il y a trop de monde, trop de manque de respect, trop de pollution, trop de luxe dans les cabanes…

Plus jeune, je faisais de l’alpinisme dans l’Himalaya. Aujourd’hui, en arpentant cette région du Ladakh, en passant des cols à plus de 6000 mètres d’altitude, je retrouve les paysages, les sommets et l’ambiance de cette époque. Et c’est un coup de cœur que j’aime partager avec des amis, des connaissances. Je ne me lancerais jamais dans pareilles marches – elles durent quand même entre dix-huit et vingt et un jours – avec de parfaits inconnus!

Tu ne vas pas en touriste dans ces contrées-là. Tu vas échanger avec les habitants, tu vas t’imprégner de leur culture.

On est dans le monde du bouddhisme; il y a une sagesse et une générosité chez ces gens qui feraient pâlir n’importe quel Européen. Le peu qu’il leur reste, ils te le donnent! Avec eux, perdu dans ce milieu très minéral, tu redécouvres la vraie valeur de la vie.

Lors de mon dernier trek, c’était au Bhoutan cette fois-ci, j’ai convié porteurs et guide à venir goûter la fondue dans notre tente. Ils ont adoré, surtout le fait qu’on les invite sous notre toile parce que ça ne se fait pas d’habitude! Pour nous remercier, ils nous ont offert une liqueur dans laquelle flottaient des petits vers. Je ne sais pas si cette mixture possédait, comme ils le disaient, des vertus aphrodisiaques, mais une chose est sûre, c’est qu’elle était absolument imbuvable!»

Auteur: Alain Portner

Photographe: Corina Vögele (illustration)