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28 mars 2016

Soigner avec le LSD

Le saviez-vous? La chronique d'Isabelle Kottelat.

Un homme penché au-dessus d'un bassin d'eau en forme de tête humaine.
Isabelle Kottelat.
Isabelle Kottelat.

On est en passe d’aller rechercher le LSD et autres drogues hallucinogènes (champignons, mescaline, peyotl) et de les remettre dans l’armoire à pharmacie. Pour soigner une petite déprime saisonnière? Pas loin.

Forts d’une étude sur 130 000 Américains, les chercheurs norvégiens Teri S. Krebs et Paal-Oerjan Johansen affirment que ces drogues hallucinogènes ne sont ni toxiques ni additives et que leur usage n’a pas d’effets négatifs sur la santé. Bien au contraire! Paal-Oerjan Johansen préconise le LSD pour lutter contre l’alcoolisme! D’ailleurs, le LSD a déjà été utilisé avec succès dans le traitement de la douleur, de l’anxiété et de la dépression des patients cancéreux en fin de vie. Tandis que le psilocybe des champignons magiques – «Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi» – est testé contre la dépression.

S’étonner, c’est oublier que le LSD a été synthétisé pour la première fois en 1938 par deux chimistes suisses, Arthur Stoll et Albert Hofmann, qui travaillaient sur l’utilisation thérapeutique de l’ergot de seigle dont le LSD est dérivé. Ils le destinaient au traitement des troubles mentaux: le LSD a été expérimenté en milieu psychiatrique, utilisé contre la toxicomanie au Canada dans les années 1950, testé en Suisse à la fin des années 1980 dans les troubles du comportement alimentaire et les états dépressifs. Alors même que sa stupéfiante sortie dans la rue et les concerts de rock signait sa condamnation publique dès 1971.

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat