Archives
9 septembre 2013

Musiciens main dans la main

Dans le cadre du festival St-Prex Classics, le violoncelliste star Gautier Capuçon a parrainé le pianiste Joseph-Maurice Weder, lauréat de deux prix d’études du Pour-cent culturel Migros, et le clarinettiste Pedro Franco-López.

Pedro Franco-López, Joseph-Maurice Weder et Gautier Capuçon en pleine répétition dans l’église romane de Saint-Prex.
Pedro Franco-López, Joseph-Maurice Weder et Gautier Capuçon en pleine répétition dans l’église romane de Saint-Prex. (photo: François Wavre - Rezo)

Attention, on perd un peu en énergie sur la fin de la variation», «un peu moins fort, ici», «n’oublie pas de marquer un temps de respiration». Dans l’église romane de Saint-Prex (VD), le violoncelliste français Gautier Capuçon, qui donne près de cent cinquante concerts par an aux quatre coins de la planète, distille en anglais ses conseils au pianiste suisse Joseph-Maurice Weder et au clarinettiste espagnol Pedro Franco-López. Tous ensemble, ils répètent une ultime fois le trio Gassenhauer de Beethoven peu avant le concert organisé dans le cadre du St-Prex Classics.

Vidéo: Gautier Capuçon au festival St-Prex Classics 2013: impressions. Source: Migros Magazine / Youtube

Initié par Hazeline van Swaay, le festival, qui marie les genres comme aucun autre, a également le souci de promouvoir les jeunes talents. Les heureux élus sont ainsi invités une première fois à se produire seuls ou en petite formation dans l’église, avant de pouvoir monter, l’année suivante, sur la scène principale pour jouer avec un orchestre symphonique.

La formule ne pouvait que séduire le Pour-cent culturel Migros qui, lui aussi, vient en aide à des musiciens prometteurs et est donc logiquement devenu partenaire de la manifestation.

Une fois la répétition terminée, Joseph-Maurice Weder, lauréat de deux prix d’études et présenté sur la plateforme Découverte de talents du Pour-cent culturel Migros , confirme: «Grâce à cette institution, j’ai déjà pu me produire de nombreuses fois sur scène. C’est très précieux, car plus je joue, plus je peux montrer aux gens de la profession ce que je vaux. Par ailleurs, il n’est pas rare qu’un concert débouche sur un autre engagement.»

A Saint-Prex, le jeune Suisse se réjouit de jouer avec Gautier Capuçon: «J’aime surtout le fait qu’il ait su rester très simple. Ce n’est pas le concert d’une star et de deux jeunes musiciens, mais celui de trois solistes.»

Pedro Franco-López poursuit:

Gautier Capuçon a proposé des idées pour interpréter ce trio de Beethoven, mais il n’a rien imposé. Du coup, comme nous sommes vite tombés d’accord, les répétitions d’hier et d’aujourd’hui ont été plus courtes que prévu.

Il est maintenant 18 h, et le concert débute dans trente minutes à peine. Il est temps de filer par une petite porte dérobée pour aller se changer et laisser entrer le nombreux public qui attend déjà sur le parvis de l’église.

Durant le concert, les regards et sourires scellent une nouvelle complicité professionnelle et peut-être même une amitié naissante.

Puis, une fois les dernières notes du trio évanouies dans la nef, Gautier Capuçon laissera longtemps, preuve de grandeur, les deux jeunes talents seuls sur scène recevoir des applaudissements nourris. «Joseph-Maurice et Pedro sont des musiciens merveilleux avec une assurance incroyable», explique Gautier Capuçon au sortir de l’église avant d’être rapidement enveloppé d’une foule d’admirateurs.

Quelque peu à l’écart, les deux jeunes musiciens n’ont pas, eux, l’honneur des autographes. Du moins pas encore.

Auteur: Pierre Wuthrich