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18 avril 2016

Un homme de glace

Le double champion du monde Stéphane Lambiel n’a jamais rangé les patins. Entre ses spectacles à travers le monde et l’ouverture d’une école de patinage à Champéry (VS), toutes les occasions sont bonnes pour garder les lames aux pieds.

Stéphane Lambiel photo
Stéphane Lambiel n’a jamais pu se résoudre à ranger ses patins.

Une armada de légendes

«Je vis dans un frigo, c’est ça mon existence. L’avantage, c’est que ça conserve!» Ce matin de grand beau, comme souvent, Stéphane Lambiel va s’enfermer dans une patinoire. Les spectacles ont remplacé la compétition.

Ainsi le 22 avril à Genève aura lieu une nouvelle édition de «Ice legends». Le principe est simple: Stéphane invite des icônes du patinage à venir présenter le programme qui a marqué leur vie.

Il y aura aussi des numéros inédits que j’ai chorégraphiés et qui seront accompagnés par une pianiste live.»

Et d’égrener quelques noms: Tatiana Volosozhar et Maxim Trankov, les champions olympiques à Sotchi, la Japonaise Mao Asada, trois fois championne du monde. Ou encore le Russe Ilia Kulik, champion olympique à Nagano en 1998. «Enfant, je le regardais à la télé, j’étais un grand fan.»

Si l’on s’étonne de la présence du Français Brian Joubert dont la rivalité avec Stéphane Lambiel nourrissait les gazettes, il tempère: «Je crois qu’il y avait surtout une rivalité entre nos deux mères dans les gradins. Au début elles s’entendaient bien, jusqu’au jour où nous nous sommes trouvés en compétition pour une médaille…» Sinon, Stéphane Lambiel a créé une école de patinage à Champéry (VS): «Après la déception de ne pas voir de patineurs suisses aux JO de Sotchi, je me suis dit que c’était maintenant qu’il fallait faire bouger les choses.»

Une journée avec Stéphane Lambiel

8h00 Consultation du planning «Cela peut paraître surprenant mais j’en suis toujours à l’agenda papier, malgré les pressions pour que je passe à l’électronique. Cet agenda, c’est une fan qui me l’offre chaque année avec des notations de sa main. Par exemple à la date du 23 mars, elle a indiqué que c’était les 10 ans de mon deuxième titre de champion du monde.»

8h30 Quartier du Flon
J’avais 19 ans lorsque je me suis installé à Lausanne pour commencer l’uni. Je me suis vite rendu compte que c'était impossible de concilier le patinage et les études mais j’adorais cette ville. Venant de Saxon, ça paraissait New York. J’y ai construit mes réseaux.

10h00 A la patinoire des Vernets«C’est un vestiaire historique. Ici, j’ai pleuré, j’ai ri, j’ai enlevé mes patins pour terminer ma carrière. C’est le vestiaire de mon coach Peter Grütter, et c’est aussi un peu sa deuxième maison, une vraie caverne d’Ali Baba.»

10h20 Sur la glace«Etre seul sur la glace, pouvoir faire le spectacle, c’est mon truc depuis tout petit. Ce que j’aimais beaucoup aussi dans le patinage, c’était qu’il y avait de la musique. Enfant, je passais mes journées à danser dans le salon. Ma grand-mère était mon public.»

13h00 Au pub avec Peter Grütter«Je patine à Genève parce que mon coach y enseigne. Même si je ne m’entraîne plus avec lui, j’aime bien l’avoir à mes côtés. On se connaît depuis plus de vingt ans. C’est ma maman qui l’a trouvé, elle avait remarqué dans les compétitions de jeunes que ses élèves patinaient mieux que les autres.»

16h00 Au bord de l'Arve«Quand je pense à ma carrière, ce que je garde, c’est tout le chemin parcouru et tous les gens qui ont partagé ces moments, mon entraîneur, ma chorégraphe, ma préparatrice physique, mes parents et un fan-club incroyable qui me suivait partout.»

17h00 Départ des Vernets «Ce sport, j’y ai donné tellement de moi-même depuis l’âge de 7 ans que ce n’était pas envisageable de lâcher les patins. Je continue à faire des spectacles et à me produire partout dans le monde, particulièrement au Japon, le pays qui m’a le plus marqué, de par les gens, la cuisine, la mentalité.»

Texte: © Migros Magazine / Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Isabelle Favre