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14 avril 2014

Steps: Migros entre dans la danse.

Dans le cadre du festival de danse du Pour-cent culturel Migros, le Ballett Zürich sera en tournée en Suisse romande. A cette occasion, Nora Dürig, ballerine au sein de la prestigieuse compagnie, présentera trois exigeantes nouvelles chorégraphies.

Nora Dürig
Nora Dürig, ici devant l’opéra de Zurich, a intégré le ballet de la vénérable maison il y a sept ans (photo: Gian Marco Castelberg).

Zurich, un soir de printemps: sous un ciel sans nuage, la coupole de l’opéra scintille au soleil couchant. Dans le crépuscule naissant, la grande bâtisse blanche semble affranchie des lois de la pesanteur, comme si les statues ailées qui trônent sur le toit l’entraînaient vers l’azur.

L’intérieur du bâtiment est tout aussi majestueux – du moins les pièces accessibles au public. Par exemple, la grande salle est ornée de fresques au plafond, de stuc doré et de lourds rideaux de velours. Mais Nora Dürig, danseuse au sein du Ballett Zürich, connaît également les recoins plus modestes de l’édifice. Actuellement assise dans un vestiaire d’une grande simplicité, la jeune femme de 26 ans sort d’une longue journée d’entraînement et de répétition.

Chaque chorégraphe développe son propre langage corporel

La ballerine sera bientôt sur scène à l’occasion du festival Steps. Organisée tous les deux ans par le Pour-cent culturel Migros, cette manifestation accueille des compagnies parmi les plus prestigieuses au monde. Les représentations ont lieu dans trente-cinq localités disséminées dans tout le pays. Cette année, le coup d’envoi sera donné par le ballet de l’opéra de Zurich, qui présentera sa production Notations le 24 avril prochain avant de partir en tournée en Suisse romande.

Le spectacle a été élaboré par trois chorégraphes de renom, l’Anglais Wayne McGregor et les Allemands Marco Goecke et Christian Spuck. Un défi pour les danseurs qui doivent s’adapter à trois langages différents. Il en faut toutefois plus pour effrayer Nora Dürig, qui découvre avec enthousiasme les trois nouvelles chorégraphies.

«Les mouvements imaginés par Marco Goecke, par exemple, sont très anguleux, rapides et en même temps minimalistes», explique-t-elle. La star qu’est Wayne Mc Gregor a quant à elle un style particulièrement exigeant, créant des enchaînements aussi bien classiques que modernes. «Chaque fois que nous exécutons ses pas, nous devons pousser nos capacités physiques jusqu’à leurs limites.»

Cependant, Nora Dürig a l’habitude des entraînements soutenus. En règle générale, elle passe six jours par semaine à peaufiner sa technique. Elle commence toujours par une série d’exercices à la barre et termine par les sauts, plus compliqués. Après quoi, la répétition peut commencer. «Le ballet n’est pas qu’un art, c’est aussi un sport de haut niveau», tient-elle à préciser.

Et comme tel, il impose également certaines contraintes à son mode de vie. La jeune femme doit ainsi veiller à ne pas se coucher trop tard. Toutefois, pour la Zurichoise, cette discipline n’a rien d’un sacrifice. «Je n’ai de toutes façons jamais vraiment eu envie de sortir toute la nuit avec mes amies.» Atteindre le meilleur niveau possible en danse, voilà plutôt l’ambition de sa vie.

Nora Dürig,
Pour Nora Dürig, la danse n’est pas seulement un art, mais aussi un sport d’élite (photo: Ismael Lorenzo.

Des débuts relativement tardifs

Nora Dürig a découvert la danse durant son enfance. Bien que sportifs eux-mêmes, ses parents n’éprouvaient aucune passion particulière pour cet art. Petite, Nora Dürig semblait plutôt destinée à une carrière en gymnastique rythmique, qu’elle a d’ailleurs pratiquée durant de longues années.

L’amour pour le ballet a pris le dessus lorsque la fillette avait environ 11 ans. Si ce début n’est pas vraiment tardif, on ne peut pas non plus dire qu’il soit précoce. En effet, la carrière d’un petit rat commence parfois à 4 ans déjà.

Nora Dürig a suivi une partie de sa formation classique à Hambourg, à l’école dirigée par John Neumeier, puis a intégré la troupe de Zurich il y a sept ans.

La danseuse n’a jamais remis en question le métier qu’elle s’est choisi. Elle a toujours consacré beaucoup de temps à son travail et en a retiré de nombreux bénéfices. C’est grâce à lui, notamment, qu’elle a pu surmonter le décès de son frère lorsqu’elle avait 16 ans. La ballerine évoque la tragédie à mots couverts, mais insiste sur le rôle de la danse dans ces moments douloureux. «Dans cette épreuve, j’avais besoin de m’appuyer sur quelque chose qui me permette d’aller de l’avant et de remettre de l’ordre dans mes pensées.»

La danse ou la mise à nu de ses sentiments

L’intensité avec laquelle elle vit son art atteint bien évidemment son apogée lorsque, au terme de nombreuses répétitions, elle se retrouve devant le public. «C’est fantastique d’être sur scène et d’exprimer ses sentiments en mouvements. Dans ces moments-là, je révèle ce que j’ai de plus intime, je me livre complètement aux spectateurs, sans un seul mot.»

© Migros Magazine – Michael West

Auteur: Michael West