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10 avril 2017

La stérilisation masculine

La vasectomie effraie beaucoup d’hommes, qui craignent pour leur sexualité, voire pour leur virilité. Or, cette intervention chirurgicale est un véritable engagement en matière de contraception au masculin et évite à la femme la prise d’hormones, le tout sans effets secondaires.

Lors d’une consultation préliminaire, l’urologue Daniel Emmerich explique quels sont les risques minimes que comporte l’opération.

Vous attendez des jumeaux! Lorsque la gynécologue nous a annoncé cette double naissance lors de la consultation, j’ai tout de suite dit à mon épouse Claudia que nous allions ainsi pouvoir faire un jass. Cette nouvelle n’a pas été vécue comme un choc: au contraire, nous étions dès le départ très enthousiastes à l’idée d’élever deux enfants en même temps.

Alors que de nombreux parents s’interrogent au bout d’un an sur l’éventualité d’agrandir la famille, nous avons immédiatement pu aborder un tout autre chapitre, celui de la contraception. La décision de subir une vasectomie n’a pas été le fruit d’une longue discussion – ou du moins pas en tant que telle. En effet, après m’être informé sur la simplicité de ce mode de stérilisation masculine, il était clair pour moi que je voulais assumer cette responsabilité. Le principal argument: éviter à Claudia la prise d’hormones à long terme.

Un retour rapide à la vie normale

Certaines conversations avec des amis et connaissances m’ont certes fait un peu douter. Il n’était question que de séquelles, sous la forme d’hématomes ou de douleurs, ainsi que d’interdiction temporaire de faire du vélo. Pourtant, mon choix était fait. L’urologue m’avait expliqué que le protocole se déroulait en trois temps: l’entretien préliminaire, l’intervention et enfin – au plus tôt après trois mois – le contrôle final, «histoire de voir si tout fonctionne bien».

Lors de l’entretien préliminaire, tout est allé très vite: le médecin m’a répété ce que j’avais lu sur internet, a palpé les canaux déférents – «Vous en avez deux, ce n’est pas systématique» – et a demandé mon consentement écrit pour pratiquer l’intervention.

Le jour J, je me suis rendu au travail comme d’habitude, car mon opération était prévue l’après-midi. Une fois allongé sur la table d’opération, j’ai été soumis à une anesthésie locale et, une demi-heure après, je pouvais déjà repartir. Le lendemain, je me sentais en mesure de reprendre mon activité professionnelle, toutefois sans m’asseoir et avec l’aide de quelques Ponstan. Mais je n’ai même pas eu besoin d’enfiler un bas de survêtement – ma hantise! Je reconnais avoir ressenti pendant une semaine un léger tiraillement et une certaine pression, mais toutefois aucune douleur. Et sinon, tout fonctionne aussi bien qu’avant!

Texte © Migros Magazine – Reto Vogt

Auteur: Reto Vogt

Photographe: Basil Stücheli