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15 juin 2015

Sur la route avec les Pylonis

Pour présenter sa nouvelle méthode de sensibilisation, le bpa a décidé de la faire tester «en live» à une classe de Sion. Immersion à hauteur d’enfants.

Le sergent de police Jean-René Rosset présente Pylonis, le personnage-clé de la nouvelle méthode d’éducation routière, dans une classe à Sion.
Le sergent de police Jean-René Rosset présente Pylonis, le personnage-clé de la nouvelle méthode d’éducation routière, dans une classe à Sion.

Un patchwork coloré de dessins, de déclinaisons de verbes et de calculs contre le mur: pas de doute, on est dans une salle de classe! Les 18 élèves de 3e-4e Harmos de Mme Maillard, du Centre scolaire de Gravelone, à Sion (VS), sont assis sur deux bancs, à la fois intimidés et curieux: c’est qu’ils sont sous le feu des projecteurs! Ce sont les tout premiers à tester la nouvelle méthode d’éducation routière, créée par le Bureau de prévention des accidents (bpa) et destinée aux 4-9 ans.

A côté d’eux, Jean-René Rosset, sergent à la police municipale de Sion et instructeur depuis une trentaine d’années. «Vous avez vu cette grosse valise orange? Vous êtes curieux de voir ce qu’il y a dedans?» – «Ouiiiiii!» Tel un magicien, l’instructeur plonge derrière le couvercle, aussi ravi que ses élèves. Puis brandit une portion de route en plastique, pourvue d’une ligne discontinue et de trottoirs. Il la fait circuler, tout en sortant de la valise un passage piéton, puis un petit cône orange et blanc.

«Vous savez à quoi ça sert?» – «A fermer la route quand il y a des travaux.» – «Vous avez vu? Il a aussi une bande blanche. – «Oui, elle brille la nuit!» – «Vous vous rappelez? Je vous avais donné un triangle à l’école enfantine, il avait aussi une bande blanche. Vous le mettez encore?» – «Nooooon!» Rires dans la salle, où sont rassemblés des représentants du bpa, de la police et quelques mamans.

Une figurine qui plaît

Jean-René Rosset sort alors de la valise une petite tête souriante, qu’il aimante sur le cône: voici Pylonis, personnage-clé de ce programme de sensibilisation. Les enfants se le passent de main en main, faisant pivoter la tête de gauche à droite. «Vous savez pourquoi Pylonis a la tête qui peut bouger?» – «Pour dire non!» – «En fait, c’est surtout pour regarder à gauche et à droite si les voitures arrivent.»

Grâce au petit personnage, l’instructeur montre que lorsqu’on se tient trop près du bord du trottoir, on peut perdre l’équilibre et se faire shooter. Puis il sort de la valise une voiture mobile en carton, un vélo et un camion. «Ah, il y a quelque chose qui me plaît, dans la voiture: la fille est dans son siège enfant et a une ceinture. Elle est aussi assise derrière. Vous avez déjà été devant, vous?» Tonnerre de «oui!» pendant que l’instructeur hausse ironiquement les sourcils:

J’aurais des choses à dire à vos parents…»

Les enfants se saisissent ensuite des éléments et interprètent à tour de rôle le périlleux exercice des piétons dans la circulation. Jean-René Rosset répète inlassablement les règles de précaution de base: «D’abord, on s’arrête. Puis on regarde des deux côtés, on écoute et s’il n’y a pas de voiture, on peut traverser. Mais s’il y a une voiture, on regarde bien si le conducteur nous a vus et s’il s’arrête pour nous laisser passer. Oui, Timothée?» – «Moi, une fois, j’ai regardé des deux côtés mais une voiture est arrivée et elle ne m’a pas laissé passer, j’ai dû m’arrêter.» Les élèves, eux, stoppent systématiquement leur véhicule de carton avant le passage piéton: «Eh bien, tout le monde s’arrête, aujourd’hui, on a de la chance! Ce n’est pas tout le temps comme ça, dans la rue.»

L’instructeur brandit alors une moto en carton.

Regardez bien, les enfants: le casque est sombre et cache les yeux du motard. Pylonis doit être encore plus attentif et bien attendre pour voir si on va le laisser passer.»

Viennent ensuite les feux de signalisation. Si le vert et le rouge sont familiers, le troisième provoque de vives discussions au sein de la petite équipe: «Quand c’est orange, on peut vite passer!» – «Non, on doit faire attention, mais si on est déjà au milieu de la route, on continue.»

Enfin, le retrait du passage piéton permet encore à Jean-René Rosset de faire le point sur le bon comportement à adopter dans ce genre de situation: on s’arrête, on regarde, on écoute, et s’il n’y a aucun véhicule, on traverse sans courir et en ligne droite «pour arriver de l’autre côté le plus vite possible». Suit alors une rafale d’histoires d’«un copain qui était en moto et une voiture ne s’est pas arrêtée»… et du «papa en scooter qui, un jour, dans un giratoire» – « Je sais que tout le monde a quelque chose à raconter, interrompt l’instructeur en riant, mais maintenant, j’aimerais savoir: qu’est-ce que vous avez préféré dans cette nouvelle méthode?» – «Tout!»

Le calme après la tempête

A la récréation, les enfants s’installent sur la route plastifiée pour manger un petit pain et du chocolat. Chacun reçoit également un petit cadeau. Curieux, on apprendra que les boîtes contiennent deux brassards réfléchissants et un ours de Berne en biscuit.

Pendant ce temps, Jean-René Rosset reprend son souffle:

C’est une méthode vraiment sympa, qui favorise le côté participatif et tactile. Elle est pleine de surprises et les enfants ont tout de suite été captivés.»

Texte © Migros Magazine – Véronique Kipfer

Auteur: Véronique Kipfer

Photographe: Isabelle Favre