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11 août 2014

Qui sera le meilleur?

Originaire du Sri Lanka, Keerthikan Thurairatnam, qui compte parmi les jeunes programmeurs Web les plus prometteurs de notre pays, représentera Migros dans le cadre de SwissSkills Berne 2014, le premier championnat suisse des métiers.

Keerthikan Thurairatnam
Keerthikan Thurairatnam représentera Migros au championnat suisse des métiers.

A la mi-septembre, des jeunes gens issus des quatre coins du pays se retrouveront à Berne. Tous partagent la même ambition: devenir champion ou championne de Suisse. Mais la discipline dans laquelle ils excellent n’est ni le football ni l’athlétisme. En effet, ces concurrents prendront part du 17 au 21 septembre au premier championnat suisse des métiers, baptisé SwissSkills Berne 2014. Un millier d’apprentis – ils sont tous passionnés par leur profession – est attendu dans la capitale fédérale (lire ci-contre).

Keerthikan Thurairatnam est l’un d’entre eux. Agé de 22 ans, il est apprenti informaticien à la Fédération des coopératives Migros, à Zurich. Un job de rêve pour lui: «Je suis fasciné par les ordinateurs depuis que j’en ai utilisé un pour la première fois à l’âge de 9 ans», confie-t-il. Auparavant, le garçon et sa famille vivaient au Sri Lanka, un pays où la technologie n’est pas à la portée de tous. «Dans ma classe, seuls trois de mes camarades avaient un PC à la maison.»

Le précieux soutien des amis et des enseignants

Le père de Keerthikan est journaliste et a dû fuir son pays en 2004, pour des raisons politiques. Il a trouvé refuge en Suisse. Deux ans plus tard, son épouse et ses enfants l’y ont rejoint. La famille a d’abord été hébergée dans un centre destiné aux demandeurs d’asile à Altendorf, dans le canton de Schwytz, avant d’être rapidement relogée dans un appartement. «Nous avons eu la chance incroyable de pouvoir repartir à zéro», raconte le jeune homme. Pourtant, commencer une nouvelle vie dans un pays dont il ne connaissait ni la langue ni la culture n’a pas été chose aisée: «Lors du premier jour d’école, je me suis demandé si j’allais réussir à apprendre l’allemand», se souvient-il, esquissant un sourire.

Evidemment, ce bon élève a su relever le défi et parle aujourd’hui couramment la langue de Goethe. «Le soutien des professeurs et de mes camarades m’a été d’une aide précieuse», concède-t-il. Malgré tout, il lui arrive encore de regretter le Sri Lanka. Dans ces moments-là, il apprécie le contact avec les autres familles tamoules présentes dans la région. «Nous organisons des soirées culturelles ou dansantes, ou nous célébrons ensemble les fêtes de chez nous, explique cet Helvète d’adoption. Cela dit, nous sommes très bien intégrés. La Suisse est ma nouvelle patrie.»

Pour Keerthikan, cette adaptation est passée par l’école, puis par la vie professionnelle. Depuis trois ans, il est employé par la Fédération des coopératives Migros à Zurich et suit une formation d’informaticien avec spécialisation en développement d’applications. Il se consacre ainsi à la programmation et à la conception de pages internet, un travail qui l’enthousiasme: «Je suis doué en maths, et j’adore résoudre des problèmes, confesse-t-il. En informatique, j’ai toujours aimé l’expérimentation, notamment dans le domaine des jeux vidéo.»

Le jeune homme a ainsi reconstitué le fameux jeu en ligne Curve Fever dans le cadre d’un projet scolaire. «Il m’a fallu deux mois», dit-il en riant. Mais ses efforts n’ont pas été vains: cette prouesse lui a valu la note de 5,5. Parallèlement à son apprentissage, qu’il aura terminé dans un an, notre crack prépare une maturité professionnelle. «Avec ce diplôme en poche, je pourrai par la suite entamer un bachelor en génie logiciel.»

Une véritable course contre la montre

Autre preuve du talent de Keerthikan: sa participation au championnat suisse des métiers. Dans le cadre de cette manifestation, il devra se mesurer à trente candidats venus de tout le pays. Pendant sept heures, avec une seule pause à midi, les compétiteurs auront à effectuer une batterie d’exercices, qui consisteront par exemple à corriger des erreurs de programmation ou à réaliser la conception visuelle et le codage d’un site Web.

«Les tâches ne sont pas très compliquées, estime le jeune homme. Mais ce sera une course contre la montre.» Au cours de l’épreuve, la documentation et les recherches en ligne sont par ailleurs interdites. «Il faut tout apprendre par cœur. J’aurai donc de quoi m’occuper pendant mes vacances d’été!» déclare Keerthikan, tout sourire.

Notre informaticien en herbe se réjouit à la perspective du concours: «Je suis fier de pouvoir représenter Migros lors du championnat des métiers. J’espère que cette opportunité me permettra de mieux identifier mes forces et mes faiblesses.»

Peut-être est-il un peu nerveux, à l’approche de l’échéance? «Plus les jours passent, plus la pression se fait sentir, c’est vrai. Mais pour moi, cette manifestation est l’occasion rêvée de franchir un cap supplémentaire dans ma volonté de devenir un bon dévelop­peur», explique-t-il modestement.

Texte © Migros Magazine – Andreas Dürrenberger

Auteur: Andreas Dürrenberger

Photographe: Christian Schnur