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23 juin 2014

Tenez la balle!

En cette période de Mondial, Isabelle Kottelat fait diversion pour le grand bonheur de tous ceux et toutes celles qui sont fâchées avec le foot en nous initiant à l'histoire du tennis.

Dessin: une balle de tennis inquiète de toucher le sol de plein fouet.
Le premier tournoi de tennis s’est tenu en 1876.

Le tennis est un enfant de la balle. De celle qui rebondit. Ah, si le caoutchouc n’avait pas été découvert… On en serait encore au jeu de paume. Comme les moines du XIIIe siècle qui s’amusent à lancer une balle contre le sol, les murs ou les poutres du cloître. A la longue, ça fait mal à la main; on ajoute des gants. Mais il faut attendre trois siècles l’invention de la raquette.

Du coup, on joue à l’ancêtre du tennis en plein air et dans une salle: le tripot! Les rois de France adorent! Les Anglais – qui l’apprennent grâce aux guerres qui font circuler les découvertes – le pratiquent avec grâce. Comme le major Harry Gem et le court de tennis qu’il dessine dans son gazon en 1858. Son compatriote, major aussi, Walter Clapton Wingfield lui volera la vedette avec son Sphairistike. Le nom n’est pas du tout passé à la postérité. Mais la technique, oui. C’est lui qui a ajouté les fameuses balles rebondissantes sur l’herbe!

Vive le caoutchouc, dont la découverte remonte pourtant bien avant, en même temps que celle du Nouveau Monde. Là-bas, les Européens observent, fascinés, les autochtones mouler des balles dans une substance inconnue – le latex de plantes comme l’hévéa ou le guayule. Et avec, ils jouent au «juego de pelota». Sauf que les Précolombiens voient du sacré dans cette matière qui fait rebondir sans cesse la balle tel le soleil qui monte et descend.

Les Britanniques, à qui l’on attribue donc la paternité du tennis, y mettent, eux, de la politesse. Dans leur «Lawn Tennis», on a «lawn» pour gazon et «tennis» pour «Tenez» – à prononcer à l’anglaise. C’est la phrase qu’on adresse à l’adversaire au moment de servir!

Si le premier tournoi de tennis est américain, en 1876, Wimbledon ouvre ses courts engazonnés en 1877, tandis que les Grands Hôtels de Saint-Moritz, Lucerne ou Montreux deviennent des destinations privilégiées des privilégiés jouant au tennis au XIXe siècle lors d’inégalables tournois.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck