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14 novembre 2014

Toujours à vos côtés

Une enquête montre à quel point les Suisses s’intéressent à la culture et apprécient l’engagement varié du Pour-cent culturel Migros.

Conjonctive
Le groupe Conjonctive en concert (photo: DR).

Aux yeux des Suisses, la culture est un bien précieux: l’art, la musique, la littérature, le cinéma ou encore le théâtre leur permettent d’étancher leur soif de connaissance. C’est ce que révèle une enquête réalisée auprès de 4000 de nos compatriotes par le Pour-cent culturel Migros.

L’étude «Le Pour-cent culturel Migros. Une culture de l’encouragement culturel» livre par ailleurs des résultats forts intéressants, également sous forme d’un vaste graphique.

Cette institution unique au monde représente l’un des principaux soutiens à la culture dans notre pays. Et pour cause: le Pour-cent culturel Migros promeut activement de très nombreux domaines artistiques. «Migros Magazine» en illustre trois parmi beaucoup d’autres.

M4music: un tremplin pour les musiciens

Ces dernières années, M4music, le festival de musique pop du Pour-cent culturel Migros, est devenu le rendez-vous incontournable de la scène musicale nationale. Outre des concerts, la manifestation permet aussi à des groupes de divers horizons de se faire connaître en participant à la Demotape Clinic, le principal concours suisse de maquettes. Randy Schaller, chanteur du groupe de métal Conjonctive de Nyon, qui a reçu le prix «Demo of the year 2014», nous en dit plus.

Randy Schaller (au centre avec la barbe) et le groupe Conjonctive ont remporté la Demotape Clinic 2014 (photo: DR).
Randy Schaller (au centre avec la barbe) et le groupe Conjonctive ont remporté la Demotape Clinic 2014 (photo: DR).

Pourquoi avez-vous participé à la Demotape Clinic?

Nous avions déjà envoyé plusieurs fois des demos pour participer à la Demotape Clinic, mais c’est la première fois que nous avons été sélectionnés. Il s’agit d’un des plus grands concours en Suisse actuellement; il jouit d’une grande renommée et apporte un certain prestige aux vainqueurs.

Comment s’est déroulé le concours?

Le jury de professionnels a écouté toutes les démos et a ensuite donné son avis en public. Notre titre a été bien accueilli. Les différents membres ont aimé sa structure et le fait qu’il y ait deux voix, dont une féminine. De plus, ils ont salué la qualité de notre enregistrement. Enfin, d’autres critères ont été pris en compte dans la notation globale comme le site internet, le graphisme, la pochette du CD ou encore notre présence sur les réseaux sociaux.

Avez-vous été surpris de gagner?

Oui bien sûr, on n’en revenait pas. Surtout que nous avons non seulement gagné dans la catégorie Rock, mais aussi le prix «Demo of the Year» qui regroupe toutes les catégories. C’était la première fois qu’un groupe de métal gagnait. De manière générale, ce style de musique est moins soutenu en Suisse et n’a pas toujours bonne réputation. Il intéresse aussi moins de gens et bénéficie de peu de soutiens. Heureusement, ce prix montre que les mentalités sont petit à petit en train de changer.

Qu’est-ce que ce prix vous a apporté?

Nous sommes passés plus souvent à la radio et avons eu plus d’articles de presse. Notre groupe est désormais aussi davantage pris au sérieux, ce qui fait que lors de demandes de subventions (auprès de la Suisa ou de la Fondation pour les artistes interprètes par exemple), nous recevons davantage d’argent, et nos cachets sont un peu plus élevés maintenant. Cela étant, nous n’avons pas obtenu des concerts supplémentaires grâce à ces prix, mais cela vient sans doute du fait que le métal est peu programmé en Suisse. Nous n’avons pas choisi le style le plus facile…

Promotion de talents: Sven Schelker sur la voie du succès

Depuis plus de quarante ans, le Pour-cent culturel Migros promeut de jeunes talents dans les domaines du chant, de la musique instrumentale et de la musique de chambre, du théâtre, de la danse ainsi que du théâtre de mouvement. Un soutien dont a su tirer parti Sven Schelker, un acteur bâlois de 25 ans, lauréat de plusieurs prix d’études et d’un prix d’encouragement décerné par le Pour-cent culturel Migros.

Sven Schelker a grandement bénéficié du soutien du Pour-cent culturel Migros (photo: DR).
Sven Schelker a grandement bénéficié du soutien du Pour-cent culturel Migros (photo: DR).

Le jeune homme a décroché l’un des premiers rôles dans «Le cercle», un drame traitant de l’homosexualité. Ce long-métrage, qui sort prochainement dans les salles romandes, a remporté le prix du public lors de la dernière Berlinale. Il évoque l’histoire d’amour entre Röbi Rapp et Ernst Ostertag, qui ont dû lutter contre la répression policière à Zurich dans les années 1960. Près de vingt-cinq ans après la consécration aux Oscars de «Voyage vers l’espoir», de Xavier Roller, la Suisse est à nouveau bien placée pour remporter l’une des célèbres statuettes.

Le comédien Sven Schelker sera bientôt à l’affiche du film «Le cercle» (photo: DR).
Le comédien Sven Schelker sera bientôt à l’affiche du film «Le cercle» (photo: DR).

«Le prix d’études et sa dotation nous ont libérés, mes parents et moi, des préoccupations financières», se souvient le jeune homme, pour qui cette distinction est également une véritable reconnaissance. Surtout, le Pour-cent culturel Migros lui a permis de nouer des contacts: «Lors des auditions, j’ai pu rencontrer le metteur en scène Jan Bosse, qui m’a ensuite fait passer une audition à Hambourg, au théâtre Thalia.» Devenu depuis membre permanent de la troupe, Sven en est à sa troisième saison. C’est aussi par le biais l’institution que le jeune talent a fait la connaissance de Corinna Glaus, dont l’agence a réalisé le casting de plusieurs films à succès. Et Sven Schelker de résumer: «Le Pour-cent culturel m’a offert une visibilité et des rencontres qui ont marqué ma carrière.»

Les Bureaux culturels: un point d’appui pour les créateurs

Le Pour-cent culturel Migros gère au total cinq Bureaux culturels (Zurich, Berne, Bâle, Genève et Saint-Gall). Les créateurs peuvent y louer à des prix avantageux toutes sortes d’équipements, des micros aux minibus en passant par les caméras. Manuela Ruggeri a l’habitude de s’y rendre. Cette cinéaste indépendante consacre une grande partie de son activité à Madframe, (en anglais) une société de vidéo et de production qu’elle a créée il y a quelques années avec des collègues.

Manuela Ruggeri apprécié de pouvoir louer du matériel pour tourner ses films à des prix imbattables (photo: Daniel Winkler).
Manuela Ruggeri apprécié de pouvoir louer du matériel pour tourner ses films à des prix imbattables (photo: Daniel Winkler).

«Nous réalisons des clips promotionnels pour des entreprises, des organisations sans but lucratif et des associations, explique la jeune femme. Notre clientèle est très diversifiée: nous travaillons aussi bien pour Caritas ou pour l’EPF de Zurich que pour une société horlogère de Thoune.»

Par ailleurs, Manuela Ruggeri encadre chaque année des enfants et des adolescents lors du Festival Ciné Jeunesse Suisse . «A cette occasion, j’emprunte souvent des micros au Bureau culturel», confie-t-elle. Elle est aussi très heureuse de disposer de caméras pour les clips de sa propre société de production: «Lorsque je filme des expositions d’art ou des représentations théâtrales, j’ai besoin de modèles particulièrement sensibles à la lumière.» Et la cinéaste n’apprécie pas seulement les tarifs imbattables pratiqués par le Bureau culturel. «Cette structure est dirigée par des professionnels ouverts à la discussion, précise-t-elle. Ils m’ont déjà donné des conseils précieux sur le montage de l’une de mes vidéos.»

Auteur: Christoph Petermann, Pierre Wuthrich