Archives
8 juillet 2013

Tous les chemins mènent à la cabane du Wildhorn

Chez Willy Romang, à la cabane du Wildhorn, se rencontrent les adeptes de randonnée, de grimpe et de flore de montagne.

Cabane du Wildhorn
La cabane du Wildhorn est posée sur une petite terrasse entre une abrupte falaise rocheuse et le flanc herbeux d'une montagne.

Ils arrivent très tôt le matin. Sans faire de bruit. Sur les flancs escarpés du Niesenhorn, les chamois broutent là où le soleil du matin fait scintiller l’herbe de reflets dorés. Sur la terrasse de la cabane Wildhorn, Willy Romang observe les magnifiques bêtes. «Plus tard dans la journée, lorsque le soleil arrive jusqu’ici, les chamois descendent un peu», lance en connaisseur le gardien de la cabane.

Il faut compter entre deux heures et demie et cinq heures de marche pour atteindre la cabane du Wildhorn, selon l'itinéraire emprunté.
Il faut compter entre deux heures et demie et cinq heures de marche pour atteindre la cabane du Wildhorn, selon l'itinéraire emprunté.
Une vache au bod d'un lac de montagne.
Au début, la randonnée est plutôt facile, cela ce corse par la suite...

Il faut dire qu’à 7 heures, la cabane Wildhorn est encore dans l’ombre des montagnes. L’air y est frais. Les clients laissent les chamois à leurs activités et rentrent dans la cabane. Bientôt, ils laceront leurs chaussures et se disperseront dans toutes les directions.

Notre parcours commence à La Lenk, tout en douceur puisque la première montée se fait en télécabine, jusqu’au Betelberg. Et c’est devant le restaurant Leiterli que démarre véritablement la randonnée, plutôt facile.

Au bout de quarante minutes, le moment est venu de sortir les bâtons. Nous sommes au pied de la première grimpette. Le sentier étroit traverse en montant la pente du «Steinstöss».

Un pas sûr est de rigueur

Après deux bonnes heures de cette marche en terrain très varié, on pose le pied sur le Tungelpass. Une pause bienvenue! L’heure de se mettre quelque chose sous la dent et l’occasion de repérer les sentiers qui ramènent le marcheur dans la vallée, soit par le Summerwald vers La Lenk, soit par les flancs du Rot­horn vers le Lauenensee. Le chemin qui nous attend est aussi le plus exigeant: depuis le col, la pente est raide et le sentier la gravit en courts lacets. Ici, un pas sûr est de rigueur, en particulier lorsqu’il s’agit de franchir un passage rocheux exposé, dans un terrain glissant. D’un côté, l’abîme, de l’autre une chaîne métallique à laquelle il vaut mieux bien se tenir.

Willy Romang, le gardien de la cabane du Wildhorn.
Willy Romang, le gardien de la cabane du Wildhorn.

Le Tungelpass franchi, le marcheur laisse derrière lui la partie la plus difficile de cet itinéraire. Une nouvelle descente suivie de la dernière montée, et le voici arrivé, après quatre bonnes heures de marche, devant la cabane Wildhorn, à 2303 mètres, posée sur une petite terrasse entre une abrupte falaise rocheuse et le flanc herbeux d’une montagne.

Ici, c’est le royaume de Willy Romang qui veille sur la cabane depuis onze années. Les journées d’un gardien commencent très tôt, à la cuisine avec la préparation du petit-déjeuner, et se terminent très tard, lorsqu’il range le dernier pot à thé dans l’armoire et essuie les immenses marmites.

De jolies edelweiss.
De jolies edelweiss.
Ambiance mystérieuse.
Ambiance mystérieuse.

Entre deux, les activités se suivent sans discontinuer: nettoyer, ranger, couper du bois, réparer – aucun problème pour ce menuisier de formation. Quant aux repas, ce n’en est pas un non plus pour le guide de montagne qu’il est: il cuisine depuis sa jeunesse.

La cabane Wildhorn est un microcosme où des Alsaciens croisent des Belges, des classes d’enfants en promenade d’école rencontrent des alpinistes, et des couples de seniors côtoient des familles. Tout ce monde partage dortoirs, sanitaires et grands plats de salade, spaghetti bolognaise ou risotto autour des longues tables du réfectoire.
«En montagne, nous dormons comme des marmottes»

Doris et Nicolas Bessire, de La Neuveville, ont déjà parcouru le globe à pied mais ils reviennent toujours avec grand plaisir dans les Alpes suisses.
Doris et Nicolas Bessire, de La Neuveville, ont déjà parcouru le globe à pied mais ils reviennent toujours avec grand plaisir dans les Alpes suisses.

Doris et Nicolas Bessire, de La Neuveville, adorent cette cabane. L’ingénieur forestier et l’enseignante primaire ont déjà découvert presque tous les continents au rythme de leurs pas. Ils se souviennent avec autant d’émerveillement de leurs randonnées sur les îles Canaries et à la Réunion que des cabanes du Club Alpin Suisse. «En montagne, nous dormons toujours comme des marmottes», disent-ils en chœur.
Le marcheur qui choisit de descendre en plaine par Iffigenalp peut d’ores et déjà se réjouir de ce qui l’attend au bord de l’Iffigsee. A peine quelques pas en dessous de la cabane, il apercevra déjà le petit lac turquoise, brillant sous le soleil.

La descente se poursuit, d’abord sur les lacets d’un sentier dont la raideur se ressent dans les jambes. Puis, la limite des arbres annonce le dernier tronçon, en légère descente cette fois-ci, le long d’un ruisseau qui berce les oreilles. Après moins de deux heures, nous voici à Iffigenalp où nous attend le bus qui nous ramènera à La Lenk sur la route ombragée.

Auteur: Yvette Hettinger

Photographe: Severin Nowacki