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24 novembre 2014

Tous sans poil!

Saviez-vous que? La chronique d'Isabelle Kottelat.

Homme qui s'épile sous les bras
L’épilation a aussi préoccupé les hommes tout au long de l’histoire.

Non, l’homme de Cro-Magnon n’était pas forcément un homme à poil. L’épilation date de la préhistoire, déjà! A l’aide de pinces, qu’on retrouve en nombre dans les sépultures, et de rasoirs – plutôt des silex ou du bronze que des Bic.

Se distinguer de l’animal était une première motivation. La pureté en était une autre. Chez les antiques Egyptiens, hommes et femmes – d’abord les pharaons, les prêtres, prêtresses jusqu’aux femmes du harem de Ramsès II – les plus glabres étaient les plus purs. Et dire qu’à l’inverse, chez nous, c’est par les actrices du porno que l’épilation intégrale s’est démocratisée… Les Grecques de l’Antiquité, elles, se faisaient un sexe lisse et poli pour bien le distinguer du velu masculin.

Et pourtant les hommes n’étaient pas tous si poilus. L’épilation du torse et des jambes était monnaie courante chez les Romains. Chez les barbiers, les empereurs s’y adonnaient de haut en bas et exhibaient le résultat avec leurs fameuses et courtes tuniques.

Même si les crèmes Veet n’existaient pas encore, des produits dépilatoires à base de poix, de farine de fève ou de résine faisaient l’affaire. Quelque 2000 ans avec notre ère, les Phéniciens et Babyloniens s’épilaient jusqu’au visage. Pour y ajouter une postiche de barbe, attribut des dieux… Leur recette à base de cire d’abeille, d’eau, de sucre et de citron a passé les époques et les mers jusqu’au Moyen Age. Qui n’était pas si barbare: ramenée d’Orient par les Croisés, l’épilation du pubis se répand. Et cohabite avec le credo de l’Eglise qui prône l’utilité des poils pour «cacher les parties honteuses».

A la Renaissance, ce n’est plus le bas qu’on dégage en premier, mais le front! Pour rehausser le regard. Les belles n’y allaient pas avec le dos de la cuillère, utilisant même de l’arsenic et de la chaux vive. Et des préparations à base de sang de grenouille ou de chauve-souris censées retarder la repousse du poil.

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck