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7 mai 2012

«Tout le monde est égal»

Le jeune Fribourgeois Fabio Casarico se prépare actuellement pour la 3e édition de la Journée fédérale des lutteurs espoirs, une manifestation sportive que Migros soutient en tant que partenaire royal.

Fabio Casarico dans les vestiaires
Fabio Casarico 
a un objectif: 
participer à la Fête fédérale de lutte d’Estavayer-le-Lac en 2016.

Epaule contre épaule, nuque contre nuque. Une main empoigne la culotte retroussée de l’adversaire, l’autre son ceinturon. Un bref signal – «c’est bon!» – puis tout va très vite. Formant un grand arc, les deux jeunes hommes pivotent avant d’atterrir dans la sciure. Corps et visages sont aussitôt couverts de poudre de bois. Par un mouvement de levier, Fabio Casarico, 16 ans, tente de plaquer son collègue sur le dos, mais celui-ci frétille comme un poisson.

L’ambiance est amicale au club des lutteurs de Fribourg et environs. Tous se saluent d’une poignée de main. Une tradition respectée sans exception, même par les plus petits qui s’entraînent avant les jeunes espoirs dans le local de l’école de l’Auge. Et même si le moral est au plus bas après un combat perdu, pas question de bouder: chacun tendra vaillamment la main à son adversaire. Des valeurs que Fabio Casarico apprécie: «Le respect mutuel et la camaraderie jouent un grand rôle. Une fois dans le rond de sciure, il n’y a plus de différences. Ici, tout le monde est égal.»

C’est grâce à son meilleur ami que Fabio Casarico a découvert la lutte suisse. A l’époque, le petit dernier de la famille Casarico passait pour un footballeur prometteur, mais il s’est lassé d’avoir à courir aussi souvent derrière un ballon. Un vendredi soir, il s’est donc rendu à son premier entraînement de lutte; le dimanche suivant, il assistait à une compétition à Mont-sur-Rolle (VD). Il y était déjà allé plusieurs fois avec son père pour regarder son cousin. Mais cette fois, c’était différent.

Un tabouret à traire et une palme pour sa mère

Ses copains lutteurs l’ont en effet invité à se joindre à eux. «Je n’avais rien avec moi, se rappelle Fabio. L’entraîneur m’a prêté sa chemise, qui était trois fois trop grande.» Pour sa première passe, il a dû affronter Remo Käser, le fils du roi de la lutte en titre. Fabio Casarico a perdu – mais est rentré malgré tout chez lui avec une palme et un «botte-cul», le traditionnel tabouret à traire. «La palme, je l’ai offerte à ma maman. Après tout, c’était la fête des Mères ce jour-là.»

C’était il y a quatre ans. Entre-temps, Fabio Casarico est devenu un grand espoir de la lutte suisse. Avec ses 183 centimètres pour 88 kilos, il correspond à la génération montante de lutteurs incarnée par Killian Wenger (poids de combat 107 kg) ou Bruno Gisler (103 kg), des athlètes complets nettement moins lourds que de nombreux grands lutteurs tels que Christian Stucki (145 kg) ou Daniel Bösch (123 kg).

Dans le local du club des lutteurs de Fribourg et environs, Fabio Casarico transmet son savoir aux plus jeunes. Un jour, il aimerait devenir entraîneur.
Dans le local du club des lutteurs de Fribourg et environs, Fabio Casarico transmet son savoir aux plus jeunes. Un jour, il aimerait devenir entraîneur.

Le jeune Fribourgeois se rend à l’entraînement deux à trois fois par semaine. Le petit local de lutte n’est qu’à cinq minutes à pied de la maison familiale, en vieille ville de Fribourg. Les autres jours, il améliore sa condition et sa force physique avec son père Christian, lui-même ancien athlète. Une fois dans le local, notre solide fan du HC Gottéron prend visiblement plaisir à conseiller les plus jeunes. Fabio Casarico aimerait un jour devenir entraîneur. A 8 heures, lui et ses collègues se livrent à une partie de foot, histoire de s’échauffer. D’emblée, on comprend pourquoi son ancien entraîneur de football ne voulait pas le laisser partir. Malgré son gabarit, Fabio Casarico est agile et possède une belle technique. Rien à faire pourtant, son cœur bat désormais pour le sport ancestral des «méchants», comme on surnomme plaisamment les rois de la lutte. «Y a de l’action», dit-il d’un air malicieux.

Davantage de jeunes grâce à Migros

Cet avis est partagé par un nombre croissant d’enfants et d’adolescents. Migros n’y est d’ailleurs pas étrangère puis­qu’elle soutient ce sport depuis 2007. «Nous sommes heureux d’avoir trouvé un partenaire aussi précieux, se réjouit Manfred Schneider, chef technique des jeunes lutteurs auprès de l’Association fédérale de lutte suisse. Depuis l’introduction des journées nationales de promotion, la baisse des effectifs a pu être enrayée. En 2011, nous avons même gagné 614 jeunes lutteurs (8-14 ans) et 37 espoirs (15-18 ans).» Par ailleurs, dans le cadre du programme de développement durable Génération M, Migros a pris l’engagement d’initier 5000 enfants à la lutte suisse d’ici à 2015.

Jusqu’à trois combats par semaine

Lorsqu’on voit la joie et l’enthousiasme des jeunes lutteurs fribourgeois, tenir cette promesse ne devrait pas être difficile. Quant à Fabio Casarico, il a ses propres objectifs. Ces prochaines semaines, il devra se qualifier pour la 3e édition de la Journée fédérale des lutteurs espoirs, qui se tiendra le 26 août à Hasle, dans l’Entlebuch (LU), un événement dont Migros est sponsor royal. Trente à quarante prétendants sont en lice pour les sept places attribuées à la région romande dans ce qui est la plus grande compétition destinée aux espoirs de la lutte suisse. La manifestation a lieu tous les trois ans, comme la Fête fédérale des grands. Pour atteindre le total de points nécessaire à leur qualification, les athlètes ont à disputer une vingtaine de combats, soit jusqu’à trois par semaine!

Confiant, Fabio Casarico aborde la préparation avec un mélange de discipline et de décontraction. S’il reste en bonne santé et évite toute blessure, rien ne devrait s’opposer à son grand rêve: représenter la Suisse romande, avec son meilleur ami, à la Fête fédérale de lutte à Estavayer-le-Lac (FR) en 2016.

Photographe: Severin Nowacki