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28 septembre 2015

Toute la beauté du wax

Le styliste lausannois Paolo Andrea Musarò fait naître de ces fameux cotons cirés africains des sacs, chemises et pochettes multicolores uniques en leur genre.

Paolo Andrea Musarò dans son atelier
Paolo Andrea Musarò: «Je n’aime pas le consumérisme et je fais régulièrement le tri de mes affaires. J’aime aussi aller dans les friperies, surtout à Berlin, car on y trouve des merveilles. La dernière fois, j’ai craqué pour un beau pull en laine, et à la caisse, on m’a dit que c’était un Dior!»

L’Afrique au bout du bras

L’histoire commence l’an passé, avec la découverte d’une paire d’anses en bambou dans une brocante vaudoise. Coup de cœur du styliste lausannois Paolo Andrea Musarò, qui décide de les parer. «J’étais en train de faire des prototypes de robes ethniques, avec des tissus japonais et africains, raconte-t-il. J’ai confectionné un sac avec, mais cela restait très mémèrisant. En voyant du wax (ndlr: tissu ciré africain) dans une boutique, l’idée m’est alors venue de faire un cabas comme ceux des supermarchés, qui reprendrait les anses carrées, mais en bois, avec un côté plus moderne.»

Le Kabba était né. Depuis, de nombreux Kabba multicolores ont vu le jour. Tous sont confectionnés en quantité limitée et vendus dans des boutiques romandes, elles aussi choisies «au coup de cœur»:

Je sais que les propriétaires y délivrent le même message que moi, avec autant de passion que moi.»

Il y a quelques mois, le styliste a ajouté à son panel des pochettes et des chemises – en wax, bien sûr – confectionnées par l’atelier de couture Label Bobine de l’association genevoise SOS Femmes. «Les pochettes ont été cousues par Snezana, les chemises par Lor. Nous avons les ressources en Suisse, pourquoi aller à l’étranger? Forcément, mes créations ont ainsi un certain coût. Mais

j’aime l’idée que derrière chacune se cache un savoir-faire et une personne qui leur donne une âme.

J’ai fait un apprentissage dans l’immobilier avant de suivre une formation de styliste. A l’époque, je travaillais dans la relocalisation quand une amie chère m’a dit qu’ils cherchaient des habilleurs-couturiers à l’Opéra. Je suis alors entré dans un monde magique, où règne un bel esprit d’équipe. J’ai même eu la chance de travailler avec le Ballet Béjart.

Je me sens très privilégié,

c’est tellement plus gratifiant d’être dans ce milieu-là!»

Une journée avec Paolo Andrea Musarò

Paolo Andrea Musarò en train de coudre
9 h 00: la couture autrement

9 h 00: la couture autrement
«Depuis la rentrée, j’enseigne la couture au collège d’Entrebois, à des classes de la 7e à 11e. Je pousse les élèves à être créatifs et j’essaie de leur faire comprendre que la couture, ce n’est pas juste coudre, mais aussi beaucoup de réflexion, des maths, de l’architecture, de la géométrie! C’est également de la passion, de la patience et un bel exutoire.»

Paolo Andrea Musarò en train de regarder des échantillons de tissu
11 h 00: toutes les couleurs de l’arc-en-ciel

11 h 00: toutes les couleurs de l’arc-en-ciel
«Il faut avoir de la couleur dans la vie, hiver comme été! Je n’ai pas de rythme de collections, car celles-ci dépendent des tissus que je trouve. Si un tissu ne m’inspire pas, je ne l’achète pas.»

Paolo Andrea Musarò en train d'examiner des tissus
15 h 00: tissus tentateurs

15 h 00: tissus tentateurs
«J’adore faire des recherches sur internet pour trouver LA pièce de tissu qui me plaît. Je peux aussi passer des journées entières dans un magasin spécialisé: je me sens alors comme Picsou dans son coffre-fort, et je ne vois pas le temps passer.»

sacs crées par Paolo Andrea Musarò
17 h 00: des sacs qui évoluent

17 h 00: des sacs qui évoluent
«Il y a La Poya, et il y a Kabba, également 100% Suisse… Je voulais que les gens se déshabituent de porter leur sac sur l’épaule, et j’ai créé des cabas avec des anses. Mais sur demande des clients, la génération 2.0 de mes sacs comporte aussi une sangle.»

Paolo Andrea Musarò en train de se détenre au Jardin botanique de Lausanne
19 h 00: lieu d’inspiration

19 h 00: lieu d’inspiration
«J’aime être entouré de mes amis, mais j’ai aussi régulièrement besoin d être seul. Je me réfugie au jardin botanique de Lausanne, pour lire ou écrire, inspiré par la beauté et la sérénité du lieu.»

Texte © Migros Magazine – Véronique Kipfer

Auteur: Véronique Kipfer

Photographe: Yannic Bartolozzi