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12 mai 2014

Toutes (ou presque) accros aux régimes!

Obsession contemporaine: la grande majorité des femmes ont essayé au moins une fois dans leur vie de suivre un régime. Tout en sachant que les recettes miracle n’existent pas...

Un femme se couvre les yeux avec des tomates cerise et forme la bouche en coeur.
Ne vous voilez pas la face: un régime seul n’est pas toujours la solution la plus efficace, ni la plus saine. (Photo: Getty Images / Jamie Grill)

On s’en doutait. Mais une récente enquête vient de le confirmer: dès les premières feuilles du printemps, les femmes ne résistent pas à la tentation d’un régime minceur. Un questionnaire lancé par Aufeminin.com dans six pays européens révèle que seules 10% des femmes n’auraient jamais compté les calories pour perdre du poids.

Alors même que la majorité d’entre elles ne croient pas à l’efficacité des régimes (63% les jugent carrément inutiles), 18% s’y lancent chaque année au printemps, un quart a essayé trois à cinq fois dans sa vie et un quart plus de cinq fois... Ce qui fait quand même pas mal de femmes attentives à ce qui tombe dans leur assiette.

La pression augmente avec l’arrivée de la belle saison

Il faut dire que tout est arrangé, surtout à deux mois des vacances d’été, pour faire rêver de minceur et de lignes pures: le petit corsaire de l’année dernière, Gisele Bündchen en bikini et l’avalanche d’ouvrages pratiques donnant des conseils pour maigrir en deux coups de fourchette.

On a vu défiler les Weight Watchers et leur programme alimentaire personnalisé, le dissocié de Montignac, la diète hyperprotéinée de Dukan, puis le mode de vie paléolithique, le régime 5-2 (cinq jours de plaisir, deux jours de jeûne) et la méthode 2-4-7 du Dr Fricker. Un vrai casse-tête pour trouver le bon coupe-faim.

Bref, il semble difficile d’échapper à l’impératif de la minceur. Lequel épargne à peine les hommes, qui commencent eux aussi à se soucier de leur silhouette. Et risquent de tomber dans les mêmes travers: l’inutile et dangereuse répétition des régimes.

Pourtant la recette est connue: manger de tout, mais moins, faire du sport. Et changer de regard sur soi. En lisant Les hommes préfèrent les rondes, qui vient de paraître, sous la plume de Pierre Dukan. Ça ne s’invente pas!

«Perdre du poids est plus difficile que d’arrêter de fumer »

Portrait de Martine Balandraux Olivet en extérieur.
Martine Balandraux Olivet

Martine Balandraux Olivet, médecin et spécialiste en nutrition à Genève, répond aux questions de Migros Magazine.

Seules 10% des femmes n’auraient jamais fait de régime. Ça vous étonne?

Pas du tout! Il est évident que le poids est devenu le problème de santé numéro un. Il y a un décalage fondamental entre nos corps d’homo sapiens et l’écrasante abondance de nourriture. On vit de manière orgiaque, mais avec des dérives terribles: l’impératif de la minceur.

Que ne faut-il pas faire pour perdre du poids?

Rien ne sert d’essayer dix ou vingt fois un régime. Il faut arrêter de bidouiller dans son coin. Perdre du poids est plus difficile que d’arrêter de fumer. C’est très pénible de maigrir à long terme sans tomber dans des problèmes psychologiques. En cas de réel surpoids, mieux vaut consulter son médecin plutôt que de se lancer dans une inutile monodiète.

Existe-t-il malgré tout un bon régime?

Une bonne alimentation, c’est ce qu’on ramasse, cueille, chasse. A enseigner aux enfants, avant qu’ils ne prennent de mauvaises habitudes. On se nourrit d’aliments corrects et on bouge. Le corps fonctionne bien s’il est debout et qu’il marche. Le cerveau et l’immunité, ça se fabrique à la lumière du jour!

Pourtant, l’exemple de Daniel Brélaz, qui a perdu 90 kg en dix mois, prouve que certains régimes sont efficaces...

Chaque personne est différente. Son régime ne marchera pas pour tout le monde, il n’y a pas de recette miracle. Tout dépend de l’âge, de l’état de santé, du travail de la personne. Parfois une chirurgie de l’estomac est nécessaire, parfois une simple activité physique est suffisante. Mais comment supporter une restriction alimentaire toute sa vie? Il faut souvent compléter avec de la méditation, une prise de conscience de soi et revoir son échelle de valeurs.

Que faut-il faire pour maigrir?

Le mieux est tout simplement de manger moins. Garder ce qui est indispensable, protéines, fruits, légumes. Et non pas la quiche ou l’éclair au chocolat! Une méthode veut aussi que l’on note tout ce que l’on mange. Cela tend un bon miroir de soi-même.

Et les hommes, dans tout ça?

Ils sont moins inquiets, mais ont plus souvent des complications liées à l’obésité. Ils se mettent au régime quand un problème de santé surgit, rarement pour des raisons de look.

Texte: © Migros Magazine - Patricia Brambilla

Auteur: Patricia Brambilla