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28 novembre 2016

Trahis par notre rire

La chronique d'Isabelle Kottelat.

Isabelle Kottelat

Notre rire nous trahit, dévoile notre carte d’identité sociale. Dans les films, les dames de la haute société gloussent de manière délicate et contrôlée dans le creux de leur main. Dans la réalité, si le rire marque le statut social, discrétion n’est pas toujours signe de distinction. Chez les hommes en tout cas.

Le psychologue américain Christopher Oveis et ses collègues se sont penchés sur 649 rires de personnes de différents statuts dans le cadre d’un groupe bien hiérarchisé: une fraternité. Dans cette association universitaire américaine, les anciens sont de haut statut, avec davantage de responsabilités que les petits nouveaux. L’idée de base de l’étude était de les faire se railler les uns les autres pour pouvoir ensuite étudier leurs rires. Les scientifiques en ont déduit que les individus de haut statut ne s’esclaffaient pas de la même manière que les autres. Ils se bidonnaient pareil qu’on se moque d’eux-mêmes ou des autres. Leurs rires étaient généralement hautains, d’un volume sonore plus fort, avec des éclats plus rapprochés. Bref, des rires dominants, désinhibés par rapport aux petits nouveaux qui, eux, riaient plus discrètement et de manière variable en fonction de qui ils se moquaient.

Selon les chercheurs, on rit tous en moyenne vingt fois par jour. Les enfants dix fois plus! La bonne nouvelle, c’est qu’on peut grimper les échelons sociaux en changeant son rire. Dans l’expérience, les observateurs ont été blousés par ceux qui copiaient un rire dominant.

Texte: © Migros Magazine | Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat