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9 janvier 2012

Tu vœux ou tu vœux pas?

Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet.

Vous en avez reçu, vous, des vœux par SMS? Vous savez, ces messages totalement impersonnels dont on sent qu’ils ont été envoyés à tout l’agenda de l’expéditeur: «Tous mes vœux pour 2012» ou «Bonne année et surtout bonne santé». Les plus audacieux risquent le tutoiement: «Je te souhaite une superbe année 2012» en imaginant que leurs 614 destinataires vont se dire «Oh merci d’avoir pensé à moi!». Il y a aussi ceux qui se découvrent une âme de poète: «Le vol 2012 va décoller, destination succès, bonheur, amour et santé. Bon voyage!» Et puis il y a ceux qui économisent même le nombre de caractères: «TMV 2012» On sent bien la chaleur, la générosité, l’envie de partager! Là, je n’ai pas pu m’empêcher de répondre «JTMRD»!

J’aimerais qu’on m’explique pourquoi tellement de gens ressentent le besoin redorer le blason – et les couilles – de leur opérateur téléphonique tous les trente-et-un décembre? Vous n’avez pas encore compris que si vous envoyez votre message à tout le monde, c’est exactement comme si vous ne l’aviez envoyé à personne? Avec en plus le risque de très mal tomber. Il y a trois ans, madame Falconnet a perdu son mari le 28 décembre, et pour Nouvel An, elle a reçu deux SMS qui disaient «Enterrons 2008, Vive 2009!»

Personnellement, même si ça prend beaucoup plus de temps, je personnalise mes messages de bonne année. Que ce soit pour ma meilleure amie: «Chère Jacqueline, que cette année 2012 t’apporte patience et sérénité, car je ne suis pas en mesure de te rembourser les mille francs que je te dois.» Ou pour ma concierge: «Ma chère madame Lopez, voici quelques-uns de mes vœux pour 2012: nettoyez plus souvent l’ascenseur, enlevez les vélos garés dans l’allée, faites comprendre à madame Perruchoud que son palier n’est pas un vide-grenier, évitez de griller des sardines sur votre balcon les jours de bise, demandez à votre fils de ne pas hurler le code de la porte d’entrée chaque fois qu’il le compose!»

Donc souvenez-vous: souhaiter une bonne année à un groupe de gens qu’on connaît parfois à peine, ou même pas du tout, c’est à l’évidence un manque de sincérité.

Je vous souhaite, chers lecteurs, une merveilleuse année à tous!

Auteur: Marie-Thérèse Porchet, née Bertholet