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4 mai 2013

Un balcon habillé tout en vert

Remplacer les bacs de géraniums par des plantations de carottes et de rutabagas? C’est possible! Les conseils de Maryse Rochette, coach en jardinage bio, pour transformer son balcon en goûteux potager.

Maryse Rochette
Maryse Rochette, coach en jardinage bio, prépare des bacs en tissu qui garniront sa balustrade.

Envie de trifouiller la terre, de voir sortir têtes vertes et promesses de fruits, mais vous n’avez pas de jardin? Pas grave. Si vous avez une terrasse ou même un petit balcon, tout est possible. Mieux encore: votre balustrade n’est pas condamnée à accueillir chaque année son inoxydable potée de géraniums, elle peut aussi se convertir en véritable plateforme potagère!

N’importe quel balcon peut se transformer en véritable plateforme potagère.
N’importe quel balcon peut se transformer en véritable plateforme potagère.

La preuve par Maryse Rochette, coach en jardinage bio, qui donne justement un cours tous publics pour agrémenter intelligemment et écologiquement les balcons urbains (lire encadré). Et qui, chaque printemps, transforme sa terrasse en enchantement végétal et nourricier.

Mais oui, groseillier, rhubarbe, chou rouge, oignon, oseille, céleri pomme et salade à tondre s’ébattent devant sa porte-fenêtre.

C’est génial de voir les légumes pousser, de pouvoir suivre tout le chemin du sol à l’assiette. Les légumes sont cueillis à point, ils ont toutes leurs valeurs nutritives intactes.

Maryse Rochette se souvient encore de «deux brocolis délicieux» cueillis cet hiver.

Mais avant d’en arriver là, le jardinier doit s’armer de patience et prendre en compte quelques points importants. Parce qu’un balcon est un environnement très particulier. «Les pots sont souvent exposés au vent, au soleil ou à l’ombre. Et les plantes n’ont pas la possibilité d’aller puiser elles-mêmes les nutriments dont elles ont besoin. Dans cette culture hors sol, il revient au jardinier de jouer le rôle de la terre-mère.»

La première chose à regarder est donc l’exposition de son balcon. Pour adapter les plantes en conséquence. Si les légumes à feuilles (chou, betterave, haricots, etc.) se contentent de peu de soleil, les légumes fruits (tomates, aubergines, poivrons, etc.) en ont besoin en grande quantité. Et si votre petit paradis est installé dans un courant d’air, il vaudrait mieux aménager quelques paravents, treillis, pergolas – qui pourront d’ailleurs servir à des grimpantes – pour créer un climat plus clément.

Un mot d’ordre: jouer avec l’espace

De même, le balcon étant souvent un petit espace, il faut l’utiliser dans toutes ses dimensions, notamment la verticalité. En recourant à des tablettes, des tabourets ou des échelles pour surélever certains pots, on pourra ainsi jouer avec l’espace. Maryse Rochette laisse grimper clématites et haricots le long de treillis boisés, fait pousser herbettes aromatiques dans des pots suspendus. Et n’hésite pas à garnir sa balustrade de bacs en tissu. «Ils sont très légers, en géotextile 100% recyclable, ce qui évite de surcharger la structure.»

«Produisant différentes substances dans le sol, certaines plantes améliorent mutuellement leur croissance, alors que d’autres se nuisent», précise la spécialiste.
«Produisant différentes substances dans le sol, certaines plantes améliorent mutuellement leur croissance, alors que d’autres se nuisent», précise la spécialiste.

Bon à savoir aussi, il existe quelques astuces pour limiter les arrosages et donc assurer une meilleure gestion de l’eau: les paillis qui «réduisent l’arrosage de 50% même en balcon». Ainsi garnir le fond des pots de billes d’argile et tapisser la surface de la terre de paillettes de lin ou de chanvre permet de garder l’humidité plus longtemps.

Quant aux plantes, on peut bien sûr faire des associations dans de grands contenants (50 l), mais gare aux mauvais mariages. «Produisant différentes substances dans le sol, certaines plantes améliorent mutuellement leur croissance, alors que d’autres se nuisent», précise la spécialiste.

Ainsi maïs, courge et haricot se combinent parfaitement: le haricot donne de l’azote dans le sol, nécessaire à la croissance du maïs, tandis que la courgette avec ses feuilles couvrantes lui assure une belle humidité. Si tomates, côtes de bettes et carottes s’entendent bien, mieux vaut éviter l’association des pois et des oignons. On mariera par contre avec bonheur tomates, basilic et aubergine ou laitue, capucines et chou frisé. Mais gare au fenouil: mieux vaut le planter seul, cet individu anisé supporte mal la cohabitation.

Soucieuse d’encourager un jardinage écologique, Maryse Rochette évite engrais chimiques et pesticides. Alors comment lutter contre les ravageurs? Rien de tel que les plantes aromatiques pour éloigner pucerons et autres nuisibles. A placer près des bacs potagers justement.

Quant au nourrissage de la terre, lessivée à chaque arrosage, la spécialiste a une arme fatale: le vermicompost. Sur son balcon, elle garde déchets végétaux, feuillages, épluchures, que les vers transforment en compost riche en micro-nutriments, un engrais dont elle saupoudre ses petites plates-bandes.

Alors, prêt à se retrousser les manches? Même si la récolte ne suffira pas à remplir votre assiette quotidienne, la récompense sera au rendez-vous. «»

C’est beaucoup de travail pour un petit rendement, oui, mais c’est beaucoup de plaisir aussi, celui de garder le lien à la nature, au vivant. Quand on mange ce qu’on a fait pousser, on mange aussi l’histoire de nos ancêtres qui ont cultivé ces graines pendant des siècles. Du coup, on savoure autrement!

Infos sur www.projets-decouverte.ch

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Laurent de Senarclens