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16 septembre 2013

Un bel esprit de corps

Micarna soutient une vingtaine de sportifs suisses de premier plan. Formant l’équipe Goodwill, ils œuvrent ensemble pour la bonne cause.

Une partie de l’équipe Goodwill 
entoure
Albert Baumann, 
directeur de 
Micarna (3e depuis la gauche).
Une partie de l’équipe Goodwill 
entoure 
Albert Baumann, 
directeur de 
Micarna (3e depuis la gauche).

S’il existait un championnat du monde multisports, nul doute que l’équipe Goodwill de Micarna, une entreprise du groupe M-Industrie, raflerait régulièrement toutes les médailles. C’est que ce collectif prestigieux compte de nombreux champions olympiques, telle la triathlète Nicola Spirig ou le bobeur Beat Hefti, (lien en allemand), parmi ses membres.

Au sein de ce team, presque toutes les disciplines sont représentées: kayak, snowboard, heptathlon, mountainbike, lutte, etc. Et comme le terme anglais le laisse deviner, il s’agit avant tout pour ces sportifs de réaliser de bonnes actions. L’équipe Goodwill est ainsi l’ambassadrice de la fondation suisse Green Ethiopia, (lien en allemand ou anglais) qui œuvre pour améliorer les conditions de vie en Ethiopie.

Plusieurs fois par an, les athlètes se réunissent aussi pour participer à des manifestations ou des programmes de développement organisés par Micarna.

«Le monde du sport et celui de l’entreprise ont beaucoup de points commun. Les deux se basent sur l’engagement des participants, l’ambition et la confiance en soi», explique Albert Baumann, directeur de Micarna et initiateur du projet Goodwill.

Enfin, les membres de l’équipe Goodwill se retrouvent également pour pratiquer une activité sportive commune. Ils ont ainsi pris part cette année à la manifestation multisports Gigathlon.

Tania Besancet, boardercross

Tania Besancet en train de sauter par-dessus une haie verte.
Tania Besancet

Blessée à un genou depuis plus d’un an et demi, la Neuchâteloise Tania Besancet, 24 ans, reste pour le moment éloignée des courses de boardercross, une discipline où plusieurs snowboardeurs dévalent en même temps une piste verglacée.

«Il y a eu des complications suite à ma chute, mais maintenant je reprends l’entraînement. J’alterne les séances de musculation en salle et des activités en plein air comme le vélo, la natation et la course à pied.» Si tout va comme elle le souhaite, la rideuse pourra reprendre la compétition cet hiver.

Pour cette saison, le classement importera peu, l’essentiel est que je me sente à l’aise sur mon snowboard. La neige me manque tant!

raconte celle qui a terminé troisième aux Championnats d’Europe en 2011.

A plus long terme, Tania Besancet a un objectif clair en tête: «Les Jeux olympiques constituent bien sûr le but ultime d’une carrière. Malheureusement, je ne serai pas prête pour 2014 alors je vise ceux de 2018. D’ici là, la Neuchâteloise aura sûrement achevé sa formation en soins infirmiers.

Une fois ma carrière sportive terminée, je ne me vois pas trop en tant qu’entraîneuse de professionnels.

Non, la jeune femme s’imagine bien mieux travailler dans les urgences ou les soins intensifs d’un hôpital. On l’a compris avec Tania Besancet: il faut toujours qu’il y ait de l’action!

Daniel Hubamnn, course d'orientation

Daniel Hubmann (lien en allemand), 30 ans, possède un sens de l’orientation pour le moins développé:

Je ne perds jamais le Nord, même quand il n’y a pas de soleil.

Son secret? Un entraînement intensif. Depuis plus de vingt ans, ce triple champion du monde court par monts et par vaux muni d’une carte et d’une boussole.

Daniel Hubamnn en train de courir dans la forêt.
Daniel Hubamnn

C’est lors des Championnats d’Europe de 2012, en Suède, qu’il a connu le moment le plus difficile de sa carrière: son tendon d’Achille s’est rompu à quelques mètres de l’arrivée. Encore aujourd’hui, près d’un an plus tard, sa cheville le fait encore souffrir lorsqu’il force un peu trop à l’entraînement.

Cela étant, il ne ménage pas ses efforts pour retrouver sa condition physique: il court deux fois par jour et s’exerce à la course d’orientation deux fois par semaine. Et, pour varier les plaisirs, cet athlète accompli enfourche parfois son vélo. La détente fait aussi partie de sa préparation:

Je voyage si souvent que, quand j’en ai l’occasion, j’apprécie de pouvoir rester tranquillement chez moi.

Nicola Spirig et Reto Hug, triathlon

Nicola Spirig et Reto Hug posent avec leur vélo en souriant.
Nicola Spirig et Reto Hug

Pour Nicola Spirig, (lien en allemand), 31 ans, l’année dernière a été riche en événements: sacrée championne olympique à Londres, elle a ensuite convolé en justes noces avec Reto Hug, (lien en allemand), 38 ans, avant de donner naissance à leur fils, Yannis. «En ce moment, ma vie est très mouvementée!», s’exclame la triathlète, de retour au plus haut niveau.

Quant à son époux, qui a abandonné la compétition il y a six mois, il est désormais directeur sportif de Swiss Triathlon. L’aménagement de leur nouvelle maison a néanmoins permis à cet électricien de formation de garder la forme. «J’ai charrié des tonnes de gravats», rigole-t-il. Depuis peu, il s’est remis au jogging et emmène parfois son fils avec lui:

Plus ça secoue, mieux c’est!

Yannis s’endort généralement dès les premiers mètres», glisse le jeune papa. Pour Nicola Spirig aussi, c’est désormais la vie de famille qui compte avant tout. Mais elle ne veut pas pour autant renoncer au sport de haut niveau.

«La victoire procure un sentiment unique, qui rend un peu accro,

dit-elle au sujet de sa médaille d’or olympique. D’ailleurs, elle a bien l’intention de remporter les Championnats d’Europe d’athlétisme de Zurich en 2014.

D’ici là, elle s’entraîne d’arrache-pied: «Je m’organise comme je veux, mais c’est Yannis qui rythme mes journées», précise la jeune femme, qui continue d’allaiter son fils. Cette Zurichoise peut compter sur le soutien de son époux et de sa famille. «Sans eux, je ne pourrais pas tout mener de front», assure-t-elle. Et comme Yannis fait déjà ses nuits, cela facilite également les choses. «Je peux même, de temps en temps, profiter de mes huit heures de sommeil. Un vrai luxe!»

Auteur: Pierre Wuthrich, Silja Kornacher

Photographe: Jorma Müller, Severin Nowacki, Prune Simon-Vermot