Archives
4 novembre 2013

Un bracelet pour détenus conçu au Noirmont

La start-up Geosatis développe depuis plus de deux ans un système high-tech de surveillance électronique mobile des détenus. Unique en Europe.

José Demetrio: «Notre bracelet est bien plus évolué que ceux de la concurrence.»
José Demetrio: «Notre bracelet est bien plus évolué que ceux de la concurrence.»
Le bracelet conçu par Geosatis.
Le bracelet conçu par Geosatis.

Depuis l’incubateur du Noirmont (et, depuis peu, une antenne à l’EPFL) où elle s’est installée en été 2011 grâce au soutien de la Promotion économique jurassienne, Geosatis développe un bracelet high-tech pour la surveillance électronique mobile des détenus. José Demetrio, cofondateur et directeur général de la start-up, n’est pas peu fier de son produit, non seulement «bien plus évolué et sûr que ceux de la concurrence américaine et israélienne, mais aussi dont la discrétion de port et la géolocalisation paramétrable offrent un vrai outil de réinsertion». Tout en permettant de remédier à la surpopulation carcérale.

Se lancer dans ce marché à la fois pointu et sensible s’est fait autour d’un café et d’une discussion en 2006 du côté de Champ-Dollon. «Je m’occupais d’un projet technique en prison», se souvient José Demetrio. Qui fut monteur électricien, mais aussi diplômé en énergies renouvelables à l’Ecole d’ingénieurs d’Yverdon avant de bifurquer dans le domaine de la sécurité.

José Demetrio, cofondateur et directeur général de Geosatis.
José Demetrio, cofondateur et directeur général de Geosatis.

J’ai 37 ans, je suis de la génération Atari et Amiga et même si ça ne s’appelait pas encore comme cela, nous étions tous un peu geeks!

Le système de surveillance électronique développé par Geosatis, composé d’un bracelet en polycarbonate s’ouvrant comme des menottes et de sa station d’accueil à écran tactile fait appel à des technologies de pointe. Plusieurs brevets ont été déposés. «Entre l’EPFL et le savoir-faire horloger jurassien, nous avions toutes les compétences sous la main», explique José Demetrio qui s’est rapidement entouré d’une équipe d’une dizaine de personnes.

L’autre challenge a été de trouver des industriels dans le Jura pour la fabrication. Au moins à 70% suisse.

Actuellement en pleine recherche de clients ici (Vaud s’y intéresse) comme partout dans le monde, Geosatis doit maintenant faire rentrer de l’argent. Mais pas à n’importe quel prix.

Nous disposons d’une charte éthique, stipulant par exemple que nous ne vendons qu’à des régimes démocratiques, où les Droits de l’homme sont respectés. Par ailleurs, le bracelet ne doit pas servir pour des enfants.

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Prune Simon-Vermot