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30 juillet 2012

Un brin de folie décorative

La Lausannoise Catherine di Maggio aime détourner les objets pour leur donner une nouvelle vie aussi incongrue qu’esthétique.

Catherine di Maggio dans son jardin avec son chien, un bichon havanais
Catherine di Maggio: «Kenia, mon bichon havanais, est mon quatrième enfant. Nous l’avons adoptée lorsqu’elle était bébé, il y a 9 ans. A ce moment, je sentais que les enfants allaient bientôt partir et j’avais besoin de combler ce vide.»

Enfant, elle se collait des pâquerettes sur les oreilles, en guise de boucles. «Ma mère ne voulait pas que je me les fasse percer trop tôt.» Détourner les objets pour en faire des créations originales est un réflexe chez Catherine di Maggio.

Dans son monde décoratif, la vieille truelle se fait patère, la boîte de conserve devient boîte à trésors, les capsules de bière s’enchaînent en abat-jour, les ampoules grillées se transforment en vases et la boule à riz en lampe:

J’ai toujours aimé embellir les choses, créer un monde à moi. C’est un grain de folie que j’assume.»

Chiner, ramasser de vieux objets qui lui parlent, voilà la passion de cette mère de trois grands enfants. «Pendant des années, je l’ai fait pour moi et mes amis. Et puis je suis arrivée à un équilibre qui me permet de créer des objets pour les autres.» Poussée par son entourage, elle a donc lancé, il y a près de trois ans, sa propre marque: cd-choses.

Un départ sans fanfare, tant cette ancienne secrétaire de notaire a le sens de la réserve chevillé au corps. Mais l’expérience l’a vite obligée à en sortir. De boutiques en marchés, ses créations ont fait mouche. «Beaucoup de gens posent des questions. Cela m’a permis de m’ouvrir et ça m’a rassurée sur la voie à suivre.»

Depuis trente et un ans, Catherine di Maggio peut aussi compter sur le soutien inconditionnel de son mari, Salvatore. Curieux de tout, ayant le contact facile, il l’accompagne sur les marchés, tord les fils de fer qu’elle utilise et lui sert de consultant lorsqu’une nouvelle idée germe dans son esprit. «Il dit toujours que pour lui, c’est une belle échappatoire. Il fait aussi les siennes, et

certaines créations sont réalisées à quatre mains!»

Les enfants ont également apporté leur contribution à cd-choses en développant le site internet ou en dessinant la bannière. Un aspect d’autant plus important que la famille a toujours été une priorité pour Catherine di Maggio. «Je ne pouvais pas concevoir la vie sans. C’était mon rêve et je l’ai réalisé.»

Catherine di Maggio en quelques mots

Un mur de Syracuse
Un mur de Syracuse

La Sicile
«C’est mon île de cœur, car mon mari est Sicilien. Mais ça n’a pas été évident au début! Maintenant, je m’y sens bien, j’y suis accueillie. Cette photo d’un mur de Syracuse porte le symbole de la Sicile – et des fenêtres. Je les aime!»

Une ancienne machine à coudre Bernina
Une ancienne machine à coudre Bernina

La machine à coudre
«Elle appartenait à mon oncle, qui était tailleur. Il l’a achetée en 1967 et toutes les pièces sont d’origine! Ma tante me l’a remise après le décès de mon oncle, car elle savait que je m’en occuperais bien. Je l’utilise régulièrement.»

Une boîte crée par Catherine Di Maggio
Une boîte crée par Catherine Di Maggio

Une création
«J’adore fabriquer ces boîtes! Je récupère une boîte de conserve une fois son contenu boulotté, un magazine une fois qu’il est lu, une capsule de Nespresso, un bouchon de champagne... Les gens mettent toujours le nez dedans pour voir si ça sent... mais ça ne sent rien! Et ça se vend très bien.»

Des arrosoirs très spéciaux!
Des arrosoirs très spéciaux!

La fontaine
«J’aime tous les matériaux, surtout ceux qui rouillent. Cet ancien système de lavage, je l’avais acheté sans savoir ce que j’allais en faire ni à quoi il servait. C’est ma mère qui m’a expliqué que l’eau chaude montait à l’intérieur du tube. Tout le monde trouve la fontaine bruyante, sauf moi!»

Texte © Migros Magazine | Anne-Isabelle Aebi

Auteur: Anne-Isabelle Aebi

Photographe: Mathieu Rod