Archives
1 septembre 2014

Un concentré d’Alsace

Avec ses maisons à colombages, sa glorieuse architecture et son canal fleuri, Colmar la belle invite à la flânerie. Laissez-vous séduire par ce petit paradis situé à moins d’une heure de Bâle!

Canal et maisons à colombage de Colmar
Avec ses canaux romantiques, Colmar mérite bien son surnom de Petite Venise. (Photo: Glow Images)

La plus belle ville du monde, rien que ça! C’est ainsi que le poète français Georges Duhamel décrivait Colmar en 1931. Et il faut dire qu’avec ses maisons à colombages, ses ruelles pavées et son canal fleuri, la cité alsacienne dégage un charme certain. De l’église des Dominicains au marché couvert, de la place de l’Ancienne-Douane à la si bien nommée Petite Venise, le centre-ville prend des airs de musée à ciel ouvert et invite à la flânerie émerveillée. Suivons le guide!

Portrait de Jean-Louis Pinto.
Notre guide, Jean-Louis Pinto.

«Bienvenue dans l’une des villes les plus sèches de France», nous accueille Jean-Louis Pinto, notre enjoué accompagnateur en cette fin de matinée. La barrière naturelle formée par les Vosges permet en effet à Colmar de bénéficier d’un microclimat privilégié et de se positionner, selon le classement des villes françaises comptabilisant le moins de précipitations, après Marseille et Perpignan.

Notre guide témoigne de l'amour qu'il porte à sa ville...

Le musée d’Unterlinden (Photo: Rafa Pérez/AISA / images)
Le musée d’Unterlinden.

Evidemment, aujourd’hui, il pleuvine... Rien de grave toutefois. Le tour débute devant le musée d’Unterlinden, qui abrite l’un des joyaux de la ville: le retable d’Issenheim (lire encadré). Même si le bâtiment est actuellement en travaux et que le chef-d’œuvre a provisoirement pris place dans l’église des Dominicains, une visite s’impose, ne serait-ce que pour admirer le cloître de cet ancien couvent du XIIIe siècle, devenu caserne militaire après la Révolution française, puis musée en 1850. «Dieu est flexible, il a su s’adapter», s’amuse Jean-Louis Pinto.

On le suit alors dans le dédale des petites rues colmariennes. S’arrêtant ici pour admirer l’une ou l’autre de ces maisons à colombages typiques de la région, dont certaines datent du XVIe et sont classées au patrimoine historique. Apprenant au passage que les dessins formés par les poutres de bois apparentes sont rarement le fruit du hasard: «Les X représentent par exemple la croix de saint André et font office de porte-bonheur.» Notant là les noms des ruelles rappelant les anciens corps de métiers: boulangers, serruriers, marchands, tanneurs, etc. Remarquant encore l’ingéniosité des architectes qui, contraints de construire dans une ville fortifiée à la superficie limitée, gagnaient de l’espace en dessinant des premiers étages plus larges que les rez-de-chaussée.

De l’opulence des marchands à la sobriété des moines

Facade de la Maison des Têtes.
La Maison des Têtes date de 1609 et est très bien conservée. (Photo: ddp images)

Nous voilà à présent devant la Maison des Têtes, l’une des bâtisses, avec la Maison Pfister et ses riches peintures murales, les plus illustres de la ville. Elle doit son nom aux 111 figures ornant sa façade. «Ces têtes n’ont aucune signification particulière, relève notre guide.

Elles avaient pour unique vocation d’afficher la richesse du propriétaire de l’époque, le marchand Anton Burger.»

Et de désigner également la fenêtre d’encorbellement «d’où l’on pouvait observer l’animation de la rue sans se faire voir», ainsi que la statue trônant au sommet de la maison, signée Frédéric Auguste Bartholdi. Un enfant du pays, créateur entre autres de la statue de la Liberté. Sa maison natale a d’ailleurs été transformée en musée et ses créations jalonnent la ville.

Cigogne blanche dans son nid perché sur la toit.
La cigogne est un des emblèmes de l’Alsace.(Photo: Keystone)

Devant l’église des Dominicains, c’est sur la sobriété de l’imposante bâtisse datant du XIVe siècle que Jean-Louis Pinto porte toute notre attention.

Sa façade tout en simplicité reflète l’idéal de pauvreté des ordres mendiants auxquels appartenaient les Dominicains.»

Plus loin, la collégiale Saint-Martin, construite en grès jaune de Rouffach, est considérée comme une œuvre majeure de l’architecture gothique en Alsace. A son sommet, un couple de cigognes... L’échassier étant l’un des symboles de la région, il aurait été dommage de quitter la ville sans en apercevoir au moins un!

Car la visite touche à sa fin. Le temps d’admirer encore l’ancienne douane, le marché couvert – dont l’architecture de briques, de fer et de fonte témoigne du passage de Colmar à l’ère industrielle – ainsi qu’un vestige de l’ancienne fortification.

Nous quittons notre guide dans le quartier de la Petite Venise, baptisé ainsi à cause de son canal. Et pour parfaire l’expérience, nous dégustons sur l’une des nombreuses terrasses de restaurant une tarte flambée arrosée bien sûr d’un verre de gewurztraminer!

Auteur: Tania Araman