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7 décembre 2015

Un coup de pouce vers la normalité

Le Secours d’hiver vient en aide aux parents et aux enfants défavorisés, en fournissant entre autres du matériel scolaire de première nécessité. A Lucerne, les Marinkovic, qui ont connu des jours difficiles, font partie des familles soutenues par l’association.

Famille Marinkovic
Un moment de bonheur après une période difficile: la famille Marinkovic reçoit de nouveaux sacs à dos et des fournitures scolaires.

Pendant le mois de novembre, la localité de Kriens, dans le canton de Lucerne, est particulièrement bruyante: la tradition veut que petits et grands fassent claquer des fouets afin de «réveiller» Saint Nicolas. Devant sa maison, Brandon (10 ans) s’en donne à cœur joie. Ses parents, Sani (35 ans) et Anita (29 ans), l’observent depuis le balcon, fiers de leur petit garçon.

Cette normalité apparente est cependant trompeuse: les Marinkovic ont vécu une véritable traversée du désert, une période douloureuse qui n’est pas encore complètement derrière eux. Mais aujourd’hui, dans leur appartement joliment décoré, c’est la joie qui domine. En effet, une belle surprise attend Brandon, sa sœur aînée Sheila (13 ans) et leur petit frère Massimo (4 ans): en revenant de l’aire de jeux, les enfants découvrent des cartables et des trousses remplies d’accessoires. On peut lire le bonheur sur leur visage et sur celui de leurs parents, ravis de voir leur progéniture si heureuse. Les cadeaux viennent du Secours d’hiver.

Quatre cents cartables offerts en une année

Ce projet est un exemple de la façon dont le Secours d’hiver soutient les familles modestes, en particulier leurs enfants. Il est mis en œuvre depuis déjà plusieurs années dans les cantons de Zurich, de Bâle-Ville, de Bâle-Campagne et de Berne. «L’année dernière, nous avons fourni plus de 400 cartables», précise Esther Güdel, porte-parole de l’association. L’an prochain, ce chiffre sera sensiblement plus élevé, le Secours d’hiver ayant décidé d’étendre l’initiative à toute la Suisse – ce qui n’aurait pas été possible sans l’aide de Migros et de sa collecte de Noël.

Le projet est le fruit d’une longue tradition: depuis les années 1930, le Secours d’hiver apporte un soutien sans faille aux personnes dans le besoin. «Nous leur fournissons souvent des biens spécifiques – lits, vêtements ou encore matériel scolaire, explique Esther Güdel. Mais il peut aussi s’agir d’une contribution financière.» Selon la porte-parole, le nombre de demandes ne cesse de croître: l’année dernière, 9000 foyers ont fait appel à l’association.

Brandon, lui, est ravi de découvrir son nouveau cartable. «Le bleu est ma couleur préférée!», s’écrie-t-il. Idem pour le petit Massimo, qui adore le sien – il faut dire que le sac arbore des motifs Minions, ces petits personnages «super drôles». Sheila, elle, est moins enthousiaste: elle aurait préféré un cartable noir. «Mais c’est bien quand même», assure-t-elle.

Pris dans un cercle vicieux

Pourquoi cette famille de Kriens a-t-elle besoin du soutien d’une œuvre de bienfaisance? C’est peu de temps après la naissance de Massimo que les Marinkovic ont commencé à perdre pied. Sani, qui travaillait dans la restauration, a été licencié, et Anita a dû maintenir le foyer à flot avec son modeste salaire d’hôtesse dans un casino. «Nous avions à peine assez pour vivre», se souvient-elle. La jeune mère, soumise à une forte pression, a vu sa santé se détériorer de jour en jour, jusqu’à perdre elle aussi son emploi. Après avoir été expulsée de son logement, la famille s’est retrouvée au bord du gouffre. C’est grâce à l’argent que leur ont prêté des connaissances que les Marinkovic ont pu prendre un nouveau départ: ils ont emménagé dans un autre appartement et Sani a décroché un nouveau poste.

Mais la période de disette n’a pas pour autant pris fin. Anita s’est donc tournée vers le Secours d’hiver, un peu par hasard. Enfin, elle a pu respirer. «C’était la première fois que l’on me proposait de l’aide aussi rapidement et aussi simplement», raconte-t-elle. Qui plus est une aide concrète: des lits, des vêtements, une participation au loyer, et même des cours de sport pour Sheila et Brandon.

«Je n’ai pas assez de mots pour exprimer ma reconnaissance», confie la maman. Aujourd’hui, les Marinkovic ont repris confiance en eux. Ils ont un nouveau toit, et Anita suit des cours dans une école de commerce afin de mettre toutes ses chances de son côté pour retrouver du travail. De nouveaux objectifs? «Oui, confie Sani, nous espérons pouvoir un jour faire un don à l’association pour la remercier de son aide.»