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14 mai 2012

Le poumon vert de Bâle

Le Parc Pré Vert de Münchenstein est une oasis de verdure aux portes de la cité rhénane. Chaque jour, le jardinier en chef Eric Ribstein et son équipe veillent à ce que les hommes et les animaux s'y sentent bien.

Cinq jardiniers heureux
Des jardiniers heureux (de g. à dr.): Eric Ribstein, Thomas Eichin, Markus 
Brandenberger, Jean-Luc Zurbach et Mathieu Stemmelin.

Par un matin ensoleillé de mai, des couples de retraités flânent entre les plates-bandes alors que des enfants s’émerveillent devant les jeux d’eau du lac et que des joggeurs passent à petites foulées. Plus loin, deux écureuils se pourchassent dans les arbres et, au restaurant, les premiers clients lisent le journal en buvant leur café.

Dans le parc, chaque journée est différente

Il s’en passe des choses dans le parc de Münchenstein en cette heure matinale. «Vous trouvez?» demande Eric Ribstein. Cet Alsacien travaille depuis vingt-cinq ans dans le parc de treize hectares. A 48 ans, il dirige actuellement les services de jardinerie et d’entretien. «Ce n’est encore rien», prévient-il. Véritable poumon vert de l’agglomération bâloise, le parc attire un nombreux public à tout moment de la journée. Et l’on comprend bien pourquoi: le paysage Birspark, cet espace qui s’étire le long de la Birse et auquel le parc Pré Vert de Münchenstein (BL) est intégré, vient d’être élu «Paysage de l’année» par la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (lire ci-contre).

Nous promettons de mettre gratuitement à disposition plus de 650 000 m2 d’espaces verts pour jouer, s’amuser et se reposer.

Comme toujours, Eric Ribstein et ses six collègues sont à pied d’œuvre depuis 6 h 30. Leur première tâche a été de vider les poubelles. Ensuite, les hommes prennent une pause en commun, ils parlent boulot, débattent du dernier match du FC Bâle et passent en revue les choses à faire durant la journée: des opérations typiques de jardinage – planter, tondre ou tailler – mais aussi des travaux d’entretien. L’équipe débarrasse annuellement dix à quinze tonnes de détritus, à quoi s’ajoutent cinquante à soixante tonnes de déchets verts. Chaque année, quelque six mille plantes sont mises en terre, dont mille cinq cents tulipes.

«Contrairement aux jardiniers amateurs, pour nous, c’est la haute saison toute l’année», explique Eric Ribstein. A ses yeux, pourtant, le travail est tout sauf de la routine: «D’une part, la nature change en permanence et d’autre part, il y a le contact avec les visiteurs», résume-t-il. Pas une journée ne ressemble à une autre, pas une saison n’est une répétition de la précédente.

Une promesse Migros sur un siècle

L’histoire du parc remonte à l’Exposition suisse horticole et paysagère Grün 80, qui s’est tenue à Münchenstein en 1980 et a attiré 3,5 millions de visiteurs. Une partie de l’aire d’exposition est devenue le parc Pré Vert, grâce à une promesse de la coopérative Migros Bâle. Celle-ci s’était alors engagée à assurer l’entretien du terrain pour cent ans.

Migros attache une grande importance à cet engagement, comme le montre sa promesse faite dans le cadre de Génération M de mettre gratuitement à disposition de la population plus de 650 000 m2 d’espaces verts. Pour ce faire, Migros gère quatre parcs Pré Vert qui font le bonheur des hommes et des nombreuses espèces animales. Car en plus des canards et des cygnes qui s’ébattent sur le plan d’eau, les oiseaux et les petits mammifères se plaisent aussi dans le parc.

«Notre objectif est de créer un environnement dans lequel les gens de tous âges, les plantes et les animaux peuvent s’épanouir côte à côte», conclut Eric Ribstein.

Un développement intelligent

Après le très reculé val Sinestra en Engadine l’année passée, c’est au tour d’une zone verte enserrée dans un tissu urbain de recevoir de la part de La Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du territoire le prix «Paysage de l’année» dont Migros est partenaire.

L’espace Birspark court le long de la Birse entre Angenstein (BL) et l’embouchure de la rivière à Bâle. Tenaillé entre des intérêts de protection et d’utilisation, il comprend plusieurs tronçons revitalisés, des milieux naturels d’importance nationale ainsi que le vaste parc Pré Vert et le parc Merian. A noter que le paysage de l’année comprend aussi des zones artisanales et d’habitation.

Un exemple de partenariat à suivre

La récompense décernée par la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage salue le travail commun des huit communes qui ont su œuvrer en faveur d’un développement harmonieux et réfléchi. Un exemple de collaboration à suivre.

Photographe: Basile Bornand